La méditation sur la Prière « Seigneur, donne-moi un cœur simple, sans méchanceté, croyant, aimant, généreux, … » de Saint Jean de Cronstadt :

« La prière atteste mon existence raisonnable, ma ressemblance avec Dieu, elle est le gage de ma béatitude future et de ma déification. Je suis créé de rien, je ne suis rien devant Dieu, quelqu’un qui n’a rien en propre; mais par Sa miséricorde, je suis en même temps une personne, avec une intelligence, un cœur, un libre arbitre. En toute liberté, je sais m’adresser à Lui avec mon cœur et mon intelligence , faire croître ainsi en moi Son Royaume et Ses dons et m’abreuver à Lui comme à une source inépuisable et éternelle de biens spirituels et matériels, mais surtout spirituels. La prière me révèle que je suis créé à l’image de Dieu. En usant de mon libre arbitre avec une disposition intérieure humble et reconnaissante, je peux voir fructifier en moi à l’infini les dons spirituels de Dieu et accroître ainsi indéfiniment ma ressemblance avec Lui et la béatitude céleste à laquelle je suis destiné. Dieu est Vérité et ma prière doit être vraie aussi, comme ma vie. Dieu est lumière et ma prière doit être prononcée dans la lumière de l’intellect et du cœur. Dieu est feu et ma prière comme ma vie doit être ardente. Dieu est entièrement libre et ma prière doit être un libre épanchement du cœur. Quelle richesse connaît l’esprit humain dès qu’il pense à Dieu, dès qu’il désire l’union du cœur avec Lui ! Ni les murs d’une maison, ni la serrure d’une prison, ni les montagnes, ni les précipices ne pourront faire obstacle à cette union. Dieu est immédiatement près de moi, comme les anges et les Saints. En priant, nous devons absolument maîtriser notre cœur et le diriger vers Dieu. Il ne doit pas être froid, rusé, infidèle ou faux. Quelle serait sinon l’utilité d’une telle prière, d’une telle ascèse ? Craignons d’entendre la voix irritée du Seigneur : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de Moi » (Mt 15, 8). Ne soyons pas à l’église avec l’âme affaiblie mais que l’esprit de chacun brûle en œuvrant pour le Seigneur. Les hommes eux-mêmes n’apprécient pas les services rendus avec froideur et par habitude. Dieu veut notre cœur : « Mon fils, donne-moi ton cœur » (Pr 23, 26). Le cœur est ce qu’il y a de plus important dans l’homme, sa vie même. Celui qui ne prie pas ou ne sert pas Dieu avec son cœur est comme celui qui ne prie pas du tout. Seul le corps d’un tel homme prie et pas son âme. Tant que notre prière est fervente, tout dans l’âme est calme, chaleureux, léger et clair car nous sommes avec Dieu et en Dieu. Dès que nous abandonnons la prière, les tentations et les troubles surviennent. Oh, le bienheureux temps de la prière ! Si l’on ne perçoit pas la vérité des paroles pendant la prière, c’est qu’on manque de foi et qu’on ne reconnaît pas son état de pécheur, c’est que l’orgueil est derrière tout cela. En scrutant ses sentiments pendant la prière, l’homme voit s’il est orgueilleux ou humble. Plus la prière est ardente, plus l’homme est humble; plus elle est froide, plus il est orgueilleux. Lorsque tu invoques notre Dieu en trois Personnes, souviens-toi que tu t’adresses au Père, Dieu de toutes les créatures, des anges et des hommes. A cet instant, toutes les puissances célestes t’admirent et te regardent avec amour parce que tu te tournes avec foi et vénération vers ce Dieu Tout-Puissant qu’elles aiment infiniment. Quel bonheur, quelle béatitude, quelle grandeur et quel honneur de prier le Père éternel ! Attache toujours beaucoup de prix à ce bonheur suprême que Dieu t’a octroyé dans Sa bonté et ne sois pas distrait pendant la prière. Dieu, les anges et les Saint écoutent. Lorsque tu pries notre Souveraine, la Toute Sainte et toujours Vierge Marie Mère de Dieu ou un Saint, aie bien conscience que tu es membre de l’église et que tu es intimement lié à tous les habitants du ciel, comme une pierre de