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« Le Cardinal Barbarin demande pardon aux victimes de prêtres pédophiles »

En France, le Cardinal Philippe Barbarin a demandé personnellement pardon aux victimes de prêtres pédophiles. L’archevêque de Lyon est soupçonné d'avoir fermé les yeux sur des affaires de pédophilie. Des agressions sexuelles ont été commises sur des jeunes scouts par un prêtre de la région lyonnaise en 1986 et 1995, le Père Preynat.
Ce dernier est resté en activité jusqu’au août 2015. Le primat des Gaules n’était pas évêque au moment des faits, mais il a reconnu avoir été informé en 2007 des agissements passés de ce prêtre. Suite à la médiatisation de l'affaire, un homme victime d'un autre prêtre au début des années 90 a porté plainte à son tour contre l'Archevêque de Lyon, lui reprochant de ne pas avoir agi quand il l'a informé de son cas en 2009.
Lors d’une Messe mercredi soir, le Cardinal Barbarin s’est déclaré dans l'obligation d'assumer tout le mal commis par quelques prêtres qui ont abusé sexuellement des enfants. « Chacun est amené à faire son examen de conscience face à cette tourmente et je remercie ceux qui m'aident à faire le mien », a déclaré le Cardinal Barbarin.
L’Archevêque de Lyon avait rencontré, plus tôt dans la journée, les prêtres, les diacres, les religieux et les laïcs du diocèse pour évoquer cette affaire. Ce vendredi, le primat des Gaules ne fera pas le traditionnel chemin de Croix dans les rues de Lyon. Il ne sortira pas de la cathédrale Saint-Jean. Face à la tempête médiatique, le diocèse a d’ailleurs fait appel à des spécialistes de la communication de crise.
Des voix se sont élevées jusqu’au sein du gouvernement français pour l’appeler à démissionner. La question de la prescription des faits commis par le Père Preynat pourrait être prochainement tranchée par le magistrat instructeur. A noter que l’Église est encore vue comme une institution puissante alors qu’il n’y a plus que 4,5% de Français qui vont à la Messe.

Radio Vatican – le 24 mars 2016



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Mgr Dominique Rey « La Messe d’aujourd’hui sera un office de réparation »
Lors du traditionnel pèlerinage de Saint-Joseph, qui a réuni plus de 3.000 personnes le samedi 19 mars à Cotignac, l'évêque du diocèse de Toulon-Fréjus, Mgr Dominique Rey n'a pas fuit la « tourmente » qui secoue actuellement l'église catholique. Monseigneur Dominique Rey a, dans son allocution, tenu des propos très clairs et fermes sur ces « affaires » :
« On ne peut admettre que les mêmes mains qui donnent le Corps du Christ, touchent le corps d’un enfant... La Messe sera un office de réparation »

Mgr Dominique Rey - Fête de Saint Joseph du 19 mars 2016 à Cotignac



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L'Abbé Grosjean : « Je donnerai ma vie pour réparer ce qui peut être réparable, si cela pouvait être réparable »

C'est avec la rage au ventre et avec une colère sourde et douloureuse que l'Abbé Pierre-Hervé Grosjean, Prêtre pour le diocèse de Versailles s'est rendu sur le plateau du Grand Journal de Canal + , le mardi 15 mars 2016 au soir. Les mains tremblantes, utilisant des mots durs, il a d'abord rappelé que ses frères prêtres, évêques et lui-même pensaient avant tout aux victimes, « ces enfants qui avaient confiance en ces prêtres, parce qu'on leur avait appris qu'un prêtre c'est quelqu'un qui fait le bien, quelqu'un qui a donné sa vie pour servir ». « Ces enfants ont été trompés » , a ajouté l'abbé Grosjean, « ils ont été blessés dans la confiance qu'ils avaient dans ce prêtre » . Des actes qui, à ses yeux, sont encore pires quand cela vient d'un prêtre. « Un prêtre qui n'a touché ne serait-ce qu'une seule fois un gamin ne peut pas être mis en service, il doit être mis hors d'état de nuire, il n'y a pas de seconde chance possible » , a bien insisté l'abbé Grosjean. Et c'est une parole du Christ dans l'Evangile de Luc que le père Pierre-Hervé Grosjean a choisi de citer : « Malheur à celui par qui le scandale arrive, malheur à celui qui blesse l'un de ces petits qui sont mes frères. Il vaudrait mieux pour lui qu'il soit jeté à la mer avec une meule de pierre autour du cou ». « Rendre justice aux victimes est et sera donc toujours la priorité de l'Eglise, quel que soit le prix à payer » , a lancé le père Pierre-Hervé Grosjean. « Moi, je ne viens pas défendre une institution, je viens défendre ces gamins » , a-t-il ajouté, rendant hommage à Benoît XVI et à son « opération vérité, zéro tolérance ». « Je connais bien le cardinal Barbarin » , a expliqué l'abbé Grosjean, « comme beaucoup je l'admire. Que l'on soit d'accord ou pas avec ses engagements, on ne peut pas le suspecter, l'accuser de la moindre complaisance avec ces crimes » . Et de rappeler que la Cardinal a été « intransigeant et clair » pour toutes les affaires qui ont eu lieu sous son mandat.

