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Le Communiqué de Mgr Dominique Rey « Nous accueillons cette demande à la fois dans la douleur et la confiance, conscients de l’épreuve qu’elle représente avant tout pour ceux qui s’apprêtaient à recevoir l’Ordination » :

« Ces derniers mois, l’archevêque métropolitain de notre province, Mgr Aveline, archevêque de Marseille, a conduit une visite fraternelle dans notre Diocèse à la demande de Rome. À côté des nombreux beaux fruits que portent l’annonce de l’Évangile et la mission des chrétiens engagés – clercs, consacrés et laïcs – dans notre Diocèse, ont pu être abordées les questions que certains dicastères romains se posaient autour de la restructuration du Séminaire et de la politique d’accueil du Diocèse. Un entretien sur ces sujets encore récemment, avec le Cardinal Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, a permis d’apporter des compléments utiles. Dans l’attente des suites de ces échanges en cours avec les dicastères romains, il a été demandé de surseoir aux Ordinations Diaconales et Sacerdotales prévues fin juin.

Nous accueillons cette demande à la fois dans la douleur et la confiance, conscients de l’épreuve qu’elle représente avant tout pour ceux qui s’apprêtaient à recevoir l’Ordination.
Nous aurons à cœur de les porter dans la prière et de continuer à les accompagner dans leur cheminement. Je vous encourage chacun à prier aussi pour notre Diocèse, en attendant que puisse s’éclaircir la situation pour le bien de tous.

Que l’Esprit de Pentecôte garde nos cœurs dans la paix, heureux de servir et d’aimer ».

Ainsi soit-il.


Monseigneur Dominique Rey à Toulon, le 2 juin 2022

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Le Commentaire de Guillaume de Thieulloy « Cette sanction est catastrophique et calamiteuse ! » :

« D’abord pour les Ordinands. Il faut vraiment n’avoir pas de cœur pour priver des jeunes gens, qui se sont préparés pendant 6 ou 7 ans, de l’Ordination qu’ils attendent avec tant d’impatience aussi brutalement et aussi près de la date fatidique – sans manifestement leur proposer la moindre “solution de rechange”. Il faut croire aussi que l’Eglise de France peut se permettre de refuser de nouveaux Prêtres. Les vocations se portent tellement bien dans notre beau pays, n’est-ce pas ? La nouvelle est aussi calamiteuse pour la charge épiscopale elle-même. Une nouvelle fois, nous constatons que les enseignements les plus clairs de Vatican II sont allègrement piétinés par ceux-là mêmes qui veulent à toute force nous faire adhérer aux doctrines fumeuses du “concile médiatique”. Si l’évêque n’a pas la plénitude du Sacerdoce pour gouverner, enseigner et sanctifier dans son diocèse, on se demande bien ce qu’a voulu dire la constitution sur l’Eglise « Lumen gentium » ! En l’occurrence, que certains de ses confrères – et même certains apparatchiks des dicastères romains – n’aient pas apprécié la “stratégie” d’évangélisation de Mgr Rey ne donne aucune légitimité à priver ce dernier de sa liberté et de sa responsabilité apostoliques. Nous avons besoin, cruellement besoin, d’évêques libres et courageux – et de tous les bords. Mgr Rey est l’un d’eux et c’est sans doute l’une des raisons, peut-être même la principale, de cette douloureuse sanction. C’est, répétons-le encore une énième fois, le principal problème que posent les conférences épiscopales : elles poussent à la tiédeur, au plus petit dénominateur commun ou, si l’on préfère, à des motions insipides de congrès radical-socialiste. Mais les conférences épiscopales ne font pas partie de la structure divinement instituée de l’Eglise, au contraire de la papauté ou de l’épiscopat. Après une telle sanction, qui donc, dans l’épiscopat, osera prendre des décisions courageuses ? Si toutes les têtes qui dépassent sont condamnées à être coupées, nous nous condamnons à la tyrannie de