MÉDITATION POUR LE DIX-HUITIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE SUR LA GUÉRISON DU PARALYTIQUE


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« Jésus revint à Capharnaüm ... Alors on Lui amena un paralytique qui était porté par quatre hommes » (Marc 2, 3)


ORAISON PRÉPARATOIRE : Faites, ô mon Dieu, que, pendant cette méditation, toutes les pensées de mon esprit, toutes les affections de mon cœur, toutes les opérations de mon âme, tendent purement et uniquement au Service et à la Gloire de Votre Divine Majesté. Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de Vos fidèles, et allumez en eux le Feu sacré de votre Amour.

PRÉLUDE I : Nous figurer la maison où Jésus est entré ; sa Présence y attire une telle foule de monde qu'on n'y peut pénétrer.

PRÉLUDE II : Inspirez-moi en Vous, ô divin Jésus, une confiance digne de Votre puissante Bonté et qui mérite d'obtenir la guérison de mon âme.

POINT I : L'âme tiède est figurée par ce paralytique. Le pitoyable état de ce malade, couché dans son lit, sans mouvement, est l'image frappante d'une âme lâche et tiède. Elle lui ressemble dans sa langueur et ses peines. Dans sa faiblesse, elle n'a ni le courage de soutenir la moindre attaque de ses ennemis, ni la force de supporter la peine la plus légère, et ce qu'il y a de pire, c'est qu'elle tombe souvent et ne veut rien faire pour se relever. Elle lui ressemble dans son inaction : voyons-la, fait-elle un seul pas dans la Sainteté ? Toutes ses puissances sont engourdies, elle est sans mouvement pour la Vertu ; les lumières et les inspirations de la Grâce sont pour elle sans effet. Enfin elle ressemble au paralytique dans sa langueur et ses peines : privée des consolations célestes, elle ne goûte ni les douceurs de la mortification, ni celles de l'oraison ; les exercices d'humilité, l'accomplissement des devoirs de son état, tout, dans les pratiques de piété, lui est insipide. Pour avoir les consolations de la piété, dit Saint François de Sales, il faut avoir de la fermeté en ce qui regarde la vie spirituelle ; la plupart se laissent conduire à leurs petites passions plutôt qu'à la raison. Ils ne veulent s'assujettir à aucune règle ; ils veulent qu'on s'accommode à leur humeur, et ne veulent point se faire à l'humeur des autres ; ils suivent leurs affections et leurs inclinations particulières, sans cependant que cela soit considéré comme un vice ; est-ce merveille que ces personnes ne goûtent point les douceurs et les consolations de la piété ? Ce n'est pas ainsi qu'on doit faire quand on veut travailler à son Salut. Il faut être constant, s'élever au-dessus des variations et des alternatives de la vie spirituelle. Il faut servir Dieu pour son Amour et non pour ses Consolations. Dieu est toujours le même, aussi digne d'être aimé quand nous ne sommes point en consolations, que quand nous y sommes !

POINT II : Avec quel empressement il faut s'adresser à Jésus pour être guéri des maladies de l'âme. Les peuples qui accouraient de tous côtés pour obtenir de ce bon Sauveur des guérisons miraculeuses, méritent de nous être proposés pour modèles. Voyons les habitants de Capharnaüm dans l'attente du retour de Jésus, et dans l'accueil qu'ils Lui font, lorsqu'Il rentre dans leur ville ; voyons ensuite la foule rassemblée dans la maison où Il est, les pharisiens même et les docteurs de la loi venus de Jérusalem, de tous les villages de la Galilée et de la Judée, pour Le voir, L'entendre et Lui présenter des malades : quel empressement, quelle confiance, quelle ardeur ! La foule empêche d'entrer, on monte sur le toit et l'on pénètre jusqu'à Lui. Ah ! Qu’une telle Foi est propre à confondre la nôtre, si, connaissant toute la Puissance de Jésus, nous laissons notre âme languir dans une tiédeur funeste sans la Lui présenter avec cette confiance qui obtient tout de son Cœur ! Nous possédons au milieu de nous ce tout-puissant Sauveur ; très-souvent même, par un excès de Sa tendresse, Il vient visiter notre intérieur afin d'y opérer les prodiges de Sa charité. Pour agir, Il n'attend de notre part qu'une confiance vive dans les effets de son Amour ; mais l'indifférence que souvent Il y trouve, L'oblige à se retirer sans laisser, comme dans tous les pays qu'Il parcourait, les traces bienfaisantes de Sa bonté. Ayons honte d'une insouciance aussi dangereuse, et apprenons, de la ferveur de ces peuples, la manière de nous présenter à Jésus, pour ressentir les effets de Sa toute-puissance et de Sa bonté.

COLLOQUE : Ô mon Sauveur, j'ai grand sujet de me confondre et de me reprocher la tiédeur dans laquelle je vis à Votre service. Quoi ! Je languis depuis si longtemps, malgré les Grâces dont votre Présence divine nous enrichit ! Ah ! Qu’un si dangereux engourdissement excite Votre compassion ! Ô bon Maître, me voici devant Vous : un regard de Votre part, s'il Vous plaît, une parole de bonté, et je me lèverai, je sortirai de ma paresse et Vous servirai avec ferveur.

RÉSOLUTIONS : Bannir toute négligence dans nos exercices de piété, dans l'accomplissement de nos devoirs et la pratique des Vertus.

OFFRANDE DES RÉSOLUTIONS : Je Vous offre, ô mon Dieu, ces résolutions ; je ne puis y être fidèle, si Vous ne daignez les bénir ; mais j'espère de Votre bonté cette Bénédiction, que je Vous demande au nom et en vue des Mérites de Jésus, mon divin Sauveur. Vierge Sainte, mon bon ange, mes saints patrons, obtenez-moi la Grâce de garder ces résolutions avec une fidélité parfaite.

BOUQUET SPIRITUEL : Celui qui espère au Seigneur ne sera jamais confondu

Ainsi soit-il.


Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt S.A.D. (1812-1903) - « Méditations pour tous les Jours et Fêtes de l'année selon la Méthode de Saint Ignace sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ », Guérison du Paralytique (Marc 2, 1-12 ; Matthieu 9, 1-8) du Dix-Huitième Dimanche après la Pentecôte, pages 1-5, Tome 5, Périsse Frères Paris Lyon, 1854.


Voir également de Monsieur l’Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt:
- La Méditation sur le Miracle de la Multiplication des Pains « Ô mon Sauveur, faites-moi la Grâce d'imiter la docilité de vos Apôtres et la ferveur de ce peuple qui abandonne tout pour Vous suivre » de l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de l'économe infidèle « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de me préparer avec soin à la mort, afin que je puisse Vous rendre avec confiance un compte exact de toutes vos Grâces » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation lorsque Jésus pleure sur Jérusalem « Cœur adorable de Jésus, accordez-moi la Grâce de m'intéresser comme Vous au Salut des pauvres pécheurs » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole du Pharisien et du Publicain « Ô Jésus, Modèle parfait d'Humilité, donnez-moi cette Vertu » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de la Guérison du Sourd-Muet « Ô Jésus, guérissez-moi de mes infirmités à l'égard des choses du Salut » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison des dix lépreux « Que Vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour tous les Biens que j'ai reçus de Vous » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Abandon à la Providence Céleste et Divine « Faites, ô divin Maître, que je mette mon bonheur à m'abandonner à Votre Bon Plaisir » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Prière « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de vénérer avec amour Votre Sainte Croix » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Résurrection du fils de la veuve de Naïm « Ô Jésus, séchez les larmes que l'Église répand sur Ses enfants ensevelis dans la mort du péché » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Humilité « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de devenir véritablement Humble » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison du Paralytique « Inspirez-moi, ô divin Jésus, une confiance qui mérite d'obtenir la guérison de mon âme » de Monsieur l’Abbé de Brandt