Les « Noces de Cana » (cf. Jn 2, 1-12) avec Antoine-Marie Berthaud :

Il s'agit du tout premier signe que Jésus accomplit au cours de sa vie publique et qui le manifeste comme Sauveur. Or sa gloire et son pouvoir salvifique se révèlent à l'occasion d'un mariage. La célébration des noces demeure toujours l'image emblématique, l'archétype de l'amour idéal et du bonheur humain. C'est cette réalité humaine que Jésus va sauver en tout premier lieu. Ce passage est connu, il peut se résumer en une phrase. Si, à la demande de Marie, Jésus n'intervient pas, les noces vont finir… à l'eau ! Retenons simplement que l'amour humain, s'il n'est pas sauvé par Dieu, est trop court. Dieu seul étant l'origine et la fin de tout amour, Lui seul peut combler le cœur de l'homme fait pour l'amour infini.

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Puisqu'aucune créature humaine n'est capable de combler cette soif absolue sur la terre, ce désir sera immanquablement déçu. Si Dieu ne rend pas à cet amour humain sa dimension et sa perspective divines, l'homme sera tenté d'idolâtrer l'amour humain, d'idolâtrer son conjoint. Cette méprise pourrait bien expliquer la déception qui atteint nombre de foyers après quelques années de vie commune. Se tromper de personne peut certes arriver. Mais ne se trompe-t-on pas plus souvent de définition de l'amour ?

Dans cette perspective le mariage apparaît comme la première école pour apprendre à aimer Dieu dans l'éternité, pour l'éternité. La loi du Christ commandant à tout homme d'aimer son prochain pour aimer Dieu, le premier prochain à aimer pour une personne mariée s'avère être précisément le conjoint. Comme tout chrétien, les gens mariés sont appelés à suivre Jésus, à prendre et à porter leur croix au quotidien. Aimer son conjoint jusqu'au bout est donc un chemin de sanctification. Se marier, édifier sa famille tous les jours et se mettre ainsi à l'école du Christ constitue un chemin de salut, une authentique voie de sainteté.

Le miracle des six cents litres d'eau changés dans le meilleur des vins sera alors le signe de la surabondance de l'amour de Jésus pour les hommes, signe de sa grâce salvatrice et comblante. D'aucuns auront vu dans le signe de Cana l'institution par le Christ du sacrement de mariage, sauvant et restaurant l'alliance originelle de l'homme et de la femme. Apparaît ainsi son lien avec le Saint Sacrement puisque cette eau changée en vin est bien une préfiguration de l'Eucharistie, Banquet des noces de l'Agneau où le vin est changé en son Sang, elle-même préfiguration du Banquet éternel où Dieu s'unira l'humanité sauvée et sera tout en tous.


1 « Pater Noster » + 10 « Ave Maria » + 1 « Gloria Patri »

Révérend Père Antoine-Marie Berthaud (o. p)

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