Abbé Pierre-Hervé Grosjean - 15 mars 2016



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Monseigneur Raymond Centène : « L’Église face à la tempête médiatique »

« C’est une véritable tempête médiatique qui s’est abattue sur l’Église de France à l’occasion de la dernière assemblée plénière des Évêques.
Le premier d’entre eux était accusé de « non dénonciation de crimes et de mise en danger de la vie d’autrui » à la suite de la révélation d’affaires de pédophilie concernant des prêtres du diocèse de Lyon.
Pendant près d’une semaine, l’Église a été l’objet de critiques acerbes de la part des médias maniant l’amalgame, tandis que des hommes politiques de premier plan, oublieux de la séparation de l’Église et de l’État, de la présomption d’innocence et de la séparation des pouvoirs garante de la démocratie, appelaient, à mots à peine voilés, la démission du Cardinal Barbarin.
Amalgame, généralisation, bouc émissaire, tous les prêtres seraient-ils pédophiles ? Tous les pédophiles seraient-ils prêtres ?
Chacun d’entre nous a pu se sentir sali, humilié, montré du doigt, regardé de travers.
Certes nous savons que la plupart des actes de pédophilie ont lieu dans le cadre familial, 7 sur 10 d’après les statistiques, mon expérience d’aumônier de prison me l’a souvent confirmé, et que la pédophilie toucherait le clergé dans des proportions marginales, moins de 1.8 %, ce qui augmente notre sentiment d’injustice face au battage médiatique subi.

« Notre première pensée vers les victimes »
Pourtant, les faits reprochés existent et notre première pensée aujourd’hui doit se porter vers ceux qui en sont les victimes, vers ceux dont la vie a été détruite, dont la confiance a été trahie, dont les sentiments ont été abimés, vers ceux chez qui l’image du Père a été rendue illisible par ceux-là mêmes qui avaient pour mission de la révéler, de la faire aimer.
A ce stade, nous voyons bien qu’il y a là un contre témoignage démoniaque. Le Saint Père ne comparait-il pas la pédophilie à une messe noire ?
Les blessures infligées, à l’image du péché originel, se transmettent parfois sur plusieurs générations.
Je me souviens de cette femme, incarcérée pour complicité à la prison de Perpignan qui me disait un jour : « Quand mon mari a commencé à abuser de ma fille, je n’ai rien dit parce que je croyais que c’était normal, mon père avait agi de la même manière avec moi. »
Nous sommes dans l’ordre du combat spirituel et nous devons accepter de passer par une purification.
Aujourd’hui, nous voulons faire nôtres les paroles du Pape François : « je me sens dans l’obligation d’assumer le mal commis par quelques prêtres et de demander personnellement pardon pour les dommages qu’ils ont causés en abusant sexuellement des enfants ».

« Ces scandales blessent aussi l’Eglise »
Ces scandales blessent aussi l’Église. Alors que tant et tant de prêtres donnent le meilleur d’eux-même, donnent leur vie, leur temps, donnent tout leur amour, parfois jusqu’à l’héroïsme au service de leurs frères, voilà qu’ils sont mis en cause, insultés, dénigrés, à cause de l’irresponsabilité criminelle de quelques-uns. A ces prêtres de terrain, fidèles à leur mission, ils sont l’immense majorité, je veux redire ma confiance et ma gratitude.
Les circonstances difficiles que nous vivons nous appellent à prendre des mesures claires : privilégier l’écoute et l’accompagnement des victimes, les inviter à porter plainte, dénoncer les faits à la justice et collaborer loyalement avec elle, ne pas hésiter à sanctionner canoniquement ceux qui se sont rendus coupables de tels actes.
Plus fondamentalement, chacun de nous doit revisiter l’essence même du sacerdoce qu’il a reçu et analyser sa place au cœur du monde où nous vivons.
Beaucoup de repères ont été brouillés par la sécularisation, le relativisme, les effets de la révolution morale des années 70, le passage d’une sexualité procréative à une sexualité « récréative ».
C’est dans ce monde que nous vivons et c’est dans ce monde que nous devons témoigner de la lumière du Mystère Pascal. »

