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Le premier Pilier du Mariage : LIBERTE DE CONSENTEMENT

C'est le fait, pour un homme et une femme, de se marier sans qu'aucune des deux parties n'y soit forcée. Vous devez être pleinement libres de votre engagement, et n'avoir subi aucune contrainte vous forçant à vous marier.

Ne pas être empêché par une situation de type : « Je suis déjà marié » ou « je suis très gravement atteint par une maladie psychique » , mais aussi « ne pas subir de contraintes » lors du consentement (Cf. Catéchisme de l’Église catholique CEC n° 1625).

La parole qui rend libre… Lors du dialogue initial avec le prêtre, le jour de la cérémonie, le prêtre vous posera la question : « Vous allez vous engager l’un envers l’autre, est-ce librement et sans contrainte ? »

La formule d'échange des consentements n'est pas « M'aimes-tu ? » , mais « Veux-tu me prendre pour époux ? » Il y a échange d'un vouloir libre. Il ne s'agit pas de beaux sentiments mais d'une volonté. Bismark écrivait à sa jeune épouse : « Je ne vous ai pas épousée parce que je vous aimais, mais pour vous aimer » .

La liberté n’est pas seulement dans le choix du conjoint, mais aussi dans le choix de s’engager dans le mariage. La liberté implique une maturité psychologique sociale et morale en vue d’assumer ses actes. La liberté est invitation à faire place à l’autre tel qu’il est vraiment. La véritable liberté est un équilibre difficile à trouver, un patient effort d’attention mutuelle afin que chacun trouve son épanouissement sans que l’autre en soit pénalisé. C’est le travail de toute une vie de trouver sa véritable liberté dans le respect de celle de l’autre. Plus on est libre plus on s’aime, plus on s’aime plus on est libre. Elle est surtout liberté de référer sa vie conjugale à l’Evangile et de la vivre en Eglise. Cette liberté là n’est jamais acquise une fois pour toute. Elle est invitation, chemin. Dieu est libre et il aime gratuitement.

Pour devenir libre, le peuple hébreu, guidé par Dieu, a traversé la mer Rouge. Par cet acte de confiance, il a avancé au large et bravé le danger. De même, le couple, appuyé sur la prière et les sacrements (confession, eucharistie qui « revivifie » celui du mariage), pourra éprouver sa liberté dans les épreuves et la faire grandir.

Les questions à se poser avant le Mariage plutôt qu’après : Suis-je libre de m'engager avec toi ? Suis-je libre vis-à-vis d’éventuelles pressions de ma famille ? Suis-je libre vis-à-vis de mon besoin affectif, de ma peur de la solitude, de mes illusions ? Pourquoi je veux me marier avec toi ? Quel sens donnons-nous à notre mariage ?

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Le deuxième Pilier du Mariage : INDISSOLUBILITE

« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » Mat. 19-6

Le lien conjugal est indissoluble car il est établi, sur une libre initiative des deux époux, par Dieu lui-même (Catéchisme de l’Église Catholique n° 1640). C’est par le « oui » des fiancés que ce lien est scellé par Dieu. Et comme Dieu ne reprend jamais ce qu’il donne, ce lien est établi pour toujours. Comme si les fiancés apportaient chacun un bout de corde et que Dieu faisait un nœud. Aucun homme ne peut le dénouer.

S’engager pour la vie… Vous vous engagez pour tout le long de votre vie. Ce pilier se rapporte à la notion sacramentelle de votre union, le mariage crée un lien sacré entre les époux. Ainsi, lors de l'échange de vos consentements, vous prononcerez ces mots : « Je te reçois comme époux (se) pour nous soutenir l’un l’autre, tout au long de notre vie »

« Tu veux maintenant qu’ils construisent un foyer, qu’ils cherchent à s’aimer chaque jour davantage, et suivent l’exemple du Christ, lui qui a aimé les hommes jusqu’à mourir sur une croix ». Dieu s’engage jusqu’au bout en son fils sur la croix, c’est un exemple à suivre. Le mariage est un pacte d’alliance, à l’image de l’union de Dieu avec l’humanité et du Christ avec l’Eglise. A l’image de Jésus qui a aimé jusqu’au bout, jusqu’à donner sa vie. L’indissolubilité, c’est un lien sacré, où Dieu s’engage, que l’homme ne peut détruire. Il nous est donné pour soutenir la fidélité des époux. Durer toujours, c’est une espérance. « Oser partager sa vie avec quelqu’un, c’est miser ensemble sur l’avenir et sur Dieu ».

On ne se donne pas en pièces détachées et pour un temps. Ce n'est pas un contrat, mais un pacte d'alliance, à l'image de l'union de Dieu avec son Peuple et du Christ avec l'Eglise. A l'image de Jésus qui a aimé jusqu'au bout, jusqu'à donner sa vie.

