MÉDITATION POUR LE VINGTIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE


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« En ce temps-là, il y avait un officier du roi, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus venait de Judée en Galilée, il alla auprès de Lui, et Le pria de descendre, et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui dit : Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point. L’officier Lui dit : Seigneur, descendez avant que mon fils meure. Jésus lui dit : Va, ton fils vit. Cet homme crut à la Parole que Jésus lui avait dite, et il s’en alla. Comme déjà il descendait, ses serviteurs vinrent au-devant de lui, et lui annoncèrent que son fils vivait. Il leur demanda l’heure à laquelle il s’était trouvé mieux ; et ils lui dirent : Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : Ton fils vit ; et il crut, lui, et toute sa maison » (Jean 4, 46-53)


PRÉLUDE I : Nous représenter l'empressement de ce père affligé à chercher pour son fils la guérison qu'il désirait

PRÉLUDE II : Daignez m’inspirer, ô Jésus, une Vive Foi et une grande confiance en votre Bonté infinie, puisque ces dispositions Vous honorent et obtiennent Tout de Votre Divin Cœur.

POINT I : Avec quelle ardeur nous devons recourir à Jésus-Christ, dans toutes les peines et toutes les afflictions de la vie. Jésus alla pour la seconde fois à Cana, en Galilée, où Il avait changé l'eau en vin. Or il y avait là un seigneur dont le fils était malade à Capharnaüm. Ce seigneur, ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, alla Le trouver. Considérons l'empressement de ce père affligé de l'état de son fils, et le soin qu'il prend de s'informer de tout ce qui concerne Jésus-Christ, afin d'obtenir la guérison de l'objet de sa tendresse. Il n'épargne ni soins, ni peines, ni recherches ; il apprend que Jésus a quitté la Judée, il Le suit par la Samarie, et va Le trouver en Galilée. Avons-nous les mêmes soins, les mêmes sollicitudes pour notre Salut, pour la guérison spirituelle de nos âmes, pour notre avancement dans la perfection ; pour le Salut de ceux qui nous sont chers ? Cherchons-nous Jésus, sa Présence, son Secours avec le même empressement que ce père affligé ? Prenons-nous les mêmes moyens pour nous instruire de tout ce qui concerne le Salut de nos âmes ? Oh ! Que la conduite de ce seigneur, gentil, condamnera de Chrétiens lâches, indifférents pour les intérêts de leurs âmes ! Pour nous, quand il s'agit de travailler à notre Salut et à notre Perfection, de faire à Dieu quelques sacrifices, de nous donner quelques peines, quelques soins, pour les Intérêts de Jésus, pour le bien de notre prochain, pour notre avancement dans la perfection, tout nous épouvante, la moindre difficulté nous arrête. Ô mon âme, quel est notre zèle pour la Sanctification des âmes ? Que faisons-nous pour leur être utile ? Quels sont nos sentiments à la vue des dangers qui environnent les élèves que nous instruisons ou dont nous avons fait l'éducation ? Quel soin en prenons-nous lorsqu'elles sont sorties de nos écoles, ne les oublions-nous pas entièrement ? Ô mon Jésus, pénétrez nos cœurs de la plus tendre Charité envers les enfants.

