Un homme de quarante-sept ans, que dévorait une sordide avarice, est atteint de la rougeole. Il sollicite une place parmi les pauvres d'un hôpital. La religieuse chargée de la salle où il se trouve l'aborde bientôt et lui demande s'il est bon chrétien.
« Peu importe », répond-il assez rudement, « pourvu que je sois honnête homme » .
« Mais être honnête homme ne suffit pas pour aller au ciel » ajoute la Religieuse.
« J'assiste à la Messe le dimanche » répond le malade.
« Il faut plus encore… Un bon chrétien a d'autres devoirs » insiste la Religieuse.
Le malade, importuné par cette conversation, se tourne du côté du mur et reste muet. La Religieuse se retire, et comme rien n'indique un état grave, elle se propose d'attendre une meilleure occasion. Elle diffère même de lui donner une Médaille de Saint Joseph, bien que la pensée lui en vienne plusieurs fois à l'esprit.
Cependant l'état du malade s'aggrave; la fièvre devient plus forte, la poitrine se prend. Monsieur l'aumônier accourt, et s'efforce d'amener ce pauvre homme à des sentiments chrétiens. Le malheureux ne répond à ses avances charitables que par des grossièretés, et vomit contre les Prêtres toutes sortes d'invectives. La Religieuse chargée de la salle des hommes recommande ce pécheur à Saint Joseph, et parvient, mais non sans efforts, à lui passer au cou sa médaille de Saint Joseph. Bientôt le moribond, heureux de posséder cet objet de piété, demande à le conserver toujours, et même à l'emporter avec lui, s'il doit sortir un jour de l'hôpital. Dès lors, une transformation s'opère en lui. A cette rusticité qui le rendait inabordable, succèdent des manières respectueuses; et quand de nouveau on lui parle de confession, il n'oppose aucune résistance, et se confesse avec les sentiments du plus vif repentir.
« Oh ! Ma bonne sœur », disait-il à la religieuse qui le soignait, après son entrevue avec Monsieur l'aumônier, « que je suis heureux! Cette fois, j'ai confessé tous mes péchés ; cela m'a coûté beaucoup, il est vrai, mais je n'ai pas payé trop cher la joie que j'éprouve. Que j'ai du regret d'avoir si mal rempli mes devoirs par le passé ! Si je guéris avec la protection de Saint Joseph, je vivrai bien autrement » .
La maladie faisait des progrès rapides ; on jugea nécessaire de lui donner l'Extrême-onction qu'il reçut dans les dispositions les plus consolantes. Jusqu'à la fin de sa vie, il édifia son entourage par ses sentiments vraiment chrétiens. « Mourir après avoir fait tant de mal et si peu de bien, que c'est terrible ! » disait-il.
Une demi-heure avant de rendre son âme à Dieu, il avait encore toute sa connaissance, et il répétait avec un accent qui touchait ceux qui l'entouraient : « Mon Dieu, faites-moi miséricorde !... Sainte Marie, priez pour moi, pauvre pécheur!... Saint Joseph, aidez-moi à bien mourir » . Il expira sans agonie ; le ciel, nous l'espérons fermement, aura eu égard à son repentir.


Cette histoire de la médaille de Saint Joseph extraite du livre : Saint Joseph « Epoux de Marie » aux éditions Traditions Monastiques, ressemble à celles d'Alfred Bessette (1845-1937), dit Frère André, qui le 17 octobre 2010 fut le premier Canadien à devenir Saint. Frère André avait une grande dévotion pour Saint Joseph et disait : « Je n'y suis pour rien ; c'est saint Joseph qui se sert de moi pour guérir. Je ne suis que son petit chien ! » .

Histoires du Frère André sur la médaille de Saint Joseph :

« En revenant d’un voyage aux États-Unis, un Prêtre demande au Frère André d’aller voir un malade qui appartenait à la franc-maçonnerie. Le frère André lui montra une médaille de Saint Joseph et lui dit que beaucoup de personnes avaient été guéries en se frictionnant avec cette médaille. Le frère André se mit à le frictionner, et à un moment donné le frère André sentit que le malade lui passait le bras autour du cou. Il continua à le frictionner et le malade devint mieux.»

Après une neuvaine à Saint Joseph recommandée par le frère André, une jeune élève se trouve guérie. (L'Action sociale de Québec raconte l'événement dans l'édition du 10 février 1910) : « Un miracle s'est opéré mercredi matin au couvent de Saint-Joseph de Lévis. Mlle Marie-Antoinette Mercier, de Québec, avait l'été dernier, en jouant sur le lac avec ses compagnes, reçu par mégarde, un coup de rame sur l'œil droit. Les oculistes chargés du traitement firent tous leurs efforts pour conjurer la perte de l'œil malade, mais sans résultat. Il y avait paralysie du nerf optique (...) Or, tout dernièrement, entendant parler des merveilles qui s'opèrent à l'Oratoire de Saint-Joseph, de Montréal, les Religieuses se procurèrent une médaille de Saint Joseph bénite dans ce sanctuaire et toute la communauté commença une neuvaine fervente à saint Joseph dont le culte est déjà en grand honneur dans la chapelle du couvent. La jeune malade appliquait chaque jour avec confiance la médaille de Saint Joseph sur son œil malade, mais aucun mieux sensible ne se produisit les huit premiers jours. Mercredi matin, pendant la messe de communauté et après la communion, la fillette s'aperçut tout à coup qu'elle voyait clairement, de son œil paralysé, la statue de saint Joseph qu'elle n'avait pu apercevoir tout le temps de la neuvaine (...) Pour bien s'assurer du fait miraculeux, on la fit lire sur l'heure dans un livre au caractère très fin, ce qu'elle fit sans aucune fatigue, ni hésitation » .

« Élégamment vêtu, le ministre de l'Agriculture s'avance en clopinant. Sa jambe lui fait mal. Encore un effort et il pourra s'asseoir dans la salle du thaumaturge. Il lui a fallu du courage pour monter voir le petit frère, lui, un homme politique, un érudit, un ministre respecté. À vrai dire, Adélard Godbout, député de l'Islet, n'a plus le choix. Ce mal de genou qui l'accable depuis l'enfance empire. Tous les médecins consultés sont unanimes : la maladie est incurable (...) À l'orée de la quarantaine, Adélard Godbout se résigne à subir une intervention chirurgicale au genou. Il n'espère pas la guérison, mais un certain soulagement. La veille de l'opération, une religieuse de l'hôpital lui propose d'aller voir le frère André. « Pourquoi pas ? » se dit Godbout dont la foi est vibrante. Le voilà donc debout, appuyé sur sa canne, en face du petit frère.
- Frictionnez-vous avec la médaille de saint Joseph et faites une neuvaine.
- Mais c'est que... je dois être opéré demain, réplique le ministre de l'Agriculture.
- Quand on n'est pas malade, on ne va pas à l'hôpital, tranche le frère André. Adélard Godbout redescend la côte du mont Royal. Sa rotule ne le fait pas souffrir. Au lieu de se diriger vers l'hôpital où sa chambre est retenue, il rentre à la maison. »


Prions : Dieu qui mène toute chose avec sagesse par des chemins qui ne sont pas les nôtres, tu as demandé à Joseph, le charpentier de Nazareth, de prendre pour épouse la mère de ton Fils. Fais qu'en nous tenant ici-bas sous sa protection nous l'ayons pour intercesseur dans le ciel. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.


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