la bureaucratie cléricale ! Mais il y a, s’il est possible, pire encore. Mgr Rey est le type même de l’évêque “tradismatique”, accueillant volontiers toutes les communautés nouvelles, des charismatiques aux traditionalistes en passant par la Communauté Saint-Martin. Il est le berger des “forces vives” du Catholicisme français. Et, de toute évidence, les syndics de faillite de l’Eglise de France vont triompher à l’occasion de cette “condamnation”. Je l’ai déjà dit, lesdites “forces vives”, aussi éloignées soient-elles les unes des autres par la liturgie, les règles canoniques ou la “sensibilité”, ont partie liée. Ce que haïssent les modernistes, ce n’est pas la soutane ou le latin, c’est la Messe, la Confession, l’Adoration Eucharistique, en un mot la foi orthodoxe (ayant été séminariste dans un important séminaire de France, je peux en donner un témoignage personnel). Et donc, à la lecture du motu proprio « Traditions Custodes », il était évident qu’après les Prêtres Summorum Pontificum, les chacals allaient s’en prendre à la Communauté Saint-Martin (comme ils s’en étaient pris naguère à la Communauté Saint-Jean), puis à la Communauté de l’Emmanuel, et ainsi de suite de proche en proche. D’ores et déjà, les hyènes médiatiques, considérant que le “job” est fait pour les “Tradis”, ont commencé à dénoncer la Communauté Saint-Martin comme trop “identitaire”. Je crains fort que cette décision d’interdire à Mgr Rey d’ordonner n’accélère cette chasse aux sorcières et n’accélère donc l’effondrement des vocations et, plus largement, l’effondrement de l’Eglise de France. Dernier élément (et, pour nous, laïcs, ce n’est pas le moindre) : Mgr Rey a courageusement pris la parole dans le passé pour défendre les principes non négociables. Cela aussi a dû gêner (parmi certains de ses confrères et parmi les politiciens). Or, tout le monde pressent que la GPA et l’euthanasie sont au menu du nouveau quinquennat Macron. Pour l’oligarchie libertaire, un bon évêque est, sinon un évêque mort, du moins un évêque larbin. Ce que n’est certainement pas l’évêque de Toulon. J’ignore s’il y eut des pressions politiques pour que Rome le fasse taire. Cela s’est déjà vu dans l’histoire. En tout cas, il est certain que la décision romaine vient de porter un rude coup aux Catholiques de conviction et à notre capacité à mener un combat pro-vie efficace et cohérent dans ce contexte. Cependant, il vaut mieux que personne ne se fasse d’illusion : cela ne nous empêchera pas de nous battre – et de dire toute l’admiration que nous avons pour le remarquable travail qui a déjà été effectué dans le diocèse de Toulon. Accessoirement, j’attends avec beaucoup d’intérêt l’attitude prochaine de certains de ceux qui se réjouissent aujourd’hui de la décision romaine : la lutte que va bientôt nous imposer la culture de mort devrait marquer assez nettement la ligne de fracture avec les faux frères, tandis que l’on pourra sans doute constater qu’il en faudrait plus pour faire taire un évêque courageux comme Mgr Rey ! » Guillaume de Thieulloy (Blog du Salon Beige)
PS : Encore un mot pour dire que les accusations que j’entends pour expliquer la décision romaine ne tiennent pas la route. Il paraîtrait que Mgr Rey soit sanctionné parce que la formation dans son Séminaire “poserait des problèmes”. Mais alors il faudrait fermer tous les Séminaires de France – pratiquement aucun ne respectant la ratio studiorum romaine ! Il paraîtrait aussi qu’il accueillerait trop de Prêtres et de Communautés étrangères, mais c’est se moquer quand on sait que, dans la plupart des diocèses, une bonne partie des Prêtres de moins de 65 ans viennent d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud ! Qu’il y ait des choses à améliorer dans le Séminaire ou le diocèse de Toulon, cela ne fait aucun doute. Que la bonne façon d’améliorer soit de tout casser est nettement plus contestable…

