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Lettre à tous les « Foyers désunis » du Père Henri Caffarel

C’est avec appréhension que j’entreprends d’écrire cette lettre. Je pense à tant d’époux qui vont la lire, l’espoir plus au moins au coeur. Ils souffrent ; les beaux rêves d’une jeunesse qui croyait en l’amour, en la vie, au bonheur, ont subi l’érosion du temps ; peut-être même se sont-ils écroulés. Et cependant, ils n’acceptent pas la défaite ; ils cherchent qui peut les aider à étayer, à réparer, à reconstruire un foyer éprouvé. Ces lignes vont-elles, comme tant de paroles déjà entendues, les décevoir et les irriter ? Il est si facile de faire mal à ceux qui souffrent. Puissent-ils ne pas dire, une fois de plus : on ne m’a pas compris !

Ce qui rend plus ardue encore la tâche de celui qui veut écrire pour de tels foyers, c’est qu’il n’est pas deux cas semblables. Déjà, c’est bien difficile de parler à cet homme ou à cette femme, venus pour confier sa détresse. Comment n’appréhenderait-il pas de parler à des milliers à la fois ? Il y a des choses qui ne peuvent se dire, semble-t-il, que sur le ton de la confidence. Et cependant, je ne peux pas ne pas m’adresser, au début de cette Lettre consacrée aux foyers désunis, à tant d’êtres au cœur déchiré, pour leur dire quelques paroles que je crois essentielles et dont l’expérience m’a démontré l’efficacité. S’ils ne trouvent dans ces lignes rien qui leur convienne particulièrement, qu’ils devinent au moins que je viens à eux avec une infinie sympathie pour leur souffrance.


Ne pas se résigner à la désunion
Aux foyers désunis, j’ai une première chose à dire : ne vous résignez jamais à la désunion. Il ne faut pas oublier, en effet, que contracter un Mariage, c’est s’engager à ne pas cesser de vouloir et de poursuivre une union totale. C’est à deux qu’est pris cet engagement, mais par la suite, l’un n’en est pas libéré parce que l’autre le néglige ou le renie. La grande faute de tant de chrétiens mariés est de renoncer à travailler à l’union, d’accepter la division. Ils ne manquent pas moins à leurs engagements, ceux qui travaillent à cette union sans y croire, sans la vouloir vraiment.

Je me souviens de cette lettre d’un homme malheureux chez lui. Voici ce qu’il conseillait à ceux qui sont dans son cas : « Il faut être assez donné, assez dépouillé de soi-même, assez indifférent à l’égard de tout pour ne pas s’intéresser à la réalisation ou à l’échec de l’union envisagée » . Il ajoutait : « Un soldat part à l’assaut, même quand il sait qu’il échouera : n’est-ce pas encore plus grand et plus méritoire ? » Je l’admire de ne pas hésiter à partir à l’assaut, mais, dans son stoïcisme, je crois discerner une résignation à la défaite. Cela n’est pas chrétien.

L’harmonie conjugale n’est pas un objet de luxe ou de confort, c’est pourquoi les époux n’ont pas le droit d’y renoncer. Elle est nécessaire, à eux-mêmes et à beaucoup d’autres. Leur désaccord blesserait ces autres autant qu’eux-mêmes. Au lieu d’être le grand moyen de perfectionnement pour l’homme et pour la femme, un foyer où s’installe la désunion devient le bouillon de culture de tous les péchés capitaux et entraîne souvent la faillite morale de l’un ou des deux époux. Et tandis que le climat d’amour est pour les enfants la condition primordiale de leur épanouissement physique et moral, la désunion des parents déchire quelque chose au plus intime de leur être. La société elle-même souffre de cet échec d’un foyer ; pour elle, il n’est plus une cellule vivante, dispensatrice de chaleur et de lumière, mais une tumeur qui se développe au détriment du corps social. Ajoutons enfin qu’un foyer désuni, au lieu d’être une louange à la gloire de l’Amour divin, est une fausse note dans le concert de la création.


Les remèdes à la désunion
Je crois entendre la question de ceux qui m’ont suivi jusqu’alors : nous voulons bien ne pas nous résigner, mais que faire ? Chaque cas particulier exige sa réponse propre ; mais cependant il est des remarques d’ordre général qui peuvent être utiles à beaucoup, quitte à être appliquées différemment.

