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MÉDITATION POUR LE SIXIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE

La Multiplication des Pains
« Une grande multitude de peuple qui suivait Jésus n'ayant rien à manger, Il assembla Ses disciples, et leur dit : J'ai compassion de ce peuple ; car il y a déjà trois jours qu'ils ne me quittent point, et ils n'ont pas de quoi manger. Si je les renvoie chez eux en cet état, ils tomberont en défaillance dans le chemin, car il y en a qui sont venus de loin » (Marc 8, 1-3).

PRÉLUDE 1 : Nous représenter Jésus environné d'une foule immense, qui écoute avec une sainte avidité Sa divine Parole.

PRÉLUDE 2 : Faites-moi comprendre, Seigneur, avec quelle miséricordieuse Charité Vous subvenez aux besoins de tous ceux qui s'oublient eux-mêmes pour Vous écouter et Vous suivre.

POINT 1 : Soin que Dieu prend de toutes les créatures et de nous en particulier.
Dieu est le Maitre et le Seigneur de toutes les créatures : Il les a tirées du néant par un seul acte de Sa volonté, Il donne à chacune d'elles ce qui est nécessaire pour sa conservation, Il les gouverne toutes avec une Providence admirable, Il est présent à tout, Il connaît tout, Il est Tout-Puissant partout ; il ne se fait rien dans l'univers, qu'Il ne le veuille, ou le permette ; tout est réglé par une Sagesse et une Bonté infinies : quel motif de confiance pour nous ! Si le Seigneur prend un tel soin de toutes les créatures en général, s'Il daigne pourvoir aux besoins des pécheurs qui outragent sa Providence, quelle n'est pas sa Tendresse pour les Justes, qui sont Ses amis, Ses enfants ! Il les considère avec plus d'attention, Il les protège avec plus de soin, Il les conduit par des voies assurées à une Fin surnaturelle. Efforçons-nous de mériter la Protection spéciale de cette Providence paternelle. Elle sera pour nous une source de tranquillité et de confiance ; mais aussi Dieu veut que cette confiance et cette tranquillité ne soient pas oiseuses. Il veut que nous travaillions avec prudence, et c'est pour cela qu'Il nous a donné des lumières et des forces. Il faut donc que dans les affaires nous agissions de notre côté, et que nous espérions tout de Dieu. Les Apôtres nous donnent l'exemple de cette conduite dans l'éclatant Miracle de la Multiplication des Pains. Le divin Maître exige en quelque sorte leur coopération, car c'est en exécutant Ses ordres que le pain se multiplie entre leurs mains à mesure qu'ils le distribuent au peuple : « Ô mon Sauveur, faites-moi la Grâce d'imiter la docilité de vos Apôtres et la ferveur de ce peuple qui abandonne tout pour Vous suivre ».

POINT II : Nous devons nous abandonner avec une entière confiance à la divine Providence. « J'ai compassion de ce peuple ; car il y a déjà trois jours qu'ils ne me quittent point, et ils n'ont pas de quoi manger : si je les renvoie chez eux en cet état, ils tomberont de défaillance dans le chemin, car il y en a qui sont venus de loin ».
Ces Paroles de Notre-Seigneur nous font connaître qu'Il daigne faire attention à tout ce que nous faisons pour Lui ; Il compte tout, les jours, les heures que nous passons à Son service ; Il voit ce que nous souffrons pour Lui, Il connaît tous nos besoins spirituels et corporels, rien ne Lui est caché ; Il sait ce qui nous est nécessaire, ce qui est le meilleur pour nous ; Il peut nous le donner, puisqu'Il est Tout-Puissant. Et pourrions-nous douter de sa Volonté à nous procurer les choses qui nous manquent, lorsqu'Il nous assure Lui-même que sa Tendresse pour nous surpasse infiniment celle que toutes les mères de la terre peuvent avoir pour leurs enfants ? Il n'y a donc rien de plus raisonnable qu'un abandon plein et entier à sa Providence ; il n'est rien de plus agréable à ce bon Maître, il Lui est Glorieux qu'on suive Sa conduite et qu'on se fie à Sa fidélité ; il n'est rien de plus avantageux pour nous. Nous pouvons vivre en repos, puisqu'un Dieu infiniment Sage, infiniment Puissant et infiniment Bon prend soin de nous. Que ces pensées sont consolantes ! Elles soutenaient Sainte Thérèse au milieu des grands travaux qu'elle entreprenait pour le service de Dieu, et des peines intérieures qui affligeaient son âme. « Dieu sait tout, Il peut tout, et Il m'aime ! » disait-elle souvent avec une douce joie. Gravons-nous-mêmes cette Vérité dans le fond de notre âme, et abandonnons-nous sans réserve entre les Mains de ce Bon Père. N'ayons d'autre soin que celui de Le servir avec ferveur et de Lui plaire, et reposons-nous avec confiance sur sa Bonté infinie à notre égard.

COLLOQUE : « Ô divine Providence, puissante Dispensatrice de tous les biens, Mère secourable dans tous nos besoins, je Vous adore, je Vous aime, je Vous rends mille actions de grâces de tous les Bienfaits que j'ai reçus de Vous, et je Vous demande pardon de toutes les infidélités que j'ai commises contre Vous par mes ingratitudes et mes défiances ; je m'abandonne en aveugle à Votre adorable Conduite, dont je ne veux jamais m'écarter ».

RÉSOLUTION : Faire souvent dans la journée des actes d'abandon à la Divine Providence.

BOUQUET SPIRITUEL : « J'ai compassion de ce peuple car il y a déjà trois jours qu'ils ne me quittent point, et ils n'ont pas de quoi manger ».

Ainsi soit-il.


Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt S.A.D. (1812-1903) - « Méditations pour tous les Jours et Fêtes de l'année selon la Méthode de Saint Ignace sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ », Le Miracle de la Multiplication des Pains selon le Saint Évangile du Sixième Dimanche après la Pentecôte, pages 260-263, Tome 3, cinquième édition, Périsse Frères Paris Lyon, 1857.