l’édifice. Si tu envisages les choses ainsi, tu comprendras pourquoi tes prières parviennent si facilement jusqu’aux Saints. Nous avons tous un seul chef, le Christ (Ep 1, 22) et nous sommes tous animés par le même Esprit. A la maison, en terminant les prières du matin et du soir, invoque les saints Patriarches, les Prophètes, les Apôtres, les saints Hiérarques, les Confesseurs, les saints Moines, les Ascètes et les Anargyres afin que, voyant en eux la plénitude de toutes les vertus, tu puisses les imiter en tout. Chez les Patriarches, admire la foi semblable à celle des enfants et l’obéissance au Seigneur. Chez les Prophètes et les Apôtres, apprends le zèle pour Dieu et l’inlassable travail d’affermissement du prochain dans la foi, l’espérance et l’amour. Chez les Martyrs et les Confesseurs, admire la fermeté dans la foi et la piété face aux incroyants et aux impies. Observe comment les Ascètes ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises par la prière et la méditation ! Imite le désintéressement et l’aide portée par les Anargyres aux nécessiteux. La Parole de Dieu est comme Dieu Lui-même, il faut donc croire à toute parole du Seigneur sans douter. Elle agit et ta parole doit agir : si tu l’as donnée, accomplis-la sans défaillance. Pendant la prière, nos paroles doivent être un acte de vérité et non un mensonge, une hypocrisie ou une flatterie. Ainsi doit-il en être pour toute notre vie. Pendant la prière, sois bien persuadé que chacune de tes pensées, chacune de tes paroles, peut se réaliser : « Rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37) « Celui qui s’attache au Seigneur est avec Lui un seul Esprit » (1Co 6, 17). Ta parole n’est pas sans effet : « Tout est possible à celui qui croit » (Mc 9, 23). Veille sur elle, elle est précieuse : « Pour chaque parole vaine, les hommes rendront compte au jugement » (Mt 12, 36). Ne sois pas paresseux pour prier avec zèle pour les autres, que ce soit à leur demande ou non. Tu recevras un don de Dieu, la grâce de Dieu dans le cœur, qui te réjouira et te fortifiera dans la foi et l’amour. Ces paroles sont vraies, elles sont dites d’expérience. Souvent nous prions pour les autres sans bonne volonté, par nécessité ou par habitude. Il faut se forcer à prier de tout son cœur avec beaucoup de foi et d’audace, afin de recevoir de Dieu une grande et abondante miséricorde. « Qu’on demande avec foi, sans douter, car celui qui doute est semblable aux flots de la mer, agité par le vent et poussé d’un côté et de l’autre » (Jc 1, 6). « Priez les uns pour les autres afin que vous soyez guéris » (Jc 5, 16). L’église qui prie dans la concorde est une grande force de Dieu qui vainc les armées des démons et obtient du Seigneur tout don parfait, toute aide, toute protection, libération et salut. Seigneur ! Donne-moi un cœur simple, sans méchanceté, croyant, aimant, généreux, un digne tabernacle pour Te recevoir ! Seigneur ! Fais que tes talents, se multiplient en chacun de nous ! Amen. »

Saint Jean de Cronstadt (1829-1908)

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Voir également de Saint Jean de Cronstadt :
La Prière de Saint Jean de Cronstadt « Ô Seigneur Très Miséricordieux, accorde-moi le don divin de la Prière sainte »
La Prière de St Jean de Cronstadt « Souvent, pendant la journée, j'ai été un grand pécheur »
La Prière de Saint Jean de Cronstadt « Gloire à Toi, ô Esprit Saint, Consolateur dispensateur de la vie »
La Prière pour les Prêtres de Saint Jean de Cronstadt « Ô Seigneur, fais que tes Prêtres soient revêtus de justice »
La méditation sur la Prière « Seigneur, donne-moi un cœur simple, sans méchanceté, croyant, aimant, généreux, … » de Saint Jean de Cronstadt
La Prière sur la Sainte Communion « Fortifie, ô Dieu, ce que Tu as créé en moi » de Saint Jean de Cronstadt
La Prière de Saint Jean de Cronstadt « Seigneur Jésus‐Christ, accorde‐nous des intercesseurs pour T’invoquer »