Prière adressée à Jésus de Gilbert de Hoyland :

« Je T'aimerai, bon Jésus, je T'aimerai, Toi, ma force, que je ne peux aimer gratuitement, ni d'ailleurs suffisamment. Que tendent vers Toi, dans leur totalité, mes ardeurs, et qu'aucun autre désir ne les détourne ni ne les distraie! Oui, mais combien nos ardeurs pour Toi s'avèrent donc limitées, même lorsqu'elles Te sont entièrement consacrées ! Comment pourrais-je diminuer ce qui, entier pourtant, se montre si ténu ? Que mon désir, Dieu bon, m'emporte tout entier vers Toi ! Entraîne-moi, Toi-même en Toi, pour que jamais je n'aie besoin de l'impulsion de la crainte, et que l'amour parfait la rende inutile ».

Gilbert de Hoyland (1110-1172)


Conseils de l'Abbé Gilbert de Hoyland :

« Fais ce que tu fais: produis des fruits dignes de pénitence (cf. Mt 3, 8); laisse-toi consumer de chagrin (cf. Is 22, 4). Quant à moi, je pleurerai avec toi. Peut-être aussi que ton Bien-aimé lui-même se joindra à tes larmes, lui qui a pleuré sur Lazare (cf. Jn 11, 35). Peut-être même, pleurera-t-il davantage : plus on aime, plus on souffre... Nombreuses sont ses compassions ! Tu ne te consumeras pas en convertissant ton âme, car le Bien-aimé est pour toi un conseiller et un consolateur ».

« Cours, épouse, hâte-toi vers ce si doux festin, où le vin de l'Epoux, et son lait, et son rayon, ne sont ni inutiles, ni vides, mais pleins de miel. Le Christ seul - il est vrai -, le mange en totalité, car il en est seul capable, lui qui scrute jusque dans les profondeurs de Dieu (1 Co 2, 10). Le trouble de la Passion, la tristesse de Gethsémani, le découragement du jardin des oliviers, c'est avec mesure et momentanément qu'il les a traversés, pour les changer ensuite en la saveur du vin et du lait. Cette transformation se réalise aussi pour toi, âme fidèle, en tant qu'épouse : Avec toi le Christ veut festoyer ; avec toi, il veut boire le vin Nouveau dans le Royaume que symbolise le jardin (cf. Mt 26, 29) ».

« Aie donc dans ton temple des portes par lesquelles le Grand Prêtre suprême puisse pénétrer jusqu'à l'intime retraite de ton coeur ("le saint des saints"). Ferme la porte, enclenche le verrou sauf lorsque le Bien-aimé se met à frapper... Munis-toi donc d'une porte et d'un verrou. La porte c'est la prudence; le verrou, la constance. Que l'oubli et l'ignorance ne te surprennent pas; que la fausseté ne s'introduise pas chez toi ! »

« Si tu ne veux pas te mettre à la recherche de celui qui erre, va du moins au-devant de celui qui revient (cf. Lc 15, 20). Ouvre-lui la porte de la miséricorde, et si tu ne reçois pas le pénitent à cause du Christ, reçois du moins le Christ dans le pénitent. Que ton âme se liquéfie en une rosée de miséricorde et qu'elle s'enflamme à la voix de Jésus qui crie et qui frappe à la porte, car, l'appel du pénitent, le cri du pauvre, sont la voix de Jésus ».

Gilbert de Hoyland (1110-1172)


Citations du Bienheureux Gilbert de Hoyland :

« Il est doux, bon Jésus, de te chercher ; il est encore plus doux de te tenir ! »

« Quand tu lis, tu reçois un enseignement sur le Christ, mais quand tu pries, tu es en en conversation familière avec lui »

« A l'amour rien ne suffit, rien de moins que lui-même. L'amour ne saurait se rassasier de lui-même, et cependant il ne peut que se repaître que de lui-même : seul, il est pour lui-même un aliment suffisamment délicieux. L'amour ne veut rien de plus que d'aimer »

« Vraiment l'amour est doux et il est seul à l'être. Tout amour est doux. Pourtant l'amour n'est rien comparé à l'amour du Christ. Car la beauté de celui-ci dépasse toute beauté. « Plus que toute beauté, j'ai aimé la Sagesse » (Sg 7, 10). Comment ne serait-il pas rayonnant, Celui qui est l'éclat de la Lumière éternelle ? »

« S'approcher de l'Epoux, c'est s'approcher du Feu » fut la dernière parole de Gilbert de Hoyland, son testament spirituel !

Gilbert de Hoyland (1110-1172)


Voir également de Gilbert de Hoyland :
La « Prière adressée à Jésus » de Gilbert de Hoyland
Les « Conseils » de l'Abbé Gilbert de Hoyland
Quelques « Citations » du Bienheureux Gilbert de Hoyland
La Prière de Gilbert de Hoyland « Seigneur, si avec Toi je souffre, avec Toi je régnerai »