« Dieu qui a dévoilé pour nous les mystères de ton Verbe grâce à ton Apôtre Saint Jean, rends-nous capables de comprendre et d'aimer les merveilles qu'il nous a fait connaître. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen ».


Saint Jean a un lien spécial avec chacun des aspects du Mystère du Christ.

Le Mystère Pascal
L’Apôtre « qui reposa sur la poitrine du Seigneur au cours de la dernière Cène », qui reçut Marie pour mère au pied de la croix et qui fut le premier des disciples à croire en la résurrection peut être considéré comme le théologien du mystère pascal, et c'est à juste titre que nous lisons chaque jour son Évangile durant le temps de Pâques.

Le Mystère de l'Incarnation
Mais Saint Jean est aussi le héraut du mystère de l'Incarnation, l'homme qui a écrit sous l'inspiration de l'Esprit : « Le Verbe s'est fait chair, il a établi sa demeure parmi nous ». Aussi nous est-il bon de célébrer sa fête dans l'octave de Noël et de méditer la lecture de la lettre où il rapporte « ce qu'il a contemplé de ses yeux » (1 Jn 1, 1-4).

1 Jn 1, 1-4 : Commencement de la première lettre de saint Jean : « Nos mains ont touché le Verbe de la vie » :
« Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage : nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et c'est nous qui écrivons cela, afin que nous ayons la plénitude de la joie ».

Le commentaire de Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église, sur la première lettre de Saint Jean (1 Jn 1) : « Il vit et il crut » :
« Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, et que nos mains ont touché, c'est le Verbe de la vie » (1Jn 1,1). Y a-t-il quelqu'un qui touche de ses mains le Verbe de la vie, sinon parce que « le Verbe s'est fait chair et qu'il a établi sa demeure parmi nous » ? (Jn 1,14) Or, ce Verbe qui s'est fait chair pour être touché de nos mains a commencé d'être chair dans le sein de la Vierge Marie. Mais il n'a pas alors commencé d'être le Verbe, car il était « depuis le commencement », dit saint Jean. Voyez comme sa lettre confirme son évangile, où vous avez entendu lire : « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était avec Dieu ». Peut-être que certains comprennent le « Verbe de la vie » comme une formule quelconque pour désigner le Christ, et non pas précisément le corps du Christ, que les mains ont touché. Mais voyez la suite : « Oui, la vie s'est manifestée. » Le Christ est donc le Verbe de la vie. Et comment cette vie s'est-elle manifestée ? Car, même si elle était dès le commencement, elle ne s'était pas manifestée aux hommes : elle s'était manifestée aux anges, qui la voyaient et qui s'en nourrissaient comme de leur pain. C'est ce que dit l'Écriture : « L'homme a mangé le pain des anges » (Ps 77,25). Donc, la Vie elle-même s'est manifestée dans la chair : elle a été placée en pleine manifestation afin qu'une réalité visible seulement par le cœur puisse être visible aussi aux yeux, afin de guérir les cœurs. Car seul le cœur voit le Verbe, la chair ne le voit pas. Nous étions capables de voir la chair mais pas le Verbe. Le Verbe s’est fait chair pour guérir en nous ce qui nous rend capables de voir le Verbe. « Nous portons témoignage, dit saint Jean, nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous » (1Jn 1,2).

Commentaire du Cardinal Godfried Danneels (Archevêque de Malines-Bruxelles de 1979 à 2010)
« Le Verbe, le Verbe, le Verbe... Dieu nous a parlé. Mais nous y sommes tellement habitués que c'est à peine si cette réalité nous étonne encore. Dans d'autres religions les dieux ne parlent pas. Ils dominent, ils trônent et se taisent. Notre Dieu, lui, ne peut s'empêcher de parler. Tout au début de notre histoire, il prend la parole : Dieu dit, formule répétée jusqu'à huit fois dans le récit de la création. Dieu sort de son mystère pour nous chercher et pour nous trouver. Pour nous aimer aussi. Car celui qui aime parle, alors que celui qui est furieux ne daigne pas dire un mot. Dieu parie. Il ne demeure pas seul. En Dieu, de toute éternité, Père, Fils et Esprit Saint entretiennent un dialogue d'amour, le plus intime qui soit. Dieu s'y exprime totalement en son Fils; celui-ci est la parole d'amour parfaite de Dieu, la parole par excellence, le Verbe. La parole est ce qu'il y a de plus intime; elle livre le cœur de l'homme. Dans un mot d'amour, celui qui aime se dévoile totalement, il s'en remet totalement à la personne aimée. Tel est aussi Dieu, il s'est entièrement tourné vers nous en son Fils. Et il nous a parlé. Que serions-nous devenus s'il ne l'avait fait ? »


Le Mystère du Christ
Jean a vécu dans l'intimité du Christ qu'il avait rencontré sur le bord du Jourdain, il a été avec Pierre et Jacques le témoin de sa transfiguration et le compagnon de son agonie ; seul de tous les Apôtres, il a vu mourir le Maître et l'a déposé dans son sépulcre. Il en a conservé des souvenirs qui devaient illuminer toute sa longue vie. Il y a découvert avec éblouissement que « Dieu est amour » et que le commandement du Seigneur consiste dans l'amour.


L'acte de foi de saint Jean (Jn 20, 2-8) :
« Le matin de Pâques, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. ». Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensembles, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut »