Andrea Grillo a fréquenté le Liceo Classico G. Chiabrera à Savone, où il a obtenu son diplôme en 1980. Depuis 1994, il enseigne la théologie des sacrements et la philosophie religieuse à Rome à l’Université Pontificale Sant’Anselmo, ainsi que la liturgie à Padoue, à l’Abbaye de Santa Giustina. Proche conseiller du Pape François, il est l’un des inspirateurs du motu proprio Traditionis custodes (site-catholique.fr n'a pas souhaité publier la photo soixante-huitarde d'Andrea Grillo)

Messe-Saint-Sacrifice.jpg

L’interview accordée par Andrea Grillo aux questions de messainlatino.it.


Pourquoi semble-t-il que l’Église Catholique ne veuille à aucun prix donner un espace libre aux Traditionalistes fidèles à Rome (tout comme à de nombreux autres mouvements laïques), et qu’ils ne soient que des Fidèles à rééduquer ?
L’idée de « fidélité à Rome » doit être contestée : pour être fidèle à Rome, il faut adopter une « langue rituelle » selon ce que Rome a établi de manière communautaire. On n’est pas fidèle si on a un pied dans deux chaussures...

Après le Pèlerinage Paris-Chartres 2024 : 18 000 personnes, âge moyen 25 ans, Évêques diocésains, un Cardinal de la Sainte Église Romaine, large couverture médiatique,… pensez-vous que l’Église doit maintenant envisager un pastorat pour le charisme « Traditionnel » (TS) survenus après Vatican II ou peut-elle continuer à nier la vitalité massive de la Liturgie Ancienne ?
Que sont 18 000 personnes par rapport à la grande multitude de l’Église Catholique ? À peine plus qu’une Secte qui expérimente l’infidélité comme un Salut, souvent liée à des positions morales, politiques et de mode tout à fait préoccupantes. Changer les mots n’améliore pas les choses. Tradition et traditionalisme ne peuvent pas être identifiés.
Le Traditionalisme n’est pas « l’un des nombreux mouvements » (bien qu’il puisse avoir des caractéristiques en partie similaires à certains des mouvements les plus fondamentalistes, favorisés de manière inopportune au cours des 40 dernières années), mais une forme de « négation du Concile Vatican II » qui doit être fermement entravée au sein de l’expérience ecclésiale. L’Église n’est pas un « club de notaires ou d’avocats » qui cultive ses passions esthétiques ou conçoit l’instrumentalisation de l’Église comme « le musée le plus célèbre ».

Pourquoi, selon vous, surtout dans les régions anglophone et francophone, y a-t-il une augmentation significative de Fidèles, de Séminaristes, de Conversions, de Dons économiques, de Familles nombreuses dans la sphère Traditionaliste ?
Nous faisons face à une déformation du regard. La Foi rencontre, surtout dans le monde occidental, une crise qui a commencé il y a plus d’un siècle et qui a connu une accélération très forte ces 50 dernières années. Mais la crise ne se résout pas en restaurant des formes de vie de la « société d’honneur ».
Ce ne sont pas les « grandes capes » ou les « langues mortes » qui renforcent la Foi. Ils renforcent seulement les liens identitaires, les formes de fondamentalisme et d’intransigeance, qui ne sont plus ceux d’il y a 100 ans mais qui prennent des formes inédites, où le maximum de la vie post-moderne s’unit à une identité « Catholique » qui n’a de Catholique que l’étiquette idéalisée. Ce n’est pas un phénomène ecclésial ou spirituel, c’est un phénomène de mode et de formes de vie, qui a peu à voir avec la véritable Tradition de l’Église Catholique.