Les questions à se poser avant le Mariage plutôt qu’après : Suis-je prête à m'engager à vivre avec toi toute ma vie ? Qu'est-ce qui pourrait briser notre mariage ?

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Le troisième Pilier du Mariage : FIDELITE

Vous vous promettez fidélité, source de confiance réciproque, en vous appuyant sur le pardon et la réconciliation. Le prêtre vous demandera : « Vous allez vous promettre fidélité. Est-ce pour toute votre vie ? » et vous répondrez : « Je te reçois et je me donne à toi pour t’aimer fidèlement dans le bonheur et dans les épreuves »

Quelque peuvent être les aléas de leur vie de couple, les époux s'engagent dans la durée grâce à la fidélité, en s'appuyant sur le pardon et la réconciliation. C'est une promesse qui engage.

Choisir un conjoint c’est renoncer à tous les autres possibles. La parole donnée le jour du mariage engage à vivre en responsabilité l’un de l’autre. Elle implique la reconnaissance des forces et des fragilités de chacun. La fidélité se construit dans le dialogue et donne à l’amour profondeur et intensité. Elle intègre le pardon et permet ainsi la durée. La fidélité, ce peut être aussi d’aider l’autre à se réaliser et pas nécessairement selon mes propres projets ou images. Car aimer, c’est aimer l’autre différent de moi… mais, également différent de l’image que je me fais de lui. La fidélité de Dieu nous rend capable d’être fidèles.

Les questions à se poser avant le Mariage plutôt qu’après : Comment envisager ma fidélité envers toi ? Comment éviter d'être infidèle ? Comment se faire confiance ?

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Le quatrième Pilier du Mariage : FECONDITE

« Soyons féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » Gen 1,28

Le prêtre vous demandera, lors de votre mariage : « Dans le foyer que vous allez fonder, acceptez-vous la responsabilité d'époux et de parents ? »

Le chrétien se marie pour fonder une famille, avoir des enfants et transmettre le don de la vie. C’est une des responsabilités du mariage que de s’engager à devenir un jour parents et à inculquer aux enfants qui arriveront les valeurs qui sont les nôtres, de même que de les initier à la foi.

« L’amour conjugal tend naturellement à être fécond. L’enfant ne vient pas de l’extérieur s’ajouter à l’amour mutuel des époux ; il surgit au cœur même de ce don mutuel, dont il est un fruit et un accomplissement » (Catéchisme de l’Église Catholique n° 2366).

Appelés à donner la vie, les époux doivent la transmettre de manière responsable. Tous les enfants que Dieu donne au couple sont une grâce et une grande bénédiction. Mais cela ne veut pas dire qu’un couple chrétien ne doit pas prendre en considération sa santé, sa situation économique et sociale pour décider du nombre d’enfants dont il peut assumer la responsabilité.

Connaître et respecter le temps du cycle féminin (où environ une semaine par mois la femme est féconde) oblige en effet à avoir un dialogue conjugal sans cesse renouvelé, une maîtrise de soi, un respect réciproque, une responsabilité commune. La communion des cœurs prépare alors la communion des corps. En poussant les époux à trouver d’autres façons que l’union sexuelle pour se montrer affection et tendresse, elles favorisent un langage corporel plus riche. Elles seules permettent que l’union sexuelle ne soit séparée de ce qu’elle porte en propre : la capacité à donner la vie.

Vous vous engagez à accepter vos futures responsabilités de parents, à vous ouvrir aux autres, à inculquer les valeurs d'humilité et de générosité à vos enfants, à les accueillir avec amour. Le terme fécondité n'est pas restrictif, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas exclusivement de la reproduction. Même si faire des enfants fait partie de cette fécondité, et est réellement important dans le mariage catholique, le terme fécondité ne s'arrête pas là. La fécondité, c'est plus largement faire germer l'amour, la générosité.

Les questions à se poser avant le Mariage plutôt qu’après : Ai-je envie d'avoir des enfants avec toi ? Suis-je prêt à les accueillir ? Sommes-nous-prêts à accueillir un enfant différent, handicapé, malade ? Quels sont nos points de vue sur la contraception, l'avortement, l'adoption ? Quelles valeurs transmettre à nos enfants ? Comment parler de notre vie sexuelle ? Et si nous en sommes pas satisfaits ? Comment améliorer les choses ? Et sur d'autres formes de fécondité : Sommes-nous assez ouverts vers les autres ? Comment être plus généreux dans nos vies ? Sommes-nous un modèle d'amour pour nos proches ? Que partageons-nous avec nos amis, nos collègues, notre famille ?