« Qu’est-ce que le purgatoire ? » selon l'Abbé Paul Préaux :

« L’enseignement de l’Église catholique sur le purgatoire suscite encore un doute chez un certain nombre de chrétiens. Il se présente pourtant comme une doctrine d’Espérance (Cf. Concile de Lyon II (1274) ; Concile de Florence (1439) ; Concile de Trente ; Concile Vatican II, Lumen Gentium, n. 48-50. Citons encore le Credo (1968) du pape Paul VI ; Jean-Paul II, Audience générale du mercredi 4 août 1999. Benoît XVI, Spe salvi, 30 novembre 2007, n. 45-48). Le purgatoire n’est pas un « enfer adouci » par lequel Dieu se vengerait de nos infidélités en nous plongeant dans le feu de sa colère. Non, le purgatoire n’est pas une punition divine imposée à nos déviances terrestres. Il n’est pas non plus un mythe inventé par des hommes d’Église pour aider les inconsolables à vivre l’épreuve de la séparation ou, au pire, pour s’enrichir sur le dos des endeuillés.

Fondement du purgatoire. Le purgatoire offre aux défunts qui en ont besoin la grâce d’une transformation, d’une conformation au Christ par la purification intérieure de l’âme, en vertu de la miséricorde du Père. Il consiste en une préparation, dans le feu de l’Esprit Saint, à l’union définitive avec Dieu.
La notion de purgatoire repose sur la pratique juive de la prière pour les défunts : « Voilà pourquoi il (Judas Maccabée) fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché » (2 M 12, 46). L’Église s’appuie aussi sur le texte de saint Paul où il est dit que l’œuvre de chacun, accomplie sur terre, sera « éprouvée par le feu », et « l’homme sauvé comme à travers le feu » (cf. 1 Co 3, 10-15).
Soulignons que, dès les premiers siècles de l’Église, la prière pour les défunts est bien attestée comme le prouvent les inscriptions funéraires dans les Catacombes romaines. Cette pratique courante et constante est vivement recommandée aussi par les Pères et Docteurs de l’Église.

L’Église n’a jamais cessé de prier pour les défunts. La doctrine du purgatoire, qui s’est élaborée tout au long du temps, est l’expression de la fidélité à l’enseignement du Christ. De nombreux mystiques – certains ont été canonisés – ont non seulement prié mais aussi communiqué avec des défunts en état de purification, dans l’attente de leur entrée au Ciel. C’est ainsi que Lutgarde, Marguerite de Cortone, Gertrude d’Helfta, Catherine de Sienne, Lidwine de Schiedam, Colette, Catherine de Gênes, Catherine de Ricci, Philippe Néri, Thérèse d’Avila, Véronique Giuliani, Marguerite-Marie Alacoque, le Curé d’Ars, Marie-Anne Lindmayr, Anne-Catherine Emmerich, Thérèse Couderc, Jean Bosco, Gemma Galgani, Faustine Kowalska… ont eu des visions d’âmes du purgatoire ou reçu des messages.

Nature du purgatoire. Nous pressentons que nous ne sommes pas prêts à voir Dieu face-à-face. Auprès de Lui, la moindre imperfection devient insupportable. Au moment du jugement particulier (cf. He 9, 27 et 2 Co 5, 10), en nous voyant dans Sa lumière (cf. 1 Co 4, 5) nous constaterons combien nous avons mal répondu à son Amour. Nous mesurerons les conséquences de nos manquements sur nos proches, sur l’humanité, sur l’avancée du dessein de Dieu dans le monde. Ce regard de vérité provoquera un repentir qui nous ouvrira à une transformation de nous-mêmes. Cette transformation, cette guérison, cette purification, c’est Dieu qui l’accomplit. La souffrance principale des âmes du purgatoire, c’est de ne pas encore être unies à Dieu. Mais à cette souffrance se mêle une joie incomparable : la certitude théologale de plonger pleinement dans la Vie.

Comment aider les âmes du purgatoire ? En Dieu, vivants et défunts ne forment qu’une famille unie par la charité. Leur existence terrestre étant terminée, les âmes du purgatoire ne peuvent plus mériter pour elles-mêmes. Mais nous pouvons porter avec elles leur fardeau et même l’alléger. Dans leur ultime épreuve, la prière de l’Église et l’intercession des saints les aident à dire enfin : « Oui, viens Seigneur Jésus, viens ! » Chacun est donc responsable de ses actes devant Dieu mais, en même temps, une solidarité peut s’établir entre les vivants et les défunts en vue de la délivrance de ceux-ci.

Saint Cyrille de Jérusalem, comparant Dieu à un roi qui aurait relégué en exil un sujet qui l’a offensé et dont ensuite les parents, tressant une couronne, viendraient l’offrir au roi, explique : « Même si nos défunts sont pécheurs, en offrant à Dieu des prières pour eux, ce n’est pas une couronne que nous tressons, mais le Christ immolé pour nos péchés que nous offrons, en cherchant par là à concilier la clémence de Dieu aussi bien pour eux que pour nous. »
Dans la communion des saints, il existe un merveilleux échange de biens spirituels, dans lequel, la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres.
Nous pouvons secourir de plusieurs façons nos amis de l’invisible : « dès les premiers temps, l’Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. L’Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts » (cf. CEC, n. 1032. Au sujet des indulgences, cf. CEC, n. 1471 à 1479). La première façon d’aider nos défunts est donc de prier pour eux. Je vous conseille tout particulièrement la récitation quotidienne du Psaume 129 (De profundis). Mais la prière la plus efficace est celle du sacrifice eucharistique.
N’oublions pas de prier pour les membres souffrants de l’Église, c’est le tiers-monde de l’Invisible ! »

Père Paul Préaux - Communauté Saint-Martin

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Voir également sur le purgatoire :
La Prière de Saint Odilon de Cluny pour les « Âmes du purgatoire »
Le « Notre Père » de Sainte Mechtilde pour les âmes du purgatoire
La « Neuvaine pour les âmes du purgatoire » de Sainte Marguerite-Marie Alacoque
Les 5 Mystères GLORIEUX du « Chapelet des Âmes du Purgatoire avec Notre-Dame de Montligeon »
La Prière « Ô très glorieuse Vierge Marie, ayez pitié de ces âmes qui sont actuellement retenues loin de Dieu » du Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur