« J'ai cherché celui que mon cœur aime. Je l'ai cherché, mais ne l'ai point trouvé ! Je me lèverai donc et parcourrai la ville... j'ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l'ai saisi et ne le lâcherai point » (Ct 3, 1-4).

« L'épouse du Cantique des Cantiques dit qu'elle se leva de son lit pour chercher son Bien-aimé dans la ville, mais ce fut en vain ; après être sortie de la cité elle trouva Celui que son cœur aimait (Ct 3, 1-4). Jésus ne veut pas que nous trouvions dans le repos sa présence adorable, il se cache. Oh, quelle mélodie pour mon cœur que ce silence de Jésus. Il se fait pauvre afin que nous puissions lui faire la charité, il nous tend la main comme un mendiant afin qu'au jour radieux du jugement, alors qu'il paraîtra dans sa gloire, il puisse nous faire entendre ces douces paroles : « Venez, les bénis de mon Père, car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, je ne savais où loger et vous m'avez donné un asile, j'étais en prison, malade, et vous m'avez secouru » (Mt 25, 34-36). C'est Jésus lui-même qui a prononcé ces mots, c'est lui qui veut notre amour, qui le mendie. Il se met pour ainsi dire à notre merci, il ne veut rien prendre sans que nous le lui donnions. Jésus est un trésor caché, un bien inestimable que peu d'âmes savent trouver car il est caché et le monde aime ce qui brille. Ah, si Jésus avait voulu se montrer à toutes les âmes avec ses dons ineffables, sans doute il n'en est pas une seule qui l'aurait dédaigné, mais il ne veut pas que nous l'aimions pour ses dons, c'est lui-même qui doit être notre récompense. Pour trouver une chose cachée, il faut se cacher soi-même ; notre vie doit donc être un mystère, il nous faut ressembler à Jésus, à Jésus dont le visage était caché (Is 53, 3). Jésus t'aime d'un amour si grand que si tu le voyais tu serais dans une extase de bonheur, mais tu ne le vois pas et tu souffres. Bientôt Jésus « se lèvera pour sauver tous les doux et les humbles de la terre » (Ps 75, 10). Ainsi soit-il. »

Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897) - Lettre 145


Thérèse Martin naquit à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l’église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s’installa avec toute sa famille à Lisieux.

Vers la fin de 1879, elle s’approche pour la première fois du Sacrement de la Pénitence. Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la Grâce insigne de la guérison d’une grave maladie, par l’intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première Communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l’union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le Sacrement de la Confirmation, accueillant en toute conscience le don de l’Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte.

Elle avait le désir d’entrer dans la vie contemplative, comme ses sœurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l’en empêchait. Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l’audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l’âge de quinze ans. Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l’habit le 10 janvier de l’année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Au Carmel, elle s’engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l’accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l’Évangile, plaçant au centre de tout l’amour. Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l’enfance spirituelle ; elle reçoit comme un don spécial la charge d’accompagner par le sacrifice et la prière deux « frères missionnaires ». Elle pénètre toujours plus le mystère de l’Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l’amour du Christ, son unique Époux.

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s’offre en victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu’elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896.

Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d’une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu’elle accueille comme une mystérieuse visite de l’Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu’à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au cœur de l’Eglise.

Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l’épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague ; de nouvelles grâces l’amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l’Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l’infirmerie. Ses sœurs et d’autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s’intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu’à sa mort dans l’après-midi du 30 septembre 1897.

« Je ne meurs pas, j’entre dans la vie » , avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l’Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, « Mon Dieu..., je vous aime ! » , scellent une existence qui s’éteint sur la terre à l’âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la Communion des Saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.

Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que Saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927. Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l’Église Catholique et du christianisme. De nombreuses Conférences épiscopales, à l’occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu’elle soit proclamée Docteur de l’Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l’Évangile, à cause de l’originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l’universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses œuvres dans une cinquantaine de langues.
Accueillant ces requêtes, le Saint-Père Jean-Paul II a voulu que soit étudiée l’opportunité de déclarer Thérèse de Lisieux Docteur de l’Église universelle par la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, avec l’avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en ce qui concerne sa doctrine éminente. Le 24 août, au terme de la célébration eucharistique de la XII Journée mondiale de la Jeunesse à Paris, en présence de centaines d’Évêques et devant une immense foule de jeunes du monde entier, Jean-Paul II a annoncé son intention de proclamer Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l’Église universelle le 19 octobre 1997, le dimanche où l’on célèbre la Journée mondiale des Missions.


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Voir également de Sainte Thérèse de Lisieux :
La « Vie de Sainte Thérèse de Lisieux »
La « Catéchèse de Benoît XVI sur Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « L’abandon est le fruit délicieux de l’Amour »
La « Prière pour les Prêtres » de Sainte Thérèse de Lisieux
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux à « Notre-Dame du Sacerdoce »
La « Prière pour la canonisation de Louis et Zélie Martin », les Parents de Sainte Thérèse de Lisieux
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Mon Dieu, je Vous offre toutes les actions que je vais faire aujourd'hui »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Pourquoi je T'aime, ô Marie ! »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Ô mon Dieu, pour T’aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Vivre d'Amour ! »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Jésus, ma joie, c’est de T’aimer ! »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Mon Dieu ! Trinité Bienheureuse, je désire Vous aimer et Vous faire aimer »
Plusieurs Prières de Sainte Thérèse de Lisieux à l’Enfant-Jésus « Ô petit Enfant-Jésus ! », « Jésus, Tu connais mon nom, et Ton doux regard m'appelle »
La Prière de la « petite Thérèse » de Lisieux « Mon doux Jésus, sur le sein de ta Mère, Tu m'apparais tout rayonnant d'amour »
La Prière de Consécration de Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus « Ô Face adorable de Jésus ! »
La Prière de la Petite Thérèse de l’Enfant-Jésus pour obtenir l'humilité « Je Vous supplie, mon divin Jésus, de m'envoyer une humiliation, chaque fois que j'essaierai de m'élever au-dessus des autres »
La Prière de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus inspirée par une image représentant Sainte Jeanne d'Arc « Seigneur, Dieu des armées, armez-moi pour la lutte »
La Prière de Sainte Thérèse de la Sainte-Face « À mes petits Frères du ciel, les Saints Innocents »
La Prière de Sainte Thérèse de la Sainte-Face « Jésus, mon seul Amour, au pied de Ton calvaire, que j'aime, chaque soir, à Te jeter des fleurs ! »
La Prière de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus « Seigneur, je voudrais être missionnaire »
La Prière de Sainte Thérèse devant le Tabernacle « Petite clef, oh ! Je t'envie, toi qui peux ouvrir chaque jour la prison de l'Eucharistie, où réside le Dieu d'Amour »
La Prière de Sainte Thérèse Martin « Vous le savez, ô mon Dieu, je n’ai jamais désiré que Vous aimer »
La Prière du Soir de Sainte Thérèse Martin « Jésus, fais que j'expire d'amour pour Toi ! »
La Prière d’espérance de Sainte Thérèse de Lisieux « Je voudrais déjà quitter la terre et contempler les Merveilles du Ciel »
La Lettre de Sainte Thérèse de Lisieux à sa sœur Céline « Ma Céline, la petite enfant de Jésus croit être toute seule dans une petite barque »
La Prière à la Sainte-Face de Sainte Thérèse de Lisieux « Ô Face adorable de Jésus, seule Beauté qui ravit mon cœur »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux à la Sainte Trinité « Ô bienheureuse Trinité, accordez-nous d'être fidèles »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux du Cantique à la Sainte Face « Jésus, vers Toi, je voudrais voler ! »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Ô Jésus ! Regardez-nous avec Amour et donnez-nous Votre doux baiser »
Quelques « Citations » de Sainte Thérèse de Lisieux
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Ô Verbe divin, c'est Toi l'Aigle adoré que j'aime et qui m'attire »
La Prière de Profession Religieuse de la petite Sainte Thérèse de Lisieux « Ô Jésus, mon divin époux ! »
La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Fleurs Mystiques »
La Prière du soir de Ste Thérèse de Lisieux « Ô Dieu caché dans la prison du Tabernacle ! »
La Prière de Ste Thérèse de Lisieux pour l'Abbé Bellière « Ô mon Jésus, je confie l'âme d’un futur Prêtre »
La Prière de Ste Thérèse de Lisieux à sa sœur Céline « Ô mon Dieu, nous Vous demandons que jamais Vos deux lys ne soient séparés sur la terre »
La Prière de Ste Thérèse de Lisieux « Ô Saint Joseph, faites que je serve constamment Jésus et Marie dans une pureté parfaite »
La Prière de Ste Thérèse de Lisieux « Père Eternel, je Vous demande d'appeler aux joies du Ciel d'innombrables petits enfants »
La Méditation de Ste Thérèse de Lisieux sur les Vocations « Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences »
La Prière de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus « Ô Jésus, prenez-moi dans vos Bras et élevez-moi »
La Prière de Ste Thérèse « Je vous supplie, ô bienheureux habitants du Ciel, de m'adopter pour enfant »
Le « Cantique des Cantiques » pour Sainte Thérèse de Lisieux
La Prière de Ste Thérèse de Lisieux « Ma seule Paix, mon seul Bonheur, mon seul Amour, c'est Toi Seigneur ! »