MÉDITATION POUR LE QUATORZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE

Abandon à la Providence Céleste et Divine :

« En ce temps-là, Jésus dit à Ses disciples : Nul ne peut servir deux Maîtres ; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ; ni pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’amassent pas dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. N’êtes-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, en se tourmentant, peut ajouter une coudée à sa taille ? Et au sujet du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Considérez comment croissent les lys des champs : ils ne travaillent ni ne filent. Cependant je vous dis que Salomon lui-même dans toute sa gloire n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Mais si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui, et qui demain sera jetée dans le four, combien plus vous-mêmes hommes de peu de foi ! Ne vous inquiétez donc pas, en disant : Que mangerons-nous, ou que boirons-nous, ou de quoi nous couvrirons-nous ? Car ce sont les païens qui se préoccupent de toutes ces choses ; mais votre Père sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez donc premièrement le Royaume de Dieu et sa Justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît » (Matthieu 6, 24-33).

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PRÉLUDE I : Se représenter une foule immense rassemblée au pied de la montagne, et Jésus assis au sommet, d'où Il adresse à tous des Paroles de Salut.

PRÉLUDE II : Daignez, ô mon Dieu, me faire bien comprendre combien Votre aimable et paternelle Providence est attentive à pourvoir à tous nos besoins, afin que, Lui abandonnant tout ce qui me regarde, je n'ai plus d'autre soin que celui de Vous plaire.

POINT I : Dieu prend soin de tout ce qu'Il a créé, mais particulièrement de nous. Ne vous inquiétez point où vous trouverez de quoi manger pour le soutien de votre vie, ni d'où vous aurez des vêtements pour couvrir votre corps. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Ces Paroles renferment un puissant motif d'abandon à la Divine Providence. C'est notre Dieu Lui-même qui nous Les adresse ; et non content de nous faire un Commandement de Lui abandonner le soin de tout ce qui nous regarde, Il nous fait remarquer que, nous ayant donné le corps et la vie, il peut bien plus facilement encore pourvoir aux besoins de l'un et de l'autre ; ensuite Il rappelle le soin qu'Il daigne prendre de tout ce qui existe, et nous remet sous les yeux la préférence qu'Il nous donne sur les autres créatures. Considérez, dit-Il, les oiseaux du ciel : ils ne sèment point, ils ne moissonnent point, et ils n'amassent rien dans des greniers ; mais votre Père Céleste les nourrit. N'êtes-vous pas beaucoup plus qu'eux ? Il nous présente encore un autre motif d'Abandon, l'impuissance où nous sommes de rien changer à ce qu'Il fait en nous. Et qui est celui d'entre vous qui puisse, avec tous ses soins, ajouter à sa taille la hauteur d'une coudée ? Jésus revient sur le touchant détail des soins qu'Il prend de toute la nature. Considérez les lys des champs ; ils ne travaillent point, ils ne filent point. Et cependant je vous déclare que Salomon même dans toute sa gloire n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux. Si donc Dieu a soin de vêtir de cette sorte une herbe des champs qui est aujourd'hui, et qui sera demain jetée dans le four, combien aura-t-Il plus de soin de vous vêtir, ô hommes de peu de Foi ! Quel sujet de pieuses réflexions ! Les Soins attentifs de mon Dieu me sont prodigués à toute heure. Il fait servir toutes Ses créatures à mon bien, et veille Lui-même sur moi avec une Bonté de Père. Ah ! L’obligation qu'Il m'impose aujourd'hui de me confier en sa Providence ne doit-Elle pas être, et mon devoir le plus cher, et ma plus douce consolation ?

POINT II : Dieu prend soin de nous, parce qu'Il est notre Père. Ne vous inquiétez donc point, en disant : Que mangerons-nous, ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous comme font les païens qui recherchent toutes ces choses : car votre Père sait que vous en avez besoin. Combien ces Paroles sont propres à remplir notre cœur d'une confiance sans bornes ! Dieu est notre Père et le Meilleur des Pères. Quel est l'enfant qui, voyant son père riche et puissant, ne se tiendrait pas assuré de ne manquer de rien ? Son espérance serait fondée sans doute ; la nôtre l'est bien plus encore : les richesses de tous les grands du monde n'égaleront jamais Celles de notre Père Céleste ; et son Cœur est plus Tendre que celui du meilleur des pères. Notre-Seigneur ajoute : Cherchez donc premièrement le Royaume de Dieu et sa Justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. Ce n'est point pour autoriser la paresse des hommes, que la Divine Providence daigne pourvoir à leurs besoins ; mais Elle veut que travaillant sans inquiétude pour se procurer les choses nécessaires à la vie, ils fassent du Salut l'objet de leur soin principal. Soyez donc sans inquiétude pour le lendemain, ajoute encore Jésus, car le lendemain aura soin de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine les besoins du lendemain trouveront dans les Trésors de la Céleste Providence, les Secours nécessaires, car jamais Dieu ne manquera à ceux qui se confient en Lui, et Le servent avec fidélité.

COLLOQUE : Gravez, ô mon Jésus, ces Vérités si consolantes dans mon cœur, et ne permettez pas qu'Elles s'en effacent jamais. Faites, ô divin Maître, que je mette mon bonheur à m'abandonner à Votre Bon Plaisir, comme l'enfant s'abandonne à la sollicitude de sa mère, sans trouble, sans inquiétude et sans aucune défiance.

RÉSOLUTIONS : Faire souvent dans la journée des Actes d'Abandon à la Providence.

BOUQUET SPIRITUEL : Votre Père sait de quoi vous avez besoin.

PRIÈRE : Pater Noster


Ainsi soit-il.


Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt S.A.D. (1812-1903) - « Méditations pour tous les Jours et Fêtes de l'année selon la Méthode de Saint Ignace sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ », Abandon à la Providence Céleste et Divine selon le Saint Évangile (Matthieu 6, 24-33) du Quatorzième Dimanche après la Pentecôte, pages 168-171, Tome 4, Périsse Frères Paris Lyon, 1854.


Voir également de Monsieur l’Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt:
- La Méditation sur le Miracle de la Multiplication des Pains « Ô mon Sauveur, faites-moi la Grâce d'imiter la docilité de vos Apôtres et la ferveur de ce peuple qui abandonne tout pour Vous suivre » de l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de l'économe infidèle « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de me préparer avec soin à la mort, afin que je puisse Vous rendre avec confiance un compte exact de toutes vos Grâces » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation lorsque Jésus pleure sur Jérusalem « Cœur adorable de Jésus, accordez-moi la Grâce de m'intéresser comme Vous au Salut des pauvres pécheurs » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole du Pharisien et du Publicain « Ô Jésus, Modèle parfait d'Humilité, donnez-moi cette Vertu » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de la Guérison du Sourd-Muet « Ô Jésus, guérissez-moi de mes infirmités à l'égard des choses du Salut » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison des dix lépreux « Que Vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour tous les Biens que j'ai reçus de Vous » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Abandon à la Providence Céleste et Divine « Faites, ô divin Maître, que je mette mon bonheur à m'abandonner à Votre Bon Plaisir » de Monsieur l’Abbé de Brandt