Un effort de lucidité
Et d’abord, il faut faire un effort de lucidité ; il faut vouloir voir ; même si cela entraîne des découvertes qui font mal, même et surtout si on est amené à déceler des torts personnels, à se condamner soi-même. Combien il serait souhaitable que cet effort pût être fait à deux ! À vrai dire, à l’heure où les époux l’entreprennent ensemble, ils ne sont déjà plus désunis. Il faut tout faire pour qu’un jour cette loyale conversation soit possible. « Tout faire » ne signifie pas brusquer les choses : c’est souvent montrer une grande sagesse que de savoir attendre, temporiser ; une fausse manœuvre risque de retarder considérablement l’heure de la guérison. Il n’en reste pas moins que, s’il faut savoir attendre, par prudence et par patience, il est coupable d’éluder les questions par lâcheté. Tout, dans l’obscurité, ne prend-il pas forme de fantômes menaçants, qui s’évanouissent comme par enchantement lorsqu’on fait la lumière ?
Faire la lumière, c’est rechercher les causes du mal. Les plus visibles ne sont pas toujours les plus réelles : il ne faut pas se laisser hypnotiser par elles. Il importe de remonter au-delà. Sans craindre de constater les torts du conjoint, on doit surtout ne pas s’aveugler sur les siens propres. Il est nécessaire de les regarder en face. Non pas tant d’ailleurs pour s’en désoler — les grands désespoirs ne sont pas des solutions — que pour les reconnaître devant soi-même et peut-être, l’heure venue, devant l’autre. Je croirais volontiers que bien des situations s’enveniment parce que les époux reculent devant un effort de recherche et de franchise. L’auraient-ils fait, que tout se serait vite dénoué. La vérité libère.
Les causes du mal une fois identifiées, il s’agit de se préoccuper des vrais remèdes. Le palliatif calme momentanément la douleur, mais, n’atteignant pas la cause, il ne guérit point.

