« Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :



Travail apostolique, vision de gloire, intimité avec le Christ : telles sont les notes respectives des Trois Lectures de ce Dimanche. Il faut vivre sur ces trois plans pour faire l'expérience chrétienne dans toute son ampleur. Les Apôtres ont vécu une heure d'exceptionnelle intimité avec le Seigneur au soir du Jeudi Saint, quand Il leur a donné le Commandement nouveau de l'amour fraternel. Seule une expérience personnelle du Christ et l'attente de la Jérusalem d'en-Haut ont pu soutenir Saint Paul et ses collaborateurs dans les épreuves qu'ils subissaient pour le Nom de Jésus.


Parole de Dieu pour ce Cinquième Dimanche de Pâques : Le Commandement d'aimer « L’Amour peut-il-faire l’objet d'un Commandement ? Beau sujet pour l'épreuve de philosophie du baccalauréat. Prenez donc une feuille, vous avez quatre heures. Cependant, comme Jésus est notre Maître sans être professeur, Il n'attend pas de nous une dissertation mais une conversion. « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ». On peut entendre ce « comme» de deux façons. Il peut être le synonyme de « puisque Je vous ai aimés » : le Cœur de Jésus est la Source de l'Amour qui irrigue la communauté des disciples. Pourrais-je m'émerveiller d'être aimé par le Christ sans aimer à mon tour ceux qu'Il me donne pour frères ? « Comme Je vous ai aimés » peut aussi vouloir dire « à la manière dont Je vous ai aimés », c'est-à-dire jusqu'au bout, jusqu'au don de soi. Or quel disciple, si fervent soit-il, se sentirait capable d'imiter l'Amour du Christ pour l’humanité, Amour qui L'a conduit jusqu'à la Croix ? Ne baissons pas les bras. Le Commandement de l'amour fraternel est un chemin où nous marchons pas à pas, jour après jour. Jésus ne veut ni nous coincer ni nous prendre en défaut. Son Commandement pourrait-il être écrasant alors qu’Il dit : « Mon Joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » (Mt 11, 30) ? Plus nous progressons dans l'intimité avec notre Seigneur, plus nous expérimentons que son Amour libère en nous la capacité d'aimer. Le secret pour aimer, c'est d'abord de nous laisser aimer tel que nous sommes. Vainqueur de la mort et du péché, le Christ vient faire toutes choses nouvelles, changer notre cœur de pierre en cœur de chair » (Christelle Javary)


Méditation Dominicale pour ce Cinquième Dimanche de Pâques : Une nouvelle Religion « L'Ancien Testament annonce le Nouveau, le Nouveau Testament illumine l'Ancien. Tel est le rapport entre les deux principales parties de la Bible. Une grande partie de ce qui est dans les Évangiles était déjà annoncée par les Prophètes depuis longtemps, comme s'attache à le faire remarquer Saint Matthieu. Mais ça ne veut pas dire que les Prophètes eux-mêmes avaient la claire vision de ce qu'ils annonçaient. Ils ne comprenaient pas nécessairement que toute prophétie dit quelque chose de vrai à la fois sur un futur relativement proche, mais aussi sur la Venue du Messie, et sur la Fin des temps. Ce n'est qu'avec ce qu'a vécu Jésus que l'on a compris tout ceci. Cependant, même si le Nouveau Testament s'inscrit clairement dans la suite de l'Ancien, on y trouve des nouveautés (d'où son nom, forcément). L'une des plus grandes, et qui révolutionne totalement la façon dont on considère le domaine du religieux, c'est le Commandement de l'amour mutuel que Jésus nous a donné. Jusque-là, en effet, le rapport à Dieu faisait partie d'un cercle bien défini, qui n'avait pas de rapport direct avec la « vraie » vie. Il fallait aimer Dieu par-dessus tout, certes - ce Commandement n'est pas nouveau -, mais on considérait qu'on pouvait Le faire, en temps et lieu donné (par exemple au Temple de Jérusalem lors d'une fête religieuse), tout en menant par ailleurs notre vie comme bon nous semblait, par exemple en possédant des esclaves ou en faisant toute sorte de commerce à notre convenance, sans que cela concerne le moins du monde notre rapport à Dieu. Du moment que l'on faisait ce que Dieu demandait dans Son domaine, Il n'avait pas de raison de se mêler de ce qui ne Le regardait pas, c'est-à-dire notre vie en dehors des lieux et temps sacrés. Mais Jésus change les règles du jeu, car, désormais, l'amour que l'on professe pour Dieu devient irrémédiablement uni à l'amour que l'on doit avoir pour tout être humain qui croise un jour notre chemin. Ce qui fera dire à Saint Jean dans sa Première Lettre : « Si quelqu'un dit : "J'aime Dieu", alors qu'il a de la haine contre son frère, c'est un menteur. En effet, celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, est incapable d'aimer Dieu, qu'il ne voit pas. Et voici le Commandement que nous tenons de Lui : celui qui aime Dieu, qu'il aime aussi son frère ». Eh oui, le Commandement nouveau de Jésus, de nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés, ouvre grandes les portes du domaine du religieux, et inclut toute relation humaine dans notre rapport avec Dieu. On ne peut plus, désormais, dissocier ces deux mondes, et avoir d'un côté une morale irréprochable dans nos rapports avec Dieu, tandis que la morale de nos rapports humains serait laissée à notre libre appréciation et n'aurait rien à voir avec la religion. Cette nouveauté est tellement énorme qu'il n'est pas rare de trouver, deux mille ans plus tard, des chrétiens qui n'en ont toujours pas saisi la portée, et qui continuent à avoir une religion où le domaine de Dieu et le domaine des hommes sont séparés et sans rapport l'un avec l'autre. Comme c'est pratique, n'est-ce pas ? Je fais les trucs que Dieu demande, mais qu'Il ne se mêle pas du reste, maintenant que j'ai satisfait aux rituels auxquels Il tient ... C'est bien gentil, tout ça, mais ce n'est pas Chrétien. Si je ne cherche pas à donner ma vie par amour pour ceux que j'aime comme le Christ l'a fait, j'ai beau être pratiquant régulier et recevoir tous les Sacrements possibles, ça ne me sert à rien. Les Sacrements sont là pour m'aider à mettre le Commandement du Christ en pratique, et non pas pour m'absoudre de la nécessité de m'y efforcer. On voit d'ailleurs la limite de l'ancienne façon de voir avec la Crucifixion de Jésus : les autorités religieuses n'ont vu aucun paradoxe à faire exécuter quelqu'un, tant qu'on pouvait le justifier, même si c'était de façon parfaitement malhonnête et manipulatrice, par quelques principes religieux soigneusement extraits de leur contexte et du sens profond des Saintes Écritures. On pouvait prétendre honorer Dieu par l'exécution d'un innocent, sans que cela pose un problème incontournable ... On voit bien la perversion possible d'une telle façon de penser. Si vraiment nous avons pour ambition d'aimer Dieu en vérité, aimons l'humanité pour laquelle Il a donné Sa vie. Il n'y a rien de pire, pour des parents, que d'avoir des enfants qui passent leur temps à se taper dessus. Ne soyons pas ces enfants capricieux et violents devant Dieu notre Père. Aimer Dieu et aimer son prochain ne forment plus qu'un Commandement unique, désormais ». (Père Fabrice Chatelain)


Signe-de-Croix Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


Antienne d'ouverture de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :

« Chantez au Seigneur un chant nouveau, car Il a fait des Merveilles ; aux nations, Il a révélé sa Justice, alléluia.» (cf. Ps 97, 1-2)


Prière d'ouverture de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :

« Dieu éternel et tout-puissant, continue d'accomplir en nous le Mystère Pascal ; soutiens et protège ceux que Tu as voulu renouveler dans le Saint Baptême : qu'ils portent beaucoup de fruits et parviennent aux Joies de la Vie éternelle. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles »


Lectures de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :


Première Lecture du Livre des Actes des Apôtres (Ac 14, 21b-27) selon Saint Luc de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :

« Ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux »

« En ces jours-là, Paul et Barnabé, retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie ; ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de Dieu. » Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en Lui. Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent au port d’Attalia, et s’embarquèrent pour Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis ; c’est là qu’ils avaient été remis à la Grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie. Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment Il avait ouvert aux nations la porte de la foi ».

Le sens de cette Première Lecture du Livre des Actes des Apôtres (Ac 14, 21b-27) : C'est la dernière étape du premier voyage missionnaire de Paul et Barnabé. L'heure est à la consolidation des acquis : concrètement, les deux Apôtres nomment des responsables, que l'on appelle les « Anciens » pour ces Communautés Chrétiennes toutes neuves.


Psaume 144 (Ps 144 (145), 8-9, 10-11, 12-13ab) de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :

R/ Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton Nom toujours et à jamais ! ou Alléluia ! (cf. Ps 144, 1)

Le Seigneur est Tendresse et Pitié,
Lent à la colère et plein d’Amour ;
La Bonté du Seigneur est pour tous,
Sa Tendresse, pour toutes ses Œuvres.

Que tes Œuvres, Seigneur, Te rendent grâce
Et que Tes fidèles Te bénissent !
Ils diront la Gloire de ton Règne,
Ils parleront de tes Exploits.

Ils annonceront aux hommes tes Exploits,
La gloire et l’éclat de ton Règne :
Ton Règne, un Règne éternel,
Ton Empire, pour les âges des âges.


Deuxième Lecture de l’Apocalypse de Saint Jean (Ap 21, 1-5a) de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :

« Il essuiera toute larme de leurs yeux »

« Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du Ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. Et j’entendis une Voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la Demeure de Dieu avec les hommes ; Il demeurera avec eux, et ils seront Ses peuples, et Lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. » Alors Celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ».

Le sens de cette Deuxième Lecture de l’Apocalypse de Saint Jean (Ap 21, 1-5a) : À ceux qui s'impatientaient de ne pas voir s'installer le Règne de Dieu, Saint Pierre parlait au futur : « Nous attendons un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la Justice » (2P 3, 13). Dans l'Apocalypse, Saint Jean choisit un autre style : sa vision décrit l'espérance déjà réalisée. L'Alliance entre Dieu et l'humanité est si Parfaite que l'on peut parler de noces.


Alléluia ! Alléluia !

« Je vous donne un Commandement nouveau, dit le Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres, comme Je vous ai aimés » (cf. Jn 13, 34)

Alléluia !


Saint Évangile de Notre Seigneur Jésus Christ selon Saint Jean (Jn 13, 31-33a.34-35) de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :


« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres »

« Au cours du Dernier Repas que Jésus prenait avec Ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en Lui. Si Dieu est glorifié en Lui, Dieu aussi Le glorifiera ; et Il Le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que Je suis avec vous. Je vous donne un Commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme Je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres ».


Credo


Prière Universelle de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :

En ces Jours Saints, supplions le Père afin que la Pâque de son Fils unique, le Christ, apporte Grâce et Joie au monde entier :

Pour que l'Église manifeste au monde, à la suite de Charles de Foucauld, Ta grandeur en choisissant sans cesse le chemin de l'humilité. Nous Te prions, Seigneur.

Pour que toutes les personnes qui ne connaissent pas le Christ découvrent la Puissance de ton Amour. Nous Te prions, Seigneur.

Pour que tous ceux qui ont perdu le goût de vivre soient soutenus dans leurs épreuves. Nous Te prions, Seigneur.

Pour que notre communauté dans une attitude d'adoration recherche la Face de Dieu. Nous Te prions, Seigneur.

Dieu et Père, Lumière au-delà de toute lumière, exauce nos justes demandes. Par Jésus, ton Fils glorifié.


Prière sur les Offrandes de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :
« Seigneur notre Dieu, dans l'admirable échange du Sacrifice Eucharistique, Tu nous fais participer à Ton unique et souveraine divinité ; nous avons reçu la connaissance de ta Vérité : accorde-nous de Lui être fidèles par toute notre vie. Par le Christ, notre Seigneur »


Préface V de Pâques de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :
Vraiment, il est juste et bon de Te glorifier, Seigneur, en tout temps, mais plus encore en ce Jour où le Christ, notre Pâque, a été immolé. Par l'Offrande de son Corps, Il mène à leur achèvement, dans la Vérité de la Croix, les sacrifices de l'ancienne Alliance, et quand Il te remet son Esprit pour notre Salut, Il est à Lui seul le Prêtre, l'Autel et l'Agneau du Sacrifice. C'est pourquoi la Joie Pascale rayonne par tout l'univers, la terre entière exulte, les puissances d'en Haut et les anges dans le Ciel chantent sans fin l'hymne de ta Gloire : ...

« Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt caeli et terra gloria tua. Hosanna, in excélsis. Benedictus qui venit in nomine Domini. Hosanna, in excélsis ! »

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Antienne de la Sainte Communion de la « Messe du Cinquième Dimanche de Pâques » du 15 mai 2022 (année « C ») :
« Je suis la vraie vigne, et vous, les sarments, dit le Seigneur. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, alléluia » (Jean 15, 1.5)


Prière après la Sainte Communion de la « Messe du Quatrième Dimanche de Pâques » du 8 mai 2022 (année « C ») :

« Dans ta Bienveillance, reste auprès de ton Peuple, nous T'en prions, Seigneur ; puisque Tu l'as initié aux Sacrements du Ciel, fais-le passer de ce qui est ancien à la Vie nouvelle. Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu qui vit et règne avec Toi, dans l'unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles »


V/ Ite Missa est, alléluia, alléluia.
R/ Deo gratias, alléluia, alléluia.

V/ Allez, dans la Paix du Christ, alléluia, alléluia.
R/ Nous rendons grâce à Dieu, alléluia, alléluia.


Vidéo de la « Messe du 5ème Dimanche de Pâques » 15 mai 2022 (année « C ») célébrée et prêchée par Mgr Michel Gueguen, Vicaire Général de l'Archidiocèse de Paris, en l'église de Saint-Germain-L'auxerrois :