Saints-Martyrs-Innocents.jpg

L’Hymne aux Saints Innocents de M. de Sacy « Brillez, fleurs des Martyrs, enfants, troupe innocente, que le glaive immole au berceau » :

« Brillez, fleurs des Martyrs, enfants, troupe innocente, que le glaive immole au berceau, ainsi qu'un tourbillon abat la fleur naissante et brise le tendre arbrisseau. Ô vous, d'un Enfant Dieu les victimes premières à sa Gloire sacrifiés ; vous semblez vous jouer des lames meurtrières ; on vous égorge et vous riez. A quoi donc t’a servi cet horrible carnage, tyran d'aveuglement frappé ? Le seul Jésus, le Seul que poursuivait ta rage, à ta fureur est échappé. De mille et mille enfants, de l’âme la plus tendre, les bourreaux ont percé le flanc : mais leur fer abusé n'a jamais pu répandre d'une Vierge le plus pur Sang. Ainsi, jadis Moïse, aux siens si secourable, et du Christ pronostic heureux, se sauva du Tyran dont la haine implacable, noyait les enfants des Hébreux. Sur ces tendres Agneaux, ce Tyran, ce Barbare, se jette comme un loup cruel ; et contre un Enfant Dieu, sa rage se déclare dans ce carnage universel. Déjà coule à grands flots le sang de ces victimes mais Dieu trompe ce Roi jaloux : Celui qu'il cherche seul par tant de morts, de crimes, se dérobe seul à ses coups. Ô Mères, épargnez vos cris et vos larmes ! Pourquoi pleurez-vous ces enfants ? De l'Agneau leur Sauveur, ils contemplent les charmes ; à Sa suite ils vont triomphants. Du Tyran d'Israël, l'âme altière s'étonne, lorsqu'il apprend qu'un Roi, né du Sang glorieux, du grand David chéri des Cieux, doit régner sur son trône et porter sa couronne. Soldats, dit ce cruel, courez, prenez les armes et égorgez les enfants, perdez ce Roi nouveau ; étouffez-Le dès le berceau, que nul ne soit touché ni du sang ni des larmes. A ces mots, des bourreaux l'indigne barbarie, de tous les nouveaux nés perce le tendre flanc, et le glaive verse le sang de tant de corps à peine animés de la vie. Malheureux, que fais-tu ? Tu découvres ta rage sans que ton lâche orgueil n’en retire aucun fruit. Ta fureur Jésus seul poursuit ; et Lui seul, malgré toi se sauve en ce carnage ; ô trop heureux enfants, qu'à la mort on dévoue ! Ils meurent pour Jésus : plus doux que des agneaux, leur main caressant leurs bourreaux : sur l'Autel tout sanglant, de ses palmes se joue. Gloire à Vous, ô Jésus ! Dieu du Ciel, Roi des Anges, né du sein d'une Vierge agréable à Vos yeux. Gloire au Père, à l'Esprit des deux. Au Monarque Éternel, éternelles louanges ».

Ainsi soit-il.


Abbé Isaac Le Maître de Sacy (1613-1684)

Isaac-Lemaistre-de-Sacy.jpg

Voir également de Louis-Isaac Lemaistre de Sacy :
La Prière de Louis-Isaac Lemaistre de Sacy « Ô Christ oppose en moi ta Grâce à ta Colère »
La Prière d’Isaac Lemaître de Sacy « Ô Christ, rends-nous par ton Esprit ton Joug aimable et doux »
La Prière d’Isaac Louis Lemaitre de Sacy « Jésus, doux Rédempteur, heureux qui n'est qu'à Toi et qui de Toi se contente »
La Prière du Sieur de Sacy pour Noël « Chantons Jésus, qui, des flancs de Marie est né dans ce grand jour »
La Prière de J. Dumont (Louis-Isaac Le Maître de Sacy ) « Éclaire, Astre divin, les noirs flots de ce monde » (Ave Maris Stella )
La Prière de M. de Sacy « Ô Dieu, guidez l'Église militante et domptez les ennemis qui combattent Sa foi »
L’Hymne de M. de Sacy « Ô Protectrice souveraine, sois notre Mère et notre Reine »
L’Hymne de Lemaître de Sacy pour le Carême « Dans ce jeûne sacré de quarante journées, ô Dieu, entends nos voix, reçois nos pleurs »
L’Hymne de l'Abbé Lemaître de Sacy « Ô suprême Soleil, Tes rayons adorables de mille flammes d'or éclairent l'univers »
L’Hymne de Lemaître de Sacy « Jésus est notre Pâque, Il est l'Agneau divin » ( Ad coenam agni )
L’Hymne aux Saints Innocents de M. de Sacy « Brillez, fleurs des Martyrs, enfants, troupe innocente, que le glaive immole au berceau »