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La « Pratique pour réciter son Chapelet » de Monsieur Olier :

Après avoir fait le Signe de la Croix
Signe-de-Croix Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Sur la Croix
On récitera le Credo, pendant lequel on se donnera à l'esprit de la foi, pour se renouveler dans le respect et dans l'amour de ses maximes, et de tous les Mystères qui sont compris en ce Symbole, honorant en la Très-Sainte Vierge l'éminence de la foi qu'Elle a eue plus grande que le reste des créatures, et lui en, demandant la participation et l'esprit pour toute la Sainte Église.

Sur le premier gros grain
En disant le Pater, on adorera l'unité de Dieu, principe de toutes les grandeurs de la Très-Sainte Vierge et de la perfection de Ses états.

Sur les trois petits grains
En disant les Ave Maria, on honorera les trois états de la vie voyagère de la Très-Sainte Vierge.
- Au premier Ave Maria, il faut honorer l'état de Son enfance qu'Elle passa dans le temple, où, vivant comme une hostie de Dieu, Elle adorait incessamment Jésus-Christ sous la figure de toutes les victimes, et se préparait, dès ce temps-là, au Sacrifice de son Fils, qu'Elle avait présent à l'esprit pendant qu'Elle était appliquée au service des Prêtres qui offraient à Dieu les Sacrifices.
- Au second Ave Maria, on honorera l'état de Son saint Mariage, durant lequel Elle a vécu dans une Sainteté parfaite, Elle a conçu, nourri et élevé Jésus-Christ, son Fils, et participé à Ses divines Grâces ; Elle a été présente à Sa personne et a conversé avec Lui.
- Au troisième Ave Maria, on honorera l'état de Son saint Veuvage, pendant lequel Elle a servi, Elle a été présente et a participé aux saints Mystères de Jésus-Christ ; et, après, Elle a aidé les apôtres à fonder et à maintenir l'Église, qu'Elle n'a point laissée que lorsqu'Elle L'a vue affermie en la Foi de Jésus-Christ, son Fils.

Sur le premier dizain
En récitant le Pater, sur le gros grain, il faut respecter profondément Dieu le Père en toutes Ses perfections et en toutes Ses grandeurs divines, qui, étant immenses, ne peuvent être vues et adorées que dans la foi.
Sur les dix Ave Maria, on honorera la Très-Sainte Vierge en qualité d'Épouse du Père éternel. On admirera, on louera, on bénira en Elle toutes les perfections divines et adorables dont Dieu le Père est le Principe, et auxquelles Elle a participé : sa Sainteté, sa Sagesse et sa Fécondité.
A la fin du dizain, on dira le Gloria Patri, pour louer Dieu le Père d'avoir choisi la Sainte Vierge pour son Épouse, et de Lui avoir communiqué tant de perfections dont on demandera quelque part pour l'Église de Dieu.

Sur le second dizain
En récitant le Pater, sur le gros grain, il faut honorer le Fils de Dieu fait homme en la Très-Sainte Vierge, et adorer toutes les grandeurs du Verbe, anéanties dans la chair au divin Mystère de l'Incarnation.
Pendant les dix Ave Maria, il faut respecter la Sainte Vierge comme Mère du Fils de Dieu, et honorer en Elle la vie du Verbe incarné avec tout l'intérieur et tout l'extérieur des vertus qu'il est venu fonder en son Église par l'Incarnation : comme sont sa Patience, sa Pauvreté, sa Chasteté, sa Douceur, son Humilité et les autres Vertus chrétiennes que Dieu n'a pu avoir en soi que par ce saint Mystère.
A la fin du dizain, on dira le Gloria Patri, pour remercier Dieu le Fils d'avoir choisi la Sainte Vierge pour sa Mère et de L'avoir rendue le Modèle parfait de la vie chrétienne, demandant à Dieu qu'il Lui plaise y conformer son Église.

Sur le troisième dizain
En disant le Pater, on adorera le Saint-Esprit comme Sanctificateur de la Très-Sainte Vierge.
Pendant les dix Ave Maria, il faut honorer la Sainte Vierge comme le temple et le sanctuaire du Saint-Esprit, dans laquelle Il a versé la plénitude de ses Dons. Il faut encore respecter toutes les opérations divines qui ont rempli Son âme pendant Sa vie voyagère, et qui continuent encore dans le Ciel : le Saint-Esprit opérant plus en Elle dans le temps et dans l'éternité que dans toutes les pures créatures ensemble.
A la fin, il faut dire Gloria Patri pour glorifier le Saint-Esprit d'avoir choisi la Sainte Vierge pour son temple et de L'avoir ornée et remplie de tant de dons, desquels on demandera la participation pour soi et pour la Sainte Église.

