« Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :


Parole de Dieu pour cette Messe du Cinquième Dimanche du Carême (année « C ») : Au fait, qui est adultère ? « Une femme surprise en situation d'adultère : mais alors, où est l'homme qui péchait avec elle ? Ces accusateurs scrupuleux ont-ils laissé partir cet homme, que peut-être ils connaissent ? Ils semblent en tout cas aimer les proies sans défense qui peuvent servir leurs desseins contre Jésus. Car, à l'occasion de cette arrestation, ces hommes en meute, sûrs d'eux, pensent avoir trouvé un moyen de piéger Celui qu'ils appellent d'emblée « Maître ». Si ce fameux Maître accuse comme eux cette femme, qu'en est-il de Ses enseignements sur le pardon ? S'Il ne l'accuse pas, que fait-Il de la Loi, que ces bons croyants citent immédiatement ? Dans tous les cas, ils pensent avoir raison. Mais avoir raison n'est pas encore être dans la Vérité. Et justement, dans l'Ancien Testament, trahir la Vérité en endossant les apparences du vrai, c'est ce qu'on appelle « être adultère ». Ces nobles justiciers n'ont que faire de cette femme qu'ils amènent sans son comparse, ils manipulent la Loi pour faire chuter Jésus. Comme le disait le Seigneur par le Prophète Jérémie : Les dépositaires de la Loi ne m'ont pas connu (Jr 2, 8) ; et le groupe qu'ils forment, Dieu l'appelle « prostituée » et « adultère » (Jr 2, 20 ; 3, 8, etc.). Scribes et pharisiens finissent par comprendre et desserrent leur étau. Écrivant sur le sol, Jésus leur a rappelé le Geste de Dieu et de Moïse écrivant la Loi sur la pierre (cf. Ex 32, 16 ; 34, 28), cette Loi qui scelle les Noces de Dieu et de son Peuple, si souvent adultère » (Frère Philippe Lefebvre, o.p.)



La Méditation Dominicale pour la Messe du 5ème Dimanche du Carême (année C) : Le chemin du Salut Ils sont nombreux, ceux qui se figurent que Dieu est un Juge implacable, l'Auteur de Lois strictes et sévères, Celui qui impose sa Volonté au monde et qui n'admet ni déviation ni faiblesse par rapport à Ses exigences. Comme c'est mal Le connaître ! Dieu a une Volonté c'est vrai. Lui qui est Amour, Il nous a créés par Amour, pour que nous vivions dans l'amour, pour l'éternité. Voilà la Volonté de Dieu. A nous, ensuite, de voir comment faire pour aimer Dieu, que L'on ne voit pas, et pour aimer notre prochain, c'est-à-dire n'importe quelle personne qui croise notre chemin, comme nous-mêmes. Dans le grand Plan d'Amour de Dieu, nous avons toute liberté de choisir qui aimer, et comment le faire. Il faut juste qu'il s'agisse d'amour véritable : avoir la volonté de donner notre vie pour ceux qu’on aime, c'est-à-dire donner de notre temps, de notre argent, de notre bienveillance, de notre tendresse, de notre compréhension, de notre pardon, etc. Voilà la Volonté de Dieu, voilà le sujet sur lequel nous serons jugés non pas dans le but de nous prendre en défaut, mais de chercher ce que nous avons fait de bien durant notre vie ; non pas pour nous accuser, mais pour voir si nous avons demandé pardon quand nous avons mal agi. Dieu ne nous a pas donné une Loi pour le plaisir de nous prendre en défaut chaque fois que nous désobéissons. Il n'est ni un savant fou ni un pervers psychopathe. S'Il nous a fait connaître sa Loi, c'est juste parce qu'Il veut notre bien et, comme nous avons été créés pour l'amour, ce bien ne peut ignorer la fervente nécessité d'aimer pour parvenir au bonheur parfait. Le problème de Dieu, ce ne sont donc pas nos fautes ou nos désobéissances, mais comment faire pour nous sortir de là et nous remettre sur le bon chemin. Il ne demande pas au peuple fuyant l'Égypte d'apprendre à nager, ou à confectionner des bateaux : Il leur ouvre la mer Rouge. Il ne leur demande pas ensuite de savoir se diriger dans le désert (qui ne prend que quelques jours à traverser quand on sait ce que l'on fait, paraît-il), mais Il les nourrit et leur donne à boire le temps qu'ils arrivent à trouver la sortie, ce qui leur prendra quarante ans. Il ramène les captifs, fait couler de l'eau dans le désert, offre une Terre promise, et nous protège en amont et en aval de nos actes et de nos décisions. Il nous aime, tout simplement. Comme nous sommes. A notre rythme. Nous qui Le rejetons si facilement, qui ne savons pas aimer comme il faut, qui préférons si souvent n'en faire qu'à notre tête plutôt que d'écouter sa Parole : Il nous aime. Et Il veut notre bien, même quand nous ne le voulons pas nous-mêmes, et plus que nous ne le voudrons jamais pour nous-mêmes. On raconte qu'un jour, alors que Mgr Roncalli, le futur Pape Jean XXIII, était encore Patriarche de Venise, on lui rapporta le cas d'un Prêtre qui avait commis je ne sais quel péché (sans rapport avec un quelconque crime, je le signale au cas où ...). Il convoqua le Prêtre en question, mais refusa de le punir durement, se contentant de lui rappeler son devoir sacerdotal et le chemin sur lequel il s'était engagé en acceptant l'Ordination. Quand le Prêtre fut parti, quelqu'un lui en fit le reproche, s'étonnant que le Prêtre ne soit pas puni sévèrement, voire carrément suspendu. Et Mgr Roncalli répondit que, quand un verre est sale, ce n'est pas en le brisant qu'on va résoudre le problème, au contraire, ça ne fera que l'aggraver, parce que maintenant au lieu d'un problème il y en aura deux, à savoir recoller les morceaux après les avoir nettoyés (ou quelque chose comme ça, ce n'est pas d'une citation mais de l'idée dont je me souviens). Bref, il fit savoir à l'âme généreuse qui lui avait enjoint de punir le Prêtre que son devoir, en tant qu'Évêque, n'était pas de punir mais de corriger, pas de sanctionner mais de réparer et de soigner. Pourquoi Jésus refuse-t-Il de condamner la femme adultère ? Il n'est pas venu pour condamner, mais pour sauver. Son problème n'est pas de tenir une comptabilité de nos péchés, qu'il s'agisse de leur catégorie ou de leur nombre, mais de chercher comment nous aider à en sortir. Il ne s'agit pas de nous reprocher de n'avoir pas aimé, mais de nous montrer de l'amour pour que nous réapprenions à faire pareil. Parce qu'Il ne se réjouit pas de la mort du pécheur, mais Il veut qu'il se convertisse, et qu'il vive éternellement, dans l'Amour. Écoutons le Seigneur ! Sa Parole n'est pas là pour nous remplir de honte ni de désespoir, mais pour nous enseigner l'unique chemin qui nous mènera à la plénitude de la Vie. Courage ! Il a vaincu le péché, et nous pouvons en faire autant, avec la Grâce de Dieu » (Père Fabrice Chatelain)


Signe-de-Croix Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


Antienne d'ouverture de la « Messe du Cinquième Dimanche du Carême » :

« Rends-moi Justice, ô mon Dieu, défends ma cause contre un peuple sans foi ; de l'homme qui ruse et trahit, libère-moi ; c'est Toi, Dieu, ma Forteresse » (cf. Ps 42, 1-2)


Prière d'ouverture de la « Messe du Cinquième Dimanche du Carême » :

« Viens à notre secours, Seigneur notre Dieu : accorde-nous de marcher avec joie dans la Charité de ton Fils qui a aimé le monde jusqu'à donner sa Vie pour lui. Lui qui vit et règne. »


Lectures de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :


Première Lecture du Livre du Prophète Isaïe (Is 43, 16-21) de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :

« Voici que je fais une chose nouvelle, je vais désaltérer mon peuple »

« Ainsi parle le Seigneur, Lui qui fit un chemin dans la mer, un sentier dans les eaux puissantes, Lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers ; les voilà tous couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, consumés comme une mèche. Le Seigneur dit : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. Les bêtes sauvages me rendront Gloire – les chacals et les autruches – parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer mon Peuple, celui que j’ai choisi. Ce Peuple que je me suis façonné redira ma louange ».

Le sens de cette Première Lecture du Livre du Prophète Isaïe (Is 43, 16-21) : Au VIe siècle avant notre ère, alors que le peuple d'Israël est déporté à Babylone, le Prophète Isaïe s'emploie à redonner espoir à ses contemporains. Son meilleur argument consiste à leur rappeler que Dieu a fort bien su les libérer jadis de l'esclavage en Égypte en leur faisant traverser la mer apparemment infranchissable.


Psaume 125 (Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6) de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :

R/ Quelles Merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! (cf. Ps 125, 3)

Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
Nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
Nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles Merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles Merveilles le Seigneur fit pour nous :
Nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
Comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
Moissonne dans la joie.

Il s’en va, Il s’en va en pleurant,
Il jette la semence ;
Il s’en vient, Il s’en vient dans la joie,
Il rapporte les gerbes.


Deuxième Lecture de la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 3, 8-14) de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :

« À cause du Christ, j’ai tout perdu, en devenant semblable à Lui dans Sa mort »

« Frères, tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de Lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en Lui, d’être reconnu Juste, non pas de la justice venant de la Loi de Moïse mais de Celle qui vient de la foi au Christ, la Justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi. Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa Résurrection et de communier aux Souffrances de sa Passion, en devenant semblable à Lui dans Sa mort, avec l’espoir de parvenir à la Résurrection d’entre les morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-Haut dans le Christ Jésus ».

Le sens de cette Deuxième Lecture de la Lettre de Saint Paul Apôtre aux Philippiens (Ph 3, 8-14) : Sur le chemin de Damas, la vie de Paul a été bouleversée : il y a un avant et un après. Jusque-là, il s'efforçait d'être en tout point fidèle à la Loi de Moïse. Désormais, son Guide spirituel est Jésus Christ et nul autre.


Gloire à Toi, Seigneur. Gloire à Toi.

« Maintenant, dit le Seigneur, revenez à moi de tout votre cœur, car Je suis Tendre et Miséricordieux » (cf. Jl 2, 12b.13c)

Gloire à Toi, Seigneur. Gloire à Toi.


Saint Évangile de Notre Seigneur Jésus Christ selon Saint Jean (Jn 8, 1-11) de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :


« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre »

« En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, Il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à Lui, Il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens Lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et Toi, que dis-Tu ? » Ils parlaient ainsi pour Le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir L’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, Il écrivait sur la terre. Comme on persistait à L’interroger, Il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et Il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus »


Credo


Prière Universelle de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :

R/ Seigneur, écoute la prière de ton Peuple.

Pour que le Rédempteur du monde, qui s'est livré à la mort pour nous libérer de la mort éternelle, délivre l'Eglise de tout mal, prions le Seigneur. R/

Pour que le Rédempteur du monde, qui a prié sur la Croix pour ceux qui L'ont crucifié, intercède auprès du Père pour nous, pécheurs, prions le Seigneur. R/

Pour que le Rédempteur du monde, qui a connu la souffrance et l'angoisse sur la Croix, donne à ceux qui souffrent force et patience, et mette fin à leur douleur, prions le Seigneur. R/

Pour que le Rédempteur du monde nous réconforte, nous Ses serviteurs, qui vénérons la Sainte Croix, avec une ferme espérance en sa Résurrection, prions le Seigneur. R/


Prière sur les Offrandes de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :

« Exauce-nous, Dieu Tout-Puissant, et accorde à Tes serviteurs, formés par l'enseignement de la foi chrétienne, d'être purifiés par l'action de ce Sacrifice. Par le Christ, notre Seigneur. »


Préface du Carême I de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :
Vraiment, il est Juste et Bon, pour ta Gloire et notre Salut, de T'offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, Seigneur, Père Très Saint, Dieu Eternel et Tout-Puissant, par le Christ, notre Seigneur. Car chaque année, Tu accordes à Tes fidèles de se préparer aux Fêtes Pascales dans la joie d'un cœur purifié ; de sorte qu'en s'adonnant à une prière plus fervente et à une charité plus active, fidèles aux Sacrements qui les ont fait renaître, ils soient comblés de la Grâce que Tu réserves à Tes enfants. C'est pourquoi, avec les anges et les archanges, avec les Puissances d'en haut et tous les esprits Bienheureux, nous chantons l'hymne de ta Gloire et sans fin nous proclamons : …

« Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt caeli et terra gloria tua. Hosanna, in excélsis. Benedictus qui venit in nomine Domini. Hosanna, in excélsis ! »

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Antienne de la Sainte Communion de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :

« Femme, dit Jésus, personne ne t'a condamnée ? - Personne, Seigneur. - Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus » (cf. Jn 8, 10-11)


Prière après la Sainte Communion de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») :

« Accorde-nous, Dieu Tout-Puissant, d'être toujours comptés parmi les membres du Christ, nous qui communions à son Corps et à son Sang. Lui qui vit et règne pour les siècles des siècles »


Et que Dieu Tout-Puissant, vous bénisse...
Signe-de-Croix Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


V/ Ite Missa est.
R/ Deo gratias.

V/ Allez, dans la Paix du Christ.
R/ Nous rendons Grâce à Dieu.



Vidéo de la « Messe du 5ème Dimanche du Carême » du 3 avril 2022 (année « C ») célébrée et prêchée par Monsieur le Chanoine Jean-Marcel Rossini (OFMCap) au Sanctuaire de Lourdes :