MÉDITATION du XXIIIe DIMANCHE APRES LA PENTECÔTE


« Jésus était suivi d'une grande foule de peuple qui Le pressait... Alors une femme malade depuis douze ans... s'avançant à travers la foule, toucha le vêtement de Jésus ; car elle se disait : Si je puis seulement toucher Son vêtement, je serai guérie. Au même instant elle sentit qu'elle était guérie » (Marc, 5).

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PRÉLUDE I : Nous représenter cette pauvre malade ; toute faible qu'elle est, elle pénètre la foule et s'approche près de Jésus.

PRÉLUDE II : Faites, ô mon Sauveur, que, m'approchant de Vous avec la respectueuse confiance de cette malade, je mérite comme elle de ressentir la Vertu divine qui est en Vous.

POINT I : Les désirs ardents et l'humble confiance obtiennent tout de Jésus. La conduite que tient cette femme malade nous montre avec quelle confiance nous devons chercher les remèdes à nos infirmités spirituelles. Depuis douze ans, elle avait épuisé inutilement une infinité de remèdes ; mais, ayant ouï parler de la Toute-Puissance de Jésus, elle entreprend d'aller à Lui, sans se mettre en peine des difficultés qu'elle rencontrera pour en approcher. Le désir qu'elle a d'être guérie fait qu'elle passe par-dessus tout, et parvient jusqu'à son charitable Médecin, auquel était réservée cette cure merveilleuse. Voilà la ferveur des désirs que Jésus aime à trouver en nous, et qu’Il exauce toujours. Mais désirer faiblement notre guérison, ou cesser de la demander parce que nous ne l'obtenons pas aussitôt, c'est manquer de ferveur et de soumission. La confiance respectueuse de cette pauvre malade ne fut pas moins sensible au Cœur de Jésus que sa ferveur : car, ne se trouvant pas digne de toucher Sa personne sacrée, et croyant que tout en Lui, jusqu'à Ses vêtements, devait produire la Vie, elle s'approche, elle touche avec respect la frange de Sa robe et à l'instant même elle est guérie. Ah ! Si dans la Sainte Communion nous allions ainsi à Jésus, quels heureux changements s'opéreraient dans nos âmes ? La Vertu toute puissante qui fit la merveille que nous admirons, renouvellerait aussi Ses prodiges, et rétablirait nos âmes dans une parfaite santé. Ô divin Jésus, inspirez-moi pour mon avancement spirituel des désirs toujours plus ardents : et pénétrez-moi, envers votre Toute-Puissante Bonté, d'une confiance aussi tendre que respectueuse.

POINT II : Tout est vivifiant en Jésus-Christ. Tout, dans notre divin Maître, répand et produit la Vie : non-seulement Sa main divine, Sa parole, Sa volonté peuvent opérer des Prodiges ; mais Ses vêtements participent à sa Vertu miraculeuse. Les Espèces sacramentelles sont pour nous, dans la Sainte Eucharistie, le vêtement de Son humanité sainte ; elles devraient toujours être touchées avec une humilité profonde, mêlée d'une entière confiance. Pourquoi donc ne sais-je pas, comme la malade de l'Évangile, profiter des Grâces précieuses qui me sont offertes, moi qui ai si souvent le bonheur de toucher ces Espèces sacrées, lorsque je reçois Jésus dans la Sainte Communion ? Ah ! C’est que je n'ai pas le sentiment intime de la Toute-Puissance de Jésus ni la conviction de mes besoins spirituels ? Comme la foule, nous touchons Jésus : avec les autres, nous les visitons, nous nous présentons pour Le recevoir à la Table sainte ; mais est-ce la vivacité de nos désirs et le sentiment de nos besoins qui nous y attirent ? Les âmes ferventes savent toucher Jésus efficacement : aussi obtiennent-elles les effets de sa Vertu Toute-Puissante : Il les guérit de leurs maladies spirituelles, et les fortifie dans sa Grâce et son Amour. Si nous recevons moins de faveurs, si nous sommes toujours sujettes aux mêmes misères spirituelles et temporelles, nous ne devons nous en prendre qu'à nous-mêmes, cherchons-en les causes dans la tiédeur de nos désirs et de nos prières, dans nos défauts de confiance et de foi. La Main du Seigneur n'est point raccourcie pour nous accorder des Grâces ; mais nous nous en rendons souvent indignes en ne priant pas comme nous devrions le faire. Si Dieu diffère de nous exaucer, nous perdons courage, nous abandonnons la prière ; les défiances et les pensées injurieuses à la Bonté divine s'élèvent dans notre cœur, comme si Dieu ne connaissait pas nos besoins. Ah ! Comptons plutôt sur la Providence toute de Miséricorde de notre Père Céleste ; Ses yeux sont toujours ouverts sur Ses enfants, Ses oreilles sont toujours attentives à leurs prières, et Il ne leur manquera point au moment marqué dans sa Sagesse. S'Il use de retardement, c'est pour enflammer nos désirs et nous rendre par-là plus capables et plus dignes de recevoir ses Faveurs et ses Grâces.

