Le corps du Bienheureux Pierre-René Rogue repose aujourd'hui dans la cathédrale de Vannes, chef-lieu du Morbihan, où ce martyr de la Révolution française a passé toute sa vie. Pierre-René Rogue figure parmi les nombreux Prêtres réfractaires du diocèse. Refusant de prêter serment à la Constitution civile du clergé, il continue d'exercer son ministère dans la clandestinité. Arrêté la veille de Noël alors qu'il porte le viatique à un malade, le Prêtre Pierre-René Rogue est condamné à mort. Sur l'échafaud, il chante ce cantique qu'il a composé :



Le Cantique « Que mon sort est charmant » du Bienheureux Pierre-René Rogue :

« Que mon sort est charmant, mon âme en est ravie ! Je goûte en ce moment une joie infinie. Que tout en moi publie les bontés du Seigneur ; Ma misère est finie, je touche à mon bonheur. J'ai servi Dieu mon Roi, en imitant son zèle ; J'ai conservé la foi, je vais mourir pour elle. Que cette mort est belle et digne d'un grand cœur ! Prier, peuple fidèle, pour que je sois vainqueur. Ô vous tous, que mon sort affecte et intéresse, loin de pleurer ma mort, tressaillez d'allégresse ; Tournez votre tendresse sur mes persécuteurs ; Sollicitez sans cesse la fin de leurs erreurs. Hélas ! Ils ne sont plus les enfants de lumière, puisqu'ils n'écoutent plus le successeur de Pierre. Mais, puisqu'ils sont nos frères, chérissons-les toujours ; N'opposons à leur guerre que douceur et amour. Ô Monarque des cieux, Ô Dieu, plein de clémence, daignez arrêter les yeux sur les maux de la France ! Puisse ma pénitence, égale à ses forfaits, désarmer ta vengeance, te la tendre à jamais ! J'ai aimé passionnément ce Christ, qui est là présent au milieu de nous dans le Très-Saint-Sacrement, et qui s'est dit présent aussi dans chacun des êtres qui nous entourent. A vous qui voulez m'honorer, je redis les mots de ma dernière lettre à mes frères les prêtres de ma bonne ville de Vannes : « Aimons-nous toujours pour le temps et pour l'éternité ! » Ainsi soit-il. »

Bienheureux Pierre-René Rogue (1758-1796)