Alors, dans cette situation de famine de Séminaristes et de déclin des jeunes Fidèles, pourquoi le « Saint-Père François » semble-t-il considérer – du moins apparemment – comme ennemis seulement les Fidèles Traditionalistes ?
Tout d’abord, la « famine de séminaristes » et la « fuite des jeunes » ne sont pas seulement des faits négatifs : elles sont le signe d’une épreuve nécessaire pour toute l’Église. Les solutions « faciles » (remplir les Séminaires Traditionalistes de jeunes militarisés sur le modèle des Prêtres du XVIIe ou XVIIIe siècle) ne sont que des illusions, dont les premiers concernés sont les individus impliqués. Elles ne génèrent pas la vie de Foi, mais souvent un grand ressentiment et un durcissement personnel.
Je ne m’inquiéterais pas du fait que le pape François considère cela comme un danger. Ce qui m’a beaucoup plus inquiété, c’est que ses prédécesseurs l’aient considéré comme une ressource. La nostalgie n’est jamais une ressource, même lorsqu’elle fait illusion en prétendant que l’Église n’a rien à réformer, mais trouve toutes les réponses uniquement dans le passé. Pour prier « comme papa », il ne suffit pas de le faire verbalement, mais de partager avec l’Église et avec le pape le seul ordo en vigueur. Sinon, on parle en l’air, tout en vivant en conflit avec la Tradition.

Est-il possible qu’une Forme Rituelle qui a été pendant longtemps la norme de l’Église Catholique ne puisse être appelée « extrême droite », « nostalgie », « militantisme » et autres bêtises après plus de 50 ans ?
C’est certainement possible. Ce qui est exclu, c’est qu’une « langue rituelle » soit confondue avec l’unité de l’Église. La séparation rituelle n’a jamais été simplement rituelle, mais s’accompagne toujours d’une division ecclésiale. La question n’est pas de l’étiquette mais du fait qu’il n’y a qu’une seule façon de croire (comme l’oraison, la liturgie, le gouvernement de l’Église, le théologique), ce que TC a restauré pour le bien de l’Église.


Voir en ce temps de Crise dans l’Église :
- La « Mise en Garde contre le Désordre » de Saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (II Th. III, 6-15)
- Toutes les « Prières sur le Jugement Dernier » (une centaine)
- Que penser de la « Nouvelle Messe, dite de Paul VI ? » selon Monsieur l’Abbé Alain Delagneau
- L'annonce en 2024 de la FSSPX : nouveaux Évêques sans Mandat Pontifical
- PRATIQUER avec « la Fraternité Saint-Pie X et les Communautés amies ou avec les Instituts Ecclesia Dei ? »,
- Le refus des « Bénédictions pour les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe » de Don Davide Pagliarani
- L’Opposition ferme et radicale « Je m’oppose fermement et radicalement à une hérésie qui mine gravement l’Église, Corps du Christ, parce que contraire à la Foi Catholique et à la Tradition » du Cardinal Robert Sarah à la « Fiducia supplicans » du pape François
- La « Lettre à un Fidèle Catholique de la Tradition sur le sédévacantisme » de Monsieur l’Abbé Patrick de La Rocque
- Le Désastre du Synode sur la Synodalité selon Don Davide Pagliarani
- Que penser du Nouveau Report des Ordinations 2023 à Toulon ?
- Le Triste « Refus du Pape d’Ordonner 5 Séminaristes Missionnaires de la Miséricorde Divine » en 2024
- Les Orientations Modernistes du Pape François selon Don Davide Pagliarani
- L’interview accordée par Andrea Grillo « La Secte des 18 000 Pèlerins Paris-Chartres qui expérimente l’infidélité comme un Salut souvent liée à des positions morales, politiques et de mode tout à fait préoccupantes » aux questions de messainlatino.it.

Messe-Tridentine-Saint-Pie-V.jpg

Voir également pour la défense de la Liturgie Traditionnelle :
- La Lettre des Fidèles attachés à la Messe Traditionnelle aux Catholiques du monde entier « Qui d'entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? » (Saint Matthieu 7, 9) cosignée par des personnalités du monde traditionnel en France pour défendre la liberté de la Messe Traditionnelle que chacun peut signer en ligne…
- La Tribune du 13 août 2021 sur la situation de l’Occident et de l’Église « Nul n’est en trop dans l’Église de Dieu » de son Éminence le Cardinal Robert Sarah
- Le « Motu Proprio Traditionis Custodes » du Pape François selon Mgr Carlo Maria Viganò
- Le Sermon « Traditionés Custodes : un abus de pouvoir » prêchée de la chaire de Vérité par Monsieur l’abbé Pierpaolo Petrucci de la FSSPX en l'église Saint Nicolas du Chardonnet à Paris lors de la « Sainte Messe du Dimanche dans l’Octave de la Nativité » (Dominica infra Octavam Nativitatis) du 26 décembre 2021