Signons la « Supplique de Soutien à Mgr Dominique Rey » d’un collectif de Catholiques Varois au Pape François


Le « Message du 27 juin 2022 aux Prêtres et Fidèles du Diocèse de Mgr Dominique Rey » :

« Chers frères et sœurs du diocèse de Fréjus-Toulon,
Voici trois semaines, à la demande de Rome, j’annonçais la suspension des ordinations qui devaient nous réunir aujourd’hui. Cette nouvelle a suscité un grand émoi dans tout le Diocèse, d’autant plus qu’elle touchait notre séminaire de la Castille, auquel nous sommes tous précieusement attachés. Chez les prêtres, comme chez vous chers fidèles, cette décision romaine a semé un trouble légitime dont je mesure l’ampleur.
Notre attention se porte avant tout vers les séminaristes, notamment les futurs ordinands et leurs familles. Je remercie tous ceux qui m’ont témoigné combien ils portaient ces jeunes dans la prière. Je sais combien nos ordinands vivent ce moment avec douleur et gravité, accueillant dans la foi la croix qu’il leur est demandé de porter. A eux, mais également à leurs frères du séminaire, qu’ils viennent de l’intégrer ou qu’ils y soient présents depuis plusieurs années, je veux redire qu’ils peuvent compter sur mon action et ma vigilance au bénéfice de leur formation, ainsi que sur mes prières.
Cette suspension des ordinations appelle une suite et des éclaircissements. Je suis en dialogue avec les autorités romaines, le Cardinal Ouellet plus directement, afin de lever les questions qui subsistent et de trouver tous les moyens possibles pour améliorer le fonctionnement du Diocèse, l’accompagnement des communautés, l’accueil et la formation des vocations. Je souhaite poursuivre, en ce sens et avec l’objectif de parfaire et de corriger encore, le travail accompli à la tête du diocèse de Fréjus-Toulon depuis 22 ans maintenant.
Je garde une relation de confiance avec Monseigneur Jean-Marc Aveline, notre archevêque métropolitain de Marseille, avec qui je travaille fraternellement. Les échos positifs de sa visite effectuée au long de l’année 2021, ainsi que ceux de Monseigneur Bataille, évêque de Saint-Etienne, à qui j’avais demandé une visite pastorale de notre séminaire en mai 2021, nous encouragent à poursuivre le travail effectué ces dernières années par les professeurs du séminaire et les recteurs successifs que je remercie pour leur engagement.
Notre séminaire se distingue par la présence de candidats appartenant à des communautés de sensibilités liturgiques et de charismes ecclésiaux divers. L’harmonie de cet ensemble a été relevé par nos visiteurs, tout en notant le défi constant que cette unité représentait. Leurs préconisations sont aujourd’hui mises en œuvre par l’actuelle équipe du séminaire avec à sa tête le Père Benoit Moradei à qui je renouvelle ma confiance : projet d’affiliation à la faculté catholique de Lyon, projet de formation inter-séminaire de Provence, amélioration du suivi et du discernement des séminaristes, etc. Autant de points d’améliorations pour un équilibre toujours plus fécond.
C’est bien la provenance des vocations et la pluralité des parcours de formation qui ont pu poser question à Rome (et non des questions de mœurs comme peut-être certains ont pu le craindre), tout comme la composition diversifiée de notre presbyterium (l’ensemble des prêtres du diocèse) ou encore la présence de nombreuses communautés avec parfois la difficulté pour le Diocèse de les accompagner et de les intégrer. La place du monde traditionaliste dans notre séminaire et dans le Diocèse constitue également un des points sensibles relevés par les congrégations romaines. J’ai toujours cherché à intégrer ce courant, au sein d’une véritable communion ecclésiale, en fidélité avec le Saint Père, et avec le magistère romain, en particulier le concile Vatican II. La diversité des sensibilités et des charismes de nos communautés participe, avec votre active contribution à insuffler un réel dynamisme pour l’annonce de l’Évangile. Se faisant, je me situe dans la ligne des choix pastoraux portés par mes prédécesseurs, Mgrs Barthe et Madec. Le maillage ecclésial de proximité de notre Diocèse est assez dense, compte tenu de la présence sur le terrain de nombreux prêtres dont la moyenne d’âge est relativement basse. De même, les communautés religieuses bien vivantes, dont certaines effectivement viennent de l’étranger, apportent un témoignage évangélique et un souffle missionnaire édifiant et stimulant. Je pense par exemple aux sœurs argentines qui tiennent le sanctuaire de Saint-Joseph du Bessillon à Cotignac, ou encore aux sœurs brésiliennes d’O’Caminho qui servent les plus démunis dans le centre de Toulon. L’ensemble des communautés de notre Diocèse doit faire l’objet d’un suivi encore plus régulier. Nous avons un délégué épiscopal pour la vie consacrée chargé de cet accompagnement. Certaines communautés ou associations de fidèles disposent d’un délégué propre.
Les fragilités, les échecs, les difficultés observées dans certaines de ces communautés nous imposent toujours plus de vigilance. En 22 ans d’épiscopat, j’ai pu faire des erreurs de discernement dans leur accueil ou l’accompagnement de leurs membres, comme dans celui de certains prêtres du Diocèse. A tous ceux qui ont eu à en souffrir, je demande sincèrement pardon. Avec votre aide à tous, il nous faut certainement progresser et améliorer notre façon de concilier audace et prudence, liberté et responsabilité, et prendre toutes les mesures qui s’imposent.
Alors que nous restons dans l’attente des décisions romaines, nos cœurs eux demeurent en prière et en confiance. Nous continuons de servir fidèlement l’Église. Chacun reste investi dans ses responsabilités là où le Seigneur Lui-même l’a placé.
Pour ma part les prochaines semaines seront mises à profit pour réfléchir à améliorer différents axes de gouvernance dont notamment trois qui me tiennent à cœur :
Renforcer les modalités de suivi des différentes communautés accueillies. Nous disposons depuis 2 ans d’une charte Saint Léonce qui développe les conditions d’accueil et de suivi de nos prêtres et communautés et dont il convient d’accompagner la mise en œuvre.
Fluidifier les relations entre les différentes sensibilités liturgiques, travailler à l’unité et à la communion autour du Magistère de l’Église.
Renforcer par une présence fraternelle plus grande de ma part, le travail accompli par les 250 prêtres qui œuvrent pour l’animation pastorale de notre Diocèse. Dans cette perspective, nous allons organiser un grand cycle de visites pastorales sur tout le territoire du Var qui se déroulera à partir de la rentrée prochaine.
Je redis avec vous tous, clercs, religieux et fidèles laïcs, notre attachement indéfectible au Saint-Père et notre confiance en la sainte Providence, pour traverser cette période délicate.
Que le Seigneur Jésus et sa Mère la Sainte Vierge Marie guident notre Diocèse et lui permettent de déployer sa mission avec joie et persévérance pour le service du Peuple de Dieu et pour rejoindre celles et ceux qui ne connaissent pas encore la joie de suivre le Christ, de l’aimer et de le faire aimer ».

Mgr Dominique Rey à Toulon, le 27 juin 2022

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