Changer son cœur
Le premier des remèdes est souvent de changer son coeur. Ah, je sais bien qu’on attend plutôt que le conjoint se transforme ; mais si tous deux réagissent ainsi, il y a bien des chances pour que rien ne bouge !
Que de choses sont à rectifier au fond du coeur ! Et d’abord, n’y trouve-t-on pas, toujours vivaces, les racines de cette mauvaise herbe qu’est l’illusion du bonheur ? Comme si le bonheur parfait pouvait exister sur terre, comme si le Mariage devait apporter un bonheur tout fait… Que de catastrophes ont leur origine dans cette illusion de tant de jeunes couples ! Il faut, une bonne fois pour toutes, l’exorciser.
Puis il faut s’attaquer aux déceptions et à leurs fruits vénéneux. Je pense notamment à ces rancœurs, à ces animosités, prolifères dans un coeur qui se croit lésé. Regardez d’un peu plus près et discernez en tout cela ce sentiment que je n’ai pas encore nommé, à qui bien peu osent donner son nom propre : la haine. Oh ! Je vous en prie, ne pensez pas trop vite, en lisant ce mot, que la passion qu’il désigne vous est étrangère. Je sais bien que dans les vies surchargées d’aujourd’hui, les nerfs très vite prennent le dessus, sans que pour autant le coeur soit mauvais. Et je me garde de confondre l’impatience avec la haine. Mais je sais aussi qu’il est dangereux de laisser libre cours à ces irritations qui, bénignes au départ, contaminent le coeur par la suite et risquent de susciter la haine : ayons le courage d’appeler par son nom ce reptile en nous qui s’éveille à certaines heures, se dresse et siffle. N’est-ce pas la haine qui se trahit en tant de réactions et de réflexions ? Cette joie de surprendre l’autre dans son tort, cet âpre besoin d’avoir raison contre lui, cette venimeuse allusion à une faute passée, cette recherche des griefs — comme un chasseur qui ajoute des flèches à son carquois —, ce soin jaloux de ne laisser aucune occasion de glisser le poison du mépris dans une parole ou dans un geste ; n’est-ce pas là de la haine, plus ou moins grave suivant les cas, mais toujours pernicieuse ? Pendant un temps, elle peut cohabiter dans l’âme avec l’amour, mais un jour, parasite envahissant, elle l’étouffera. Je m’excuse de ce qui peut paraître cruel dans mes dires, mais on ne purifie pas une plaie sans faire souffrir le patient. Il est, certes, des cœurs généreux, infiniment bons et miséricordieux, qui ignorent tout de cet affreux mal. Sans doute sont-ils rares et eux-mêmes ne sont pas à l’abri des tentations de haine. Il faut cultiver en soi l’antidote de la haine : la miséricorde qui pardonne. Pardonner, c’est déchirer la page sur laquelle on inscrivait, avec malice ou rage, le compte débiteur du conjoint et retrouver devant lui l’attitude du don sans réserves. Je crois bien que nous touchons là un des centres névralgiques de la vie du foyer. Il est vain de chercher d’autres remèdes tant qu’on n’a pas obtenu la grâce de savoir pardonner, « septante fois sept fois », s’il le faut. Quel allègement dans le coeur qui a pardonné ! Fini, ce climat délétère de gémissements, de reproches, de revendications. Sans doute la douleur demeure-t-elle, mais il n’y a plus d’amertume. Et parce qu’on a pris les devants du pardon — non pas le pardon hautain de l’orgueilleux, mais l’humble pardon de celui qui n’hésite pas à reconnaître ses propres torts, peut-être le conjoint renaîtra-t-il à l’amour.
Changer son coeur, c’est encore changer de regard. Abandonner le regard critique pour adopter le regard d’amour qui, à travers l’écorce plus ou moins rugueuse, devine une sève vivante, travaillant à l’intérieur et préparant les bourgeons et les fleurs d’un printemps parfois plus proche qu’on ne pense. Qui vous dit que, dans cet être en apparence indifférent, dur ou buté, il n’y a pas un coeur d’enfant qui pleure, ou qui saigne et qui appelle au secours ? Tant d’adultes soi-disant méchants ne sont que de pauvres gosses qui ont besoin d’être bercés ! Tant de choses et tant de gens les ont déçus ou blessés, qu’ils n’osent plus croire à l’amour et revêtent une armure pour se protéger des coups. Votre regard d’amour traversera l’armure.

Travailler au bonheur du conjoint
Mais il n’est pas suffisant de changer son coeur ; il faut aimer. Et si l’on a désappris d’aimer, il faut réapprendre. Retrouvez cet amour qui vous faisait dire, au jour de vos fiançailles : suis-je capable de le rendre heureux ? — et qui se promettait de ne rien épargner pour cela. Revenez aux résolutions de ces heures radieuses. Comprenez ce qui fait mal dans vos façons de faire, et évitez-le scrupuleusement. Devinez ses désirs, efforcez-vous d’y répondre. Que rien ne vous soit étranger du monde qu’il porte en lui : prenez intérêt à ses pensées, à ses sentiments, à ses joies, à ses peines, à ses entreprises. Discernez dans ce qu’il est et dans ce qu’il fait ce qui mérite votre admiration et sachez la lui traduire. Ne manquez pas de reconnaître les gestes de délicatesse, si modestes ou maladroits soient-ils, par lesquels il essaie de vous témoigner un peu d’amour. Ainsi vous l’encouragerez à aimer. Encouragez-le à donner aussi : il vous faut savoir avoir besoin de lui. Peut-être en lui n’est-il pas brisé encore, ce ressort qui en tout homme est à l’image de la plus secrète impulsion du Coeur de Dieu : le désir de rendre heureux.
Avez-vous remarqué que je ne vous ai pas parlé de poursuivre la « conversion » de votre conjoint — si tant est que besoin en soit — mais seulement de travailler à son bonheur ? Je crois volontiers que le meilleur moyen, préférable à tous sermons et à tout zèle, si vite indiscret, d’obtenir la transformation d’un autre, est de travailler à la joie de cet autre. N’est-ce pas la pensée que saint Pierre exprimait dans sa première épître (ch. III, 1-4) : « Femmes, soyez soumises à vos maris, afin que, s’il en est qui n’obéissent pas à la prédication, ils soient gagnés sans la prédication, par la conduite de leurs femmes, rien qu’en voyant votre vie chaste et pleine de respect. »

Partager
Aimer, c’est encore partager. Il est difficile, ce partage, quand on est en face d’un être qui n’a pas faim ; mais, à aucun prix, il ne faut y renoncer. Quand je parle de partage, je pense surtout à la mise en commun des biens spirituels. Si vous ne lui laissez pas voir votre âme avec ses désirs, ses joies, ses aspirations, sa vie profonde, comment voulez-vous qu’il vous aime ? C’est la découverte de votre âme vivante qui, un jour, avait retenu son regard et éveillé son coeur ; mais aujourd’hui, si vous baissez le « rideau de fer », si vous lui refusez ce qui en vous est aimable, vous ne l’aidez plus à aimer. Pourquoi tant d’époux oublient-ils qu’une des grandes lois de l’amour est de travailler chaque jour à faire la conquête de l’autre ? Comme aux premiers jours, le moyen reste le même : plaire. Oserai-je dire aux femmes qu’il y a un « devoir de coquetterie », qui consiste surtout à cultiver l’élégance de son âme, comme le recommandait plus haut saint Pierre, mais qui ne les autorise pas pour autant à négliger le charme de leur tenue ? Aux hommes, je ne parlerai pas de coquetterie, évidemment, mais je rappellerai ce qu’ils savent bien : qu’une femme a besoin d’admirer son mari et qu’ils doivent entretenir son estime par leur force d’âme, leur esprit de décision, la maîtrise de leurs sens, leur rayonnement social.
Je n’hésite pas à ajouter : sachez partager vos griefs. Méfiez-vous de ce mur de silence qui sépare plus sûrement deux êtres que des mers ou des continents. Mais il y a la manière… Admettez la réciprocité. Provoquez-là, même. Qu’elles peuvent être bienfaisantes ces heures où, dans le calme du soir, toute irritation apaisée, les époux se confient ce qui pèse à leur coeur. Non pour soulager leur égoïsme, mais par amour. Un grief avoué…


