MÉDITATION POUR LE QUINZIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE


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PRÉLUDE I : « En ce temps-là, Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm ; et Ses disciples allaient avec Lui, ainsi qu’une foule nombreuse. Et comme Il approchait de la porte de la ville, voici qu’on emportait un mort, fils unique de sa mère, et celle-ci était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de personnes de la ville. Lorsque le Seigneur l’eut vue, touché de compassion pour elle, Il lui dit : « Ne pleure point ». Puis Il s’approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Et Il dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi ». Et le mort se mit sur son séant, et commença à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, en disant : « Un grand Prophète a surgi parmi nous, et Dieu a visité son Peuple » (Luc 7, 11-16).

PRÉLUDE II : Se représenter, aux portes de Naïm, un convoi funèbre, une mère désolée et Jésus qui s'approche, accompagné de Ses disciples.

PRÉLUDE III : Divin Jésus, faites-moi connaître quelle est la Bonté de votre Cœur Sacré, et daignez inspirer au mien les sentiments d'amour et de confiance qu'il Vous doit.

POINT I : Considérer les personnes. Représentons-nous ce convoi funèbre. C'est un jeune homme qu'on porte en terre ; un fils unique mort à la fleur de son âge... enlevé au monde, aux plaisirs, aux biens, aux espérances flatteuses du siècle... accompagné avec pompe d'un cortège nombreux, d'une multitude de parents, d'amis dans le deuil, l'affliction et les larmes. Voilà le monde, tel qu'il faut le considérer pour en juger sainement. Ô monde faux et trompeur, en vain tu étales ton luxe, tes richesses ; tu vantes tes plaisirs, tes superbes fêtes, ta gloire et tes honneurs... tu es contraint, à la mort, de changer tes décorations et de nous présenter de ces scènes lugubres qui découvrent ta faiblesse et ton néant. Âmes Chrétiennes, rappelons-nous nos hautes destinées, ne nous laissons point séduire par le vain éclat du monde, quelques promesses qu'il nous fasse ; il ne peut nous garantir la Vie. Si elle nous est ôtée, tout ce qu'il peut faire pour nous, c'est de nous conduire en pompe au lieu de notre sépulture, où seront ensevelis avec nous, nos noms, nos titres, notre mémoire, nos vaines espérances. Ah ! Plutôt attachons-nous au Vainqueur de la mort, suivons Jésus en renonçant au monde, rappelons-nous les engagements de notre Saint Baptême, notre renoncement à Satan, à ses pompes, à ses œuvres et notre dévouement à Jésus- Christ pour toujours.

POINT II : Écouter les paroles et considérer les actions. Jésus, accompagné de ses Apôtres, se dirige vers Naïm ; Il sait que, sur son chemin, Il trouvera une mère désolée ; Il va la consoler. Considérons ce Charitable Sauveur allant au-devant de toutes les misères humaines : en tout temps, même modestie, même douceur. Il s'avance donc avec Bonté à la rencontre du triste convoi. Consolez-vous, pauvre mère, voici Jésus qui s'approche, son Cœur entend vos soupirs, Il voit vos larmes, et votre douleur va bientôt être changée en joie car, à la Présence de ce tendre Père, de ce bon Sauveur, tout chagrin disparaît ; avec Lui arrivent la Paix, le Bonheur et tous les Biens. En effet, quelle est la Première Parole qui va sortir de Sa bouche adorable ! Parole de Bonté, Parole de Consolation. Ne pleurez point, dit-Il à cette mère affligée. Qui donc peut tenir ce langage dans une situation si douloureuse ? Ah ! Il n'y a que Vous, ô divin Jésus, qui puissiez parler de la sorte, Vous Seul êtes Puissant, Vous seul pouvez tarir la source de nos larmes, ou les faire couler avec douceur. Heureux moment où Jésus dit à une âme : Ne pleurez point, ou ne pleurez que pour moi et vos larmes seront votre consolation ! Ah ! Si nous avions recours à Jésus-Christ dans nos peines, Il nous ferait entendre au fond du cœur cette Parole consolante : Ne pleurez point... je veux réparer toutes vos pertes et les faire tourner à votre avantage. Ne pleurez que vos péchés, et ne versez de larmes que celles de la Pénitence. Ô Jésus, accordez à l'Église, ma tendre Mère, la conversion parfaite de mon cœur, si souvent la victime du péché ; séchez les larmes qu'Elle répand sur Ses enfants ensevelis dans la mort du péché, arrêtez les progrès de l'iniquité et consolez cette Mère affligée.

COLLOQUE : Comment, après avoir médité sur la Tendre Compassion de votre Cœur Sacré en faveur de tous les misérables, pourrais-je, ô mon Jésus, avoir encore quelque défiance et me désoler à la vue des maux spirituels qui m'affligent ? Ah ! Ce serait blesser votre Cœur Bienfaisant et oublier les Miséricordes dont Il a usé tant de fois à mon égard ! Non, jamais plus de défiance, mon âme fût-elle dans un état de mort ; car alors je Vous prierais de Vous approcher de moi ; et, comme Vous avez le Pouvoir de Ressusciter les morts, j'attendrais de Vous la Résurrection et la Vie. Parlez souvent à mon âme, dites-lui qu'elle s'élève vers Vous, par le désir de Vous plaire et de Vous contenter en Tout.

RÉSOLUTIONS : Nous adresser au Cœur de Jésus avec confiance et amour dans toutes nos peines, nos difficultés, nos tentations, nos chutes même.

BOUQUET SPIRITUEL : Ne pleurez point... Jeune homme, levez-vous !

Ainsi soit-il.


Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt S.A.D. (1812-1903) - « Méditations pour tous les Jours et Fêtes de l'année selon la Méthode de Saint Ignace sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ », Résurrection du fils de la veuve de Naïm selon le Saint Évangile (Luc 7, 11-16) du Quinzième Dimanche après la Pentecôte, pages 193-196, Tome 4, Périsse Frères Paris Lyon, 1854.


Voir également de Monsieur l’Abbé Charles Michel Alexandre de Brandt:
- La Méditation sur le Miracle de la Multiplication des Pains « Ô mon Sauveur, faites-moi la Grâce d'imiter la docilité de vos Apôtres et la ferveur de ce peuple qui abandonne tout pour Vous suivre » de l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de l'économe infidèle « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de me préparer avec soin à la mort, afin que je puisse Vous rendre avec confiance un compte exact de toutes vos Grâces » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation lorsque Jésus pleure sur Jérusalem « Cœur adorable de Jésus, accordez-moi la Grâce de m'intéresser comme Vous au Salut des pauvres pécheurs » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole du Pharisien et du Publicain « Ô Jésus, Modèle parfait d'Humilité, donnez-moi cette Vertu » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Parabole de la Guérison du Sourd-Muet « Ô Jésus, guérissez-moi de mes infirmités à l'égard des choses du Salut » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Guérison des dix lépreux « Que Vous rendrai-je, ô mon Dieu, pour tous les Biens que j'ai reçus de Vous » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur l’Abandon à la Providence Céleste et Divine « Faites, ô divin Maître, que je mette mon bonheur à m'abandonner à Votre Bon Plaisir » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Prière « Faites-moi la Grâce, Seigneur, de vénérer avec amour Votre Sainte Croix » de Monsieur l’Abbé de Brandt
- La Méditation sur la Résurrection du fils de la veuve de Naïm « Ô Jésus, séchez les larmes que l'Église répand sur Ses enfants ensevelis dans la mort du péché » de Monsieur l’Abbé de Brandt