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Le Chant à l'Agneau de Louis-Joseph Hallez « Je chanterai l'Agneau, ma harpe dès l'aurore » :

« Je chanterai l’AGNEAU... Ma harpe dès l'aurore
A son Trône immortel portera mes accents,
Et mes hymnes d'amour pour le Dieu que j'adore
Du sein de mon tombeau s'élèveront encore,
Et monteront vers Lui comme un céleste encens.

Brille à mes yeux enfin, chaste et vivante Flamme :
Ô Souffle de mon Dieu, viens agrandir mon âme,
Allume dans mon sein le Cantique immortel :
Ma harpe a tressailli, Gloire à l’Emmanuel !
Gloire au Dieu dont les Mains ont bandé nos blessures,
Au Dieu dont la Tendresse oubliant nos parjures,
Et portant jusqu'aux Cieux la Voix de Ses douleurs,
Fit descendre la Paix sur Ses persécuteurs.
Qu'à jamais pour Lui Seul, sous Tes divins portiques,
L'écho majestueux des cinnors prophétiques,
O Sion ! se mêlant à nos faibles accents,
S'éveille, et retentisse au coeur de Tes enfants.

Et toi, viens aujourd'hui, si ta langue puissante,
Chez les fils de la terre au loin retentissante,
Outragea trop longtemps sa Grandeur et son Nom,
Viens de gloire et d'amour environner son Front,
O France ! C'est à Lui que tu dois ton empire.
Oh ! Reviens sur son sein déplorer ton délire,
Et que tes nobles pleurs, ta voix et tes concerts
A ses pieds désormais enchaînent l'univers.

Je chanterai l'Agneau. Mon âme dès l'aurore
Vers son Trône immortel portera ses accents,
Et les pleurs de mon luth pour le Dieu que j'adore,
Du sein de mon tombeau s'élèveront encore
Et monteront vers Lui comme un céleste encens.

Il est avant les temps, Il est avant l'aurore ;
Les portes du matin ne s'ouvraient point encore,
Et l'instant éternel n'avait point vu des jours
Sous les Yeux du Seigneur se dérouler le cours ;
Les siècles sommeillaient dans sa vaste pensée ;
Parmi des flots d'azur la terre balancée
N'entendait point de l'onde écumant sur ses bords,
Vers l'Océan divin remonter les accords ;
Ne voyait point, du sein de ses vastes campagnes,
Se dresser jusqu'aux cieux les cimes des montagnes,
Et bondir à leur pied les torrents écumeux :
Avant que, dans l'espace embrasé de leurs feux,
Les astres du matin à la voix prophétique
Eussent au Dieu de Gloire entonné leur cantique,
Et que des doigts de l'Ange et que des fibres d'or
L'hymne de Sa louange eût pu jaillir encor ;
Avant que devant Lui les célestes armées,
Déployant tout à coup leurs ailes enflammées,
Peuplassent pour jamais l'immensité du ciel,
Le VERBE reposait au sein de l'Éternel.
Et le VERBE ÉTAIT Dieu. Tout de Ses mains fécondes
S'élança tour à tour, et la vie et les mondes.
Mais lorsque l'homme à peine au sortir de Sa main
Levait devant Sa face un front pur et serein,
La révolte, la mort, la nuit aux ailes sombres,
Sur l'oeuvre du Seigneur étendirent leurs ombres,
Et, remontant à Lui, l'auguste Vérité
S'éloigna de ce sol coupable et dévasté.
Pourtant à l'orient des célestes Rivages
Un Rayon faible encor dans le lointain des âges
Brilla toujours fidèle, et, plus pur chaque jour,
De l'éternelle Aurore annonça le retour.
Jusqu'à l'heure bénie, espoir de nos aïeux,
Où, le Signe attendu paraissant dans les Cieux,
La terre enfin revit des Demeures divines
La Paix s'épandre à flots au front de ses collines ;
Alors de Jessaï le rameau virginal
Vit briller une fleur sur son front triomphal,
ET LE VERBE FUT CHAIR... Sa main Divine et Pure
Pressa la main de l'homme, embrassa sa nature,
Et le Dieu, parmi nous voilant sa Majesté,
Descendit plein de Grâce et plein de Vérité.

Je chanterai l'Agneau. Ma harpe dès l'aurore
Vers son Trône immortel portera mes accents ;
Et mes hymnes d'amour pour le Dieu que j'adore
Du sein de mon tombeau s'élèveront encore
Comme un céleste encens ».

Ainsi soit-il.


Louis-Joseph Hallez (1804-1882) - « Chants Sacrés du Matin et du Soir », pages 11-16, chez Mame, 1870


Voir également de Louis-Joseph Hallez :
- La Prière de Louis-Joseph Hallez à Noël « Venez au berceau du Dieu Sauveur »
- La Prière de Louis-Joseph Hallez « Ô Dieu, viens répandre en mon cœur Tes plus puissants Attraits »
- La Prière de consécration à Jésus de Louis-Joseph Hallez « Que ma voix Le bénisse et que mon cœur L'adore »
- Le Chant à l'Agneau dès l'aurore de Louis-Joseph Hallez « Je chanterai l'Agneau, ma harpe dès l'aurore »