Marie-2.jpg

Le Poème sur la Sainte Vierge de Maurice Carême « Il me faudrait, dit la Vierge, des sabots pour mes pieds nus » :

« Il me faudrait, dit la Vierge
Qui fuyait avec Jésus,
Il me faudrait, dit la Vierge,
Des sabots pour mes pieds nus.

Passe ton chemin, pauvresse,
Lui cria-t-on d’une auberge ;
Passe ton chemin, pauvresse,
Et que le diable t’héberge !

Mes pieds sont las, dit la Vierge
Qui traversait un hameau ;
Mes pieds sont las, dit la Vierge,
Et je n’ai pas de sabots.

Passe ton chemin, mendiante,
Crièrent les animaux ;
Passe ton chemin, mendiante,
Et que le diable t’entende !

Mes pieds saignent, dit la Vierge
Qui passait près d’un ruisseau,
Mes pieds saignent, dit la Vierge,
Et je n’ai pas de sabots.

Si ma fleur pouvait t’aider,
Cria le petit lotier,
Si ma fleur pouvait t’aider,
Te l’offrirais volontiers.

Et l’on vit la Sainte Vierge
Sourire à l’enfant Jésus
Et, s’asseyant sur la berge,
D’un lotier, chausser ses pieds nus ».

Ainsi soit-il.


Maurice Carême (1899-1978) - La lanterne magique, 1947

Maurice-Careme.jpg

Voir également de Maurice Carême :
Le Poème de Maurice Carême « Jésus est né : Noël ! Noël ! »
Le Poème de Maurice Carême pour Noël « Dieu choisit les yeux noirs d’un bœuf pour refléter cette nuit-là »
Le Poème de Maurice Carême pour l'Épiphanie « Décembre, avec Vos trois rois mages »
Le Poème de Maurice Carême pour l'Annonciation « Marie, Vous aurez un Enfant »
Le Poème de Maurice Carême « Ô doux rêveur de Galilée »
Le Poème sur la Sainte Vierge de Maurice Carême « Il me faudrait, dit la Vierge, des sabots pour mes pieds nus »