Sur le quatrième dizain
En disant le Pater, sur le gros grain, il faut adorer Dieu le Père comme glorificateur de la Très-Sainte Vierge et de toute l'Église triomphante.
Sur les dix Ave Maria, il faut considérer et honorer la Sainte Vierge comme la joie des anges et des bienheureux dans le Ciel ; il faut s'unir à eux pour entrer en leurs complaisances envers Elle, et dans les louanges et les bénédictions qu'ils Lui rendent.
A la fin, il faut dire le Gloria Patri pour remercier la Majesté de Dieu de L'avoir établie dans le haut point de gloire qu'Elle possède, demandant la Grâce de pouvoir contempler un jour sa Beauté et toutes les Vertus dont Jésus-Christ L'a revêtue.

Sur le cinquième dizain
En disant le Pater, il faut adorer Jésus-Christ régnant en la Très-Sainte Vierge, et en Elle régnant aussi sur son Église militante.
Pendant les dix Ave Maria, on honorera la Sainte Vierge comme la Reine de l'Église, comme l'aide des chrétiens et comme le refuge des pécheurs, respectant la part que Dieu Lui a donnée en la Royauté de son Fils sur l'Église. On honorera la Puissance que Dieu Lui a donnée sur Ses ennemis ; on L'invoquera sur l'Église ; on La conjurera de régner en son Fils et par son Fils sur le monde ; on La priera d'y vouloir détruire le péché, abattre l'orgueil du démon, nous fortifier en esprit contre l'infirmité de la chair ; en un mot, nous remplir de la vertu de Jésus-Christ Notre-Seigneur, en qui nous puissions régner sur tout ce qui s'oppose à lui durant cette vie.
On dira le Gloria Patri, à la fin, pour remercier Notre-Seigneur d'avoir si pleinement régné en Elle et sur Elle dans l'Église, et d'avoir détruit tant d'hérésies et tant d'erreurs, Le priant encore qu'Il achève d'extirper par Elle ce qui en reste au monde, qui croît tous les jours en ténèbres et en malignité.

Sur le sixième dizain
Pendant le Pater, qu'on récitera sur le gros grain, on adorera le Saint-Esprit comme consolateur de l'Église souffrante en la Très-Sainte Vierge.
Pendant les dix Ave Maria, on honorera la Sainte Vierge comme la consolation des affligés, et surtout comme le soulagement des âmes qui souffrent dans le purgatoire. On L'invoquera sur toutes les âmes qui gémissent en ces flammes, et qui ne peuvent plus se secourir elles-mêmes ni demander sensiblement l'assistance au monde ; mais principalement on Lui demandera en Jésus-Christ, et par Jésus-Christ même, le soulagement et la liberté de tant d'âmes délaissées dans le fond de ce cachot, dont personne ne se souvient et qui sont sans aucune assistance.
On dira le Gloria Patri, pour remercier Dieu de toutes les délivrances qu’Il a accordées à Ses prières, en y ajoutant un Requiem ou un De profundis.

« Il faut que chacun pense que ceci n'est pas écrit pour lui seul : ce qui ne le touche pas touchera peut-être un autre. Il est nécessaire que dans un festin il y ait diversité de viandes, afin que chacun en puisse trouver selon son appétit... Il sera bon, pour éviter la distraction de l'esprit, de changer de temps en temps d'intention et de s'occuper en détail des grandeurs de la Très-Sainte Vierge, faisant successivement ce que l'Ange faisait tout d'un coup en la plénitude de sa Lumière. Il est très-avantageux de s'occuper des « Mystères Joyeux », des « Mystères Douloureux » et des « Mystères Glorieux », que nous honorons en récitant le Rosaire, dont le chapelet est une partie ».

Ainsi soit-il.


Abbé Jean-Jacques Olier (1608-1657)

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Voir également de l’Abbé Jean-Jacques Olier :
La Prière de l’Abbé Jean-Jacques Olier « Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur »
La Prière de « Monsieur Olier » « Ô Jésus vivant en Marie »
La Prière de Monsieur l’Abbé Olier « Je Vous adore, ô mon Dieu »
La Prière de Monsieur Olier « Je Vous adore, ô mon divin Jésus »
La Prière de Jean-Jacques Olier « Ô Jésus, exercez votre Domination sur toute puissance ennemie »
La Prière de Monsieur Olier devant le Tabernacle « J'entre, ô mon Dieu, dans tous les Devoirs inconnus que Vous rend votre Fils »
La Prière du Serviteur de Dieu J-J. Olier « Je vous salue, Joseph, image de Dieu le Père »
La Prière de Monsieur Olier « J'adore, Père éternel, les respects et les devoirs que votre Fils Vous rend au Très Saint-Sacrement »
La « Pratique pour réciter son Chapelet » de Monsieur Olier