POINT II : Qu'il faut nous adresser à Jésus avec ferveur pour obtenir notre guérison et celle des âmes qui nous sont chères. Et il pria Jésus de venir guérir son fils ; car il se mourait. Il trouve Jésus à Cana : il court Lui raconter le sujet de son affliction. Il prie avec confiance et humilité. Si sa prière était imparfaite, du moins était-elle respectueuse, fervente, humble et confiante. Recourons-nous de même à Jésus dans nos peines et dans nos besoins ? Nos prières ont-elles les mêmes qualités ? Hélas ! Seigneur, qu'elles sont languissantes ! Et je ne dois pas m'étonner si je suis toujours dans les peines et les afflictions, c'est que j'oublie d'où me peuvent venir les Secours dont j'ai besoin ! Admirons la persévérance de cet étranger. Sa Foi imparfaite avait besoin d'instruction : Si vous ne voyez, vous autres grands du monde, des Miracles et des Prodiges, vous ne croyez point. Que d'Instructions dans ces Paroles de la Sagesse incréée ! Elles renferment des considérations propres à abaisser notre orgueil, et à le guérir de ses vaines prétentions. Âmes religieuses, apprenons de la Bouche de la Vérité même, à nous préserver de cet orgueil secret qui se glisse dans les états les plus Saints, qui se couvre sous le voile religieux, et qui sous de vains prétextes nous fait rechercher les distinctions et les préférences. Sachons que cet orgueil secret déplaît infiniment au Cœur Humble de notre Divin Sauveur ! Sachons que Ses Grâces de choix, Ses tendres Complaisances ne seront que pour les cœurs humbles, petits, qui se méprisent eux-mêmes. Jésus, par cette réprimande, humilie l'orgueil de ce seigneur. Mais celui-ci ne se rebute pas, il s'humilie, il persévère dans sa prière : Seigneur, venez avant que mon fils meure. Heureux père ! Votre persévérance va être couronnée ! Allez, lui dit Jésus, votre fils est guéri. Ô mon âme, apprenons à connaître la Bonté, la Miséricorde de notre Divin Maître : s'Il nous afflige, s'Il nous reprend, s'Il nous rebute, s'Il diffère de nous exaucer, c'est toujours Son Amour qui Le fait agir, pour exercer notre Foi, exciter notre Ferveur et notre Confiance, et toujours pour notre plus grand Avantage.

COLLOQUE : Ô Jésus, mon Charitable Médecin, Vous savez combien je désire ma guérison spirituelle, Vous êtes ma Vie, ma Lumière, ma Force, mon Soutien, venez, guérissez mon âme de ses langueurs. Sans Vous tout est mort en elle, venez promptement à son Secours. Ah ! Seigneur, j'ose Vous demander aussi la guérison spirituelle de ces chères enfants que Vous m'avez confiées ; faites qu'aucune d'elles ne périsse, mais que toutes ensemble nous ayons le bonheur de vivre de Votre Amour en ce monde et de jouir de Votre Gloire en la Céleste Patrie.

RÉSOLUTIONS : Nous adresser souvent à Jésus pour Le prier de guérir les maux de nos âmes et ceux des âmes de nos chères enfants.

BOUQUET SPIRITUEL : Venez, Seigneur, avant que mon fils meure.

Ainsi soit-il.


Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt S.A.D. (1812-1903) - « Méditations pour tous les Jours et Fêtes de l'année selon la Méthode de Saint Ignace sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ », Guérison du Fils d'un Officier à Capharnaüm (Jean 4, 46-53) du Vingtième Dimanche après la Pentecôte, pages 50-54, Tome 5, Périsse Frères Paris Lyon, 1854.


Voir également de Monsieur l’Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt:
- La Méditation sur le Miracle de la Multiplication des Pains « Ô mon Sauveur, faites-moi la Grâce d'imiter la docilité de vos Apôtres et la ferveur de ce peuple qui abandonne tout pour Vous suivre » de l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de l'économe infidèle « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de me préparer avec soin à la mort, afin que je puisse Vous rendre avec confiance un compte exact de toutes vos Grâces » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation lorsque Jésus pleure sur Jérusalem « Cœur adorable de Jésus, accordez-moi la Grâce de m'intéresser comme Vous au Salut des pauvres pécheurs » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole du Pharisien et du Publicain « Ô Jésus, Modèle parfait d'Humilité, donnez-moi cette Vertu » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de la Guérison du Sourd-Muet « Ô Jésus, guérissez-moi de mes infirmités à l'égard des choses du Salut » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison des dix lépreux « Que Vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour tous les Biens que j'ai reçus de Vous » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Abandon à la Providence Céleste et Divine « Faites, ô divin Maître, que je mette mon bonheur à m'abandonner à Votre Bon Plaisir » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Prière « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de vénérer avec amour Votre Sainte Croix » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Résurrection du fils de la veuve de Naïm « Ô Jésus, séchez les larmes que l'Église répand sur Ses enfants ensevelis dans la mort du péché » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Humilité « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de devenir véritablement Humble » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison du Paralytique « Inspirez-moi, ô divin Jésus, une confiance qui mérite d'obtenir la guérison de mon âme » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole du Festin des Noces du Fils d'un Roi « Faites, Seigneur, que je mérite d'être admis aux Noces de l'Agneau pour Vous louer dans tous les siècles » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison du Fils d'un Officier à Capharnaüm « Daignez m’inspirer, ô Jésus, une Vive Foi » de Monsieur l’Abbé de Brandt