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L’Hymne de D. Rimaud de la Veillée Pascale « Brillez déjà, lueurs de Pâques » :

1 « Brillez déjà, lueurs de Pâques,
Scintillez au jour de demain,
Annoncez l’Époux qui revient,
Éveillant tout sur Son passage.
La nuit ne saurait retenir
Ce Corps où monte le désir
De recommencer un autre âge.

2 La terre craque où Il se dresse,
Comme hier où Dieu Lui donna
Son Esprit, son Souffle, une Voix
Dans le jardin de la Genèse.
La Chair de Sa chair est nommée :
La Plaie qu'Il porte à Son côté
S'ouvre pour qu'un peuple en renaisse.

3 Voici le temps où Dieu se hâte :
De Sa main Il couvre les eaux,
Il en tire un monde nouveau,
Partout la vie refait surface !
Où donc est la tombe de Dieu ?
La mort est morte sous les yeux
De ceux qui croiront en sa Grâce. »

Ainsi soit-il.


R. P. Didier Rimaud (1922-2003)

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Le texte du chant « Brillez déjà lueurs de Pâques » du jésuite Didier Rimaud exprime toute la poésie de la veillée pascale, allant de l’Exultet jusqu’aux deux figures de la Résurrection contenues dans la liturgie de la Parole. Même si ce chant peut être utilisé tout au long du temps pascal, il porte en lui la dynamique de la Mère de toutes les veillées. Il s’agit d’une hymne, composée de trois strophes. La musique de Jo Akepsimas la mettra en valeur par une musique sous forme de choral paisible en sept sections. L’harmonie oscille continuellement entre le ton de Fa majeur et les subtilités du relatif Ré mineur.

La strophe 1 pourrait être un résumé de la liturgie de la lumière commençant autour du feu nouveau à l’extérieur de l’église et se terminant par l’annonce de la Pâque, l’Exultet. Alors que cette partie de la veillée pascale se passe durant la nuit, l’ensemble de ses textes évoque déjà le matin de Pâques : le feu nouveau, et la lumière qui se partage une fois que les fidèles sont entrés dans l’église, manifestent déjà cette aurore de la Résurrection. Aussi, les deux premières sections de la strophe annoncent ce qui est « déjà là ». Mais Didier Rimaud va faire en plus allusion à la parabole des vierges folles et des vierges sages : au milieu de la nuit l’Époux vient. Le mémorial de la Pâque du Seigneur, nous place dans une attente future, dans un « pas-encore ». Ce mémorial devient l’attente dans la foi, de notre propre résurrection. Nous sommes dans un « entre deux » !

La strophe 2 est une relecture de l’œuvre de la Résurrection de Jésus-Christ selon la chair avec le mystère de la Création (allusion à l’esprit, au souffle et à la parole qui ont créé le monde). Le lieu du sépulcre est un nouveau jardin de la Genèse. Ici se trouve exprimée l’une des plus antiques confession de foi : Jésus est le nouvel Adam. Mais Didier Rimaud approfondit la mystique du corps car il condense le fait qu’en ressuscitant le corps du Christ comme nouvel Adam, Dieu créé en même temps son Épouse, chair de sa chair, la Nouvelle Eve qu’est l’Église. Didier Rimaud garde le présupposé évangélique que le corps glorieux du ressuscité porte en lui les stigmates. Le Vendredi Saint, le côté ouvert est signe d’attestation de mort ; dans le mystère de la Résurrection il devient source de vie et de grâce, acte de naissance de l’Église « Corps du Christ ». L’Église est le signe de cette nouvelle création, et elle peut à juste titre être considérée comme le sacrement du Salut. À l’image de saint Ambroise, qui par ses hymnes enseignait une juste doctrine face aux hérésies, Didier Rimaud par cette strophe enseigne tout l’élan théologique de la constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium du Concile Vatican II.

La strophe 3 est une relecture de l’œuvre de la Résurrection avec la mystique de l’eau. Le début de la strophe poursuit l’œuvre de création, qui dans la Genèse a vu la terre apparaître après la séparation des eaux. Comme pour un baptême, le monde nouveau sort de l’eau ! Comme pour la prophétie d’Ezéchiel, l’eau est ici source de vie, et rien ne peut arrêter sa progression. Mais l’eau demeure signe de mort ! À l’image du livre de l’Exode, où le peuple a vu les Égyptiens engloutis par la Mer Rouge au matin, les croyants peuvent voir la mort elle-même être engloutie par l’eau. Mais cette eau n’est autre que celle du côté du Christ ! Ainsi, en regardant le côté ouvert du Crucifié, nous pouvons déjà croire au triomphe de la Résurrection ! Quel « entre deux » !


Voir également du Père Didier Rimaud :
La Prière de Didier Rimaud « Je Te cherche en toute chose, ô mon Dieu »
La Prière du Père Didier Rimaud « Toi, le Jour sans crépuscule, Esprit de Dieu pour notre terre, comment es-Tu la Nuit la plus obscure ? »
La Prière du Révérend Père Didier Rimaud « Croix où le Fils se laisse pendre »
La Prière de Didier Rimaud « Comment savoir quel mot Tu dis si je ne tiens mon cœur ouvert ? »
La Prière du P. Didier Rimaud pour Noël « Sainte Mère de Dieu qui tenez votre Enfant avec un grand respect »
La Prière du P. Didier Rimaud de Louanges sur la Création « Dieu est musique »
La Prière du P. Didier Rimaud « À l'enseigne de Pâque et de l'Agneau Vainqueur, la table est mise pour chacun »
L’Hymne de D Rimaud pour les Rameaux « Hosanna ! Béni sois-Tu, Seigneur ! »
L’Hymne pour l’Office des Laudes du Samedi Saint de Didier Rimaud « Qui pourrait dormir ? »
L’Hymne de Didier Rimaud du Soir « Près de Toi se trouve le Pardon »
L’Hymne pour l'Assomption de Didier Rimaud « Marie, une femme dont on n'a rien dit »
L’Hymne pour Noël du R. P. Rimaud « Le Fils de l'homme est né, Noël ! »
L’Hymne de D. Rimaud « Voici la nuit »
L’Hymne du R. Père Didier Rimaud « Dieu, au-delà de tout créé »
L’Hymne pour le Triduum Pacal de D. Rimaud « Oh ! Jésus, ne descends pas dans le jardin »
L’Hymne de la Veillée Pascale de D. Rimaud « Brillez déjà, lueurs de Pâques »