COLLOQUE : Que j'ai à m'humilier, ô mon adorable Seigneur, de l'imperfection de mes sentiments et de la tiédeur de mes dispositions, lorsque je me présente à Vous : faut-il que des peuples, qui sont beaucoup moins éclairés que moi, me donnent des leçons de ferveur et de confiance en votre Bonté ! Elles ne seront toutefois pas perdues, ô mon Sauveur, ces touchantes leçons ; elles m'apprendront à pourvoir aux nécessités de mon âme, à apprécier le bonheur d'avoir en Vous le Médecin Tout-Puissant, pour Lequel nulle maladie n'est incurable, et à me rappeler que quelque déplorable que soit l'état de mon âme, Vous êtes le puissant Maître des Miracles.

RÉSOLUTIONS : Visiter et recevoir Notre-Seigneur, renfermé dans le Sacrement de l'Autel avec plus de ferveur et de confiance.

BOUQUET SPIRITUEL : Si je touche le bord de Sa robe, je serai guérie.

Ainsi soit-il.


Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt S.A.D. (1812-1903) - « Méditations pour tous les Jours et Fêtes de l'année selon la Méthode de Saint Ignace sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ », Vingt-Troisième Dimanche après la Pentecôte : Une femme est guérie en touchant le vêtement de Jésus, pages 124-128, Tome 5, Périsse Frères Paris Lyon, 1854.


Voir également de Monsieur l’Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt:
- La Méditation sur le Miracle de la Multiplication des Pains « Ô mon Sauveur, faites-moi la Grâce d'imiter la docilité de vos Apôtres et la ferveur de ce peuple qui abandonne tout pour Vous suivre » de l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de l'économe infidèle « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de me préparer avec soin à la mort, afin que je puisse Vous rendre avec confiance un compte exact de toutes vos Grâces » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation lorsque Jésus pleure sur Jérusalem « Cœur adorable de Jésus, accordez-moi la Grâce de m'intéresser comme Vous au Salut des pauvres pécheurs » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole du Pharisien et du Publicain « Ô Jésus, Modèle parfait d'Humilité, donnez-moi cette Vertu » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de la Guérison du Sourd-Muet « Ô Jésus, guérissez-moi de mes infirmités à l'égard des choses du Salut » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison des dix lépreux « Que Vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour tous les Biens que j'ai reçus de Vous » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Abandon à la Providence Céleste et Divine « Faites, ô divin Maître, que je mette mon bonheur à m'abandonner à Votre Bon Plaisir » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Prière « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de vénérer avec amour Votre Sainte Croix » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Résurrection du fils de la veuve de Naïm « Ô Jésus, séchez les larmes que l'Église répand sur Ses enfants ensevelis dans la mort du péché » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Humilité « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de devenir véritablement Humble » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison du Paralytique « Inspirez-moi, ô divin Jésus, une confiance qui mérite d'obtenir la guérison de mon âme » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole du Festin des Noces du Fils d'un Roi « Faites, Seigneur, que je mérite d'être admis aux Noces de l'Agneau pour Vous louer dans tous les siècles » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison du Fils d'un Officier à Capharnaüm « Daignez m’inspirer, ô Jésus, une Vive Foi » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Sainte Fête de Tous les Saints « Accordez-moi, Seigneur, un grand Désir des Biens du Ciel, et la Grâce de travailler constamment à Les mériter » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Commémoration des Morts « Inspirez-moi, Seigneur, pour les âmes du Purgatoire, une compassion tendre et généreuse » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l'obligation de payer le tribut à César « Divin Jésus, remplissez-moi de l'Esprit de Prudence, afin que j'évite les pièges du monde et de l'enfer » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur « Une femme est guérie en touchant le vêtement de Jésus » de Monsieur l’Abbé de Brandt