Sens providentiel de l’épreuve
La désunion ne prend des proportions si dramatiques et n’affole tant les coeurs que si les époux omettent de se tourner vers Dieu pour L’interroger sur le sens providentiel de leur épreuve. Aurait-elle donc un sens, cette épreuve qui nous paraît absurde ? Serait-elle l’oeuvre de Dieu ? Entendez-moi bien : Dieu ne veut pas le mal ; Lui qui a répété avec insistance « Soyez un », ne peut vouloir la désunion. Il demande seulement à Ses enfants de triompher du mal et de profiter de la souffrance pour grandir en valeur humaine et surnaturelle. Quand on a compris Son désir, il peut se faire que l’on connaisse encore ces moments de déroute où les rapports avec Dieu sont troublés, mais on a la force de surmonter désarroi et tentation et d’accepter l’épreuve. Acceptation qui n’est pas la résignation à la désunion dont je parlais plus haut pour la condamner, mais une vision réaliste de la situation, condition indispensable de tout travail de reconstruction. Acceptation dont nous donne un exemple poignant le témoignage de cette femme qui a beaucoup souffert : « Quand on a bien accepté l’état de maladie de son foyer, peut-être faudrait-il l’aimer d’autant plus, de même qu’une maman chérit plus et soigne avec encore plus de dévouement son enfant anormal et déficient… Qu’ils l’aiment, ce foyer, le leur, avec ses défauts, son atmosphère grise et hargneuse. Qu’ils l’aiment et se penchent plus encore sur lui pour le mieux soigner, cet objet délicat, cette lampe si pâle, toujours prête à s’éteindre ; ces braises sans chaleur, qu’ils les entretiennent, qu’ils y veillent deux fois plus parce qu’elles sont fragiles. Et si de petits êtres souffrent autour d’eux de ces mésententes, de ce froid, qu’ils les aiment aussi deux fois plus, qu’ils essaient de compenser un peu. Si l’un des époux seulement entreprend cette tâche tandis que « l’autre » s’enlise dans sa peine, son incompréhension, sa déception, dans sa vilenie ou ses vices peut-être, hélas ! Eh bien qu’alors il aime et veille encore deux fois plus, puisqu’il est seul à veiller et à aimer, puisque passagèrement l’autre démissionne. Là où dans un foyer clair et chaud un coeur aimant aurait suffi, qu’il y ait, dans ce foyer malade, un coeur ardent ! »
En ceux qui acceptent, la Paix s’établit, le dialogue avec Dieu reprend. En Lui, ils découvrent un allié, au dévouement infatigable. La confiance revient. Ainsi aidés, ne peuvent-ils espérer refaire l’unité du foyer ? Ce sera peut-être un travail de longue haleine : il y faudra mettre le prix. En fixant du regard le Christ qui, pour sauver les hommes a prié et donné sa Vie, ils trouveront le courage de prier et de faire pénitence, à leur tour ; ils estimeront qu’ils n’ont pas tout fait tant qu’ils n’ont pas tout donné. Bien plus qu’un modèle, le Christ sera pour eux un compagnon de route, un ami de chaque jour.
Ce ne sera pas un des moindres bienfaits de cet effort religieux que d’arracher le coeur à l’obsession de la souffrance. Qu’on me comprenne : je ne préconise pas l’évasion, tentation fréquente et subtile qu’il faut impitoyablement écarter, mais ce n’est pas une évasion que d’entreprendre le salut du foyer en se rapprochant de Dieu par l’épreuve. Quelle revanche sur le mal que de s’en servir pour grandir en amour ! … Un bonheur facile aurait-il été aussi favorable à cette ascension spirituelle ? Dans le cœur que la souffrance a creusé, le Christ peut prendre une place d’autant plus grande.
Je voudrais en terminant vous entretenir du plus vrai motif que vous avez d’espérer : votre Sacrement de Mariage. Il est à votre foyer une force au travail, utilisant les moindres efforts et même les maladresses et les fautes, pour opérer votre union. Mais il réclame votre coopération. « De même, en effet, que, dans l’ordre de la nature, les énergies que Dieu a répandues ne se manifestent dans leur pleine vigueur que si les hommes les mettent en oeuvre par leur propre travail et leur propre industrie, sous peine de n’en retirer aucun avantage, ainsi les forces de la grâce, qui du Sacrement ont jailli dans l’âme et qui y demeurent, doivent-elles être fécondées par la bonne volonté et le travail des hommes » (Pie XI).
C’est votre confiance, qui permettra à ce grand Sacrement d’exercer sa pleine efficacité. Multipliez donc les actes de foi en sa vertu, pour obtenir sa Grâce guérissante, pacifiante, réconfortante, unifiante. Le même Pie XI écrivait : « Vous avez droit au secours de la grâce actuelle » . Comprenez-vous ce qu’il y a de formidable dans ces mots : vous avez droit ? La défaite d’un foyer tient souvent à la défaite de sa foi. Le vrai chrétien, lui, sait qu’il n’y a pas de situations désespérées : s’il frappe le rocher, une source en peut jaillir ; le coeur le plus dur peut s’ouvrir ; le désert peut fleurir. Ah ! Qu’il est beau, cet amour d’après l’épreuve, tellement plus fort, plus pur et plus transparent qu’au premier jour ! Qu’il fait bon sous ce toit.


Père Henri Caffarel (1897-1975) - Revue l’Anneau d’Or n°98

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Voir également du Père Henri Caffarel :
La Prière du Père Henri Caffarel « Ô Toi qui es chez Toi dans le fond de mon cœur »
La Prière du Père Henri Caffarel « Père d'infinie tendresse, saisis-moi de Tes deux mains : Ton Fils et Ton Saint-Esprit »
La Prière du Père Henri Caffarel « Dieu dit : couple chrétien, tu es ma fierté et mon espoir »
La Prière du Père Henri Caffarel « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! »
Les « Prières et Citations » du Père Henri Caffarel
La « Prière Conjugale » selon le Père Henri Caffarel
Lettre à tous les « Foyers désunis » du Père Henri Caffarel
La Lettre du Père Henri Caffarel à une femme séparée qui lui pose la question « Fais-je tout ce que je dois faire si je me contente de prier pour lui ? »