Monseigneur Raymond Centène - Évêque de Vannes - Revue diocésaine « Chrétiens en Morbihan » du 31 mars 2016



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Mgr David Macaire : « On attaque Mgr Barbarin que parce qu’il a soutenu La Manif Pour Tous »

« Mes pensées premières vont aux victimes cependant, Il y en a assez de cette campagne de désinformation, je ne prends pas la défense de vieilles pierres mais celle de mes frères, celle de ma famille. Le Cardinal Barbarin a connu les faits 20 ans après et il a agit immédiatement. On ne l’attaque que parce qu’il a soutenu La Manif Pour Tous… Ou parce qu’il y a un intérêt quelconque à diaboliser encore et encore l’Eglise Catholique. ».

Monseigneur David Macaire - Archevêque de la Martinique – le 16 mars 2016



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Mgr Jean-Pierre Cattenoz pense lui aussi qu’il y a dans la couverture médiatique de cette affaire : « une volonté de faire du mal à l’Eglise, et de régler des comptes au Cardinal Barbarin, qui n’ont rien à voir avec le sujet »



« Traquer l’Église ne résoudra pas les problèmes posés par la pédophilie »

Lorsque l'acharnement contre un homme est tel, il est permis de se demander qui, de l'Église ou de la pédophilie, est visée.

Les crimes de pédophilie sont un poids honteux pour l’Église, le cacher serait une faute grave. Mais il faut reconnaître à l’Église, au pape Benoît XVI en particulier qui a mené cette bataille de toutes ses forces, d’avoir été la seule institution à traiter le problème en son sein, en toute transparence, puis à demander pardon publiquement pour ces vies brisées.
La colère exprimée par l’opinion, les commentateurs ou les hommes politiques semble légitime à l’aune des espérances déçues. Mais quelle surprise de découvrir une société qui met un point d’honneur à occulter l’Église de la sphère publique, s’acharner sur l’un de ses membres comme jamais elle ne l’aurait fait contre le membre d’une institution profane accusé du même crime… à l’exception de l’armée me direz-vous, et ce n’est pas tout à fait un hasard.
Cette société, la nôtre, qui s’applique avec un soin méthodique à mépriser l’Église, à la moquer, la défier quotidiennement, reconnaîtrait-elle une supériorité morale au prêtre sur tout autre éducateur… seulement lorsque qu’il est pédophile ? Quelle tristesse, et quelle injustice pour la cohorte silencieuse des prêtres qui passent discrètement leur vie à consoler les plus pauvres, les esseulés, les orphelins et jusqu’aux victimes de viol justement.
Les indices factuels sur ce que l’on appelle désormais « l’affaire Barbarin » se perdent dans le flot des réquisitoires haineux contre un cardinal sans doute un peu trop « engagé » politiquement… De zélés contempteurs, de Roselyne Bachelot à Manuel Valls, se réjouissent peut-être d’une cabale qui vise un évêque payant ici son engagement bruyant – au sein d’une conférence épiscopale française traditionnellement discrète – contre le mariage pour tous.
Sur twitter, c’est la curée : des proxénètes et des militants LGBT exigent d’un seul cœur la démission du prélat. L’occasion est trop belle de régler son compte à une Église trop bavarde, s’opposant frontalement aux avancées « progressistes » du « sens de l’Histoire ». D’ici à ce que certains en profitent pour relancer le débat sur le mariage des prêtres, il n’y a qu’un pas qui sera vite franchi, parions-le ! Mais ils se garderont bien de lever le voile pudique recouvrant la majorité des actes pédophiles commis dans des familles, au sein de couples mariés…

Ultime rebondissement : la plainte d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur.
« Dans cette affaire, rien ne me paraît normal. Je n’ai pas accès à la procédure, tandis que des gens se répandent dans la presse en disant qu’ils ont porté plainte. Et maintenant, voilà qu’un haut cadre du ministère de l’Intérieur dit qu’il a lui aussi déposé plainte, classée sans suite, et qu’il en veut beaucoup au cardinal Barbarin de ne pas s’être occupé de lui ! Je pense que ce haut fonctionnaire devrait être rappelé à un certain nombre d’obligations » expliquera doctement l’avocat de Mgr Barbarin.

