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L’Hymne de Saint Paulin d'Aquilée à Saint Marc « Ô Bienheureux Marc, docteur Évangélique » :

« Déjà par le monde entier, elle répand son éclat, cette Lumière céleste qui est la splendeur du Père, et de Laquelle procède la lumière créée qui nous réjouit de son éclat ; ce flambeau qui dans sa splendeur n'éprouve jamais de défaillance et éclaire notre ciel, en dissipant les ombres qui couvraient le monde. Le Bienheureux Marc, docteur Évangélique, avait reçu dans son cœur un rayon de cette Lumière sacrée ; reflet ardent et lumineux, il chassa devant lui les ténèbres dont le monde était enveloppé. Il fut une des sept blanches colonnes qui soutiennent l'édifice, l'un des sept chandeliers d'or, un astre dont l'éclat parcourt l'univers entier ; placé à la base, il soutient, comme un de leurs quatre fondements, les Églises qui sont sous le Ciel. Ézéchiel, l'antique et saint prophète, Jean qui reposa sur le sein du Christ, l'ont vu l'un et l'autre sous la forme d'un animal mystique, sous le symbole du Lion qui fait retentir le désert de ses rugissements. Le Bienheureux Pierre l'envoya vers la ville d'Aquilée, cité fameuse en ces temps ; Marc y sema la Parole sainte, et sa moisson s'élevait au centuple, lorsqu'il la transporta dans les greniers célestes. Ce fut lui qui établit dans cette ville l'Église du Christ, la posant sur le solide fondement de la foi, sur cette pierre sans tâche, que ni les débordements du fleuve, ni la fureur des vents, ni les torrents, ni les pluies, ne sauraient ébranler. Il en revint le front ceint d'une couronne qui mêlait à ses palmes et à ses lauriers l'éclat des roses et des lys ; athlète combattant du Christ, il portait ce diadème glorieux, lorsqu'il rentra dans Rome, conduit par ce maître divin. Ce fut alors que, rempli de l'Esprit-Saint, il redirigea vers Alexandrie, et on l'entendit dans toute l'étendue de l'Égypte annoncer aux hommes que le Fils unique du Père adorable était venu sur la terre pour le Salut du monde. Mais ce peuple endurci et cruel préparait des tourments au soldat du Christ. Un jour il le chargea de chaînes, le blessa avec la pointe de ses javelots, déchira sa chair à coups de fouets, et l'enferma dans une noire prison. Marc fut donc le premier qui porta le nom du Dieu suprême dans Alexandrie ; il dédia au Christ une basilique qui fut consacrée par l'effusion de son sang, et à laquelle il donna la sainte foi pour rempart. Gloire et empire soit au Père ! à Vous aussi, Fils de Dieu, au plus haut des Cieux ! à l'Esprit-Saint honneur et puissance ! à l'indivisible Trinité, nos hommages dans les siècles éternels ! »

Ainsi soit-il.


Saint Paulin d'Aquilée (730-802) - L'Année Liturgique : « Le Temps Pascal », tome II, du R. P. Dom Prosper Guéranger, pages 430-433, chez Fleuriot, 1862

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Voir également de Saint Paulin d'Aquilée :
L’Hymne de Saint Paulin d'Aquilée sur la Purification de la Sainte Vierge et la Présentation de Jésus au Temple « Marie, cette Vierge, présenta au Temple sur Ses bras sacrés, le saint Enfant Jésus »
L’Hymne de Saint Paulin d'Aquilée à Saint Marc l’évangéliste « Ô Bienheureux Marc, docteur Évangélique »