Lorsque l’acharnement contre un homme est tel, il est permis de se demander qui est visé, de l’Église ou de la pédophilie. Rappelons quand même que ce n’est pas le Cardinal Barbarin qui est accusé de pédophilie tant le spectacle médiatique de ces derniers jours pourrait le laisser croire !

Tous les prêtres sont pêcheurs car ils sont des hommes. Ceux qui se rendent coupables de faits pénalement répréhensibles doivent en répondre. Et n’oublions pas qu’ils en répondront « sur la terre comme au Ciel » comme le rappelle le fondateur de l’Église lui-même : « ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». On trouve difficilement condamnation plus claire.

Charlotte d'Ornellas - 16 mars 2016



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Le Père Matthieu Rougé, Curé de Saint-Ferdinand-des-Ternes : « Un prêtre coupable d’actes de pédophilie ne peut plus exercer de mission Sacerdotale »

Mon sentiment et mon expérience sont qu’actuellement en France, dans la société en général et dans l’Eglise en particulier, règne un climat de rigueur et de vigilance. Les règles d’encadrement d’activités pour les jeunes, en particulier, sont précises et leur mise en œuvre est soigneusement vérifiée. Toute plainte est prise au sérieux et donne lieu à une enquête immédiate.
Ce que je comprends des règles en vigueur, c’est qu’un prêtre coupable d’actes de pédophilie ne peut tout simplement plus exercer de mission sacerdotale. Cette discipline sévère me semble indispensable. Un prêtre ayant commis des abus ou des crimes sexuels, notamment à l’encontre de personnes confiées à son ministère, est objectivement disqualifié. Le maintenir en fonction, d’une manière ou d’une autre, discrédite ses confrères, discrédite l’Eglise et porte atteinte au rayonnement de l’Évangile. Il me semble que la ligne de conduite du Saint Siège et de l’Épiscopat français est désormais très claire.
La première exigence de la miséricorde authentique consiste à prendre soin des victimes et à les protéger. La même miséricorde s’exerce à l’égard des coupables quand ils sont mis en situation de ne pas pouvoir reproduire leurs crimes. Autrement dit, on ne peut jamais s’appuyer sur l’exigence du pardon pour justifier le retour d’un coupable avéré sur le terrain pastoral de ses abus. Il me semble que si quelqu’un s’est vraiment « converti » après un acte très grave, il comprendra de lui-même qu’il doit changer radicalement d’activité. Cette compréhension sera même sans doute le signe par excellence de l’authenticité de sa conversion.
La crédibilité morale de l’Eglise et de son enseignement est évidemment atteinte par les transgressions que nous évoquons. Celles-ci cependant s’inscrivent dans un climat contemporain de permissivité qui contribue à mettre les tempéraments déséquilibrés en situation de commettre des actes pervers. Il est donc essentiel pour tous de dire et de servir la véritable dignité de la personne humaine, de promouvoir une sexualité respectueuse et équilibrée, de contribuer à l’éducation d’êtres unifiés, en paix avec eux-mêmes et avec les autres.
Les crimes commis par des prêtres sont encore plus choquants pour d’autres prêtres que pour l’opinion en général. A titre personnel, je me sens souillé par de tels agissements, blessé dans mon identité sacerdotale, et j’enrage de voir ainsi abîmé le fruit du dur labeur de tant de prêtres zélés.
Cette crise est évidemment une dure épreuve, d’abord pour les victimes concernées évidemment mais aussi pour l’Eglise, c’est-à-dire pour tous les baptisés. Comme toute épreuve, si elle est vécue dans la vérité et dans l’humilité, elle pourra porter des fruits ultimement positifs, en renforçant notamment la vigilance des responsables ainsi que la rigueur et la droiture de tous les acteurs de terrain.

Père Matthieu Rougé - 21 mars 2016



La honteuse sortie de Manuel Valls exige des excuses !

C’est une campagne odieuse qui est actuellement menée contre le Cardinal Philippe Barbarin. Elle prend des allures de lynchage médiatico-politique. Cela n’est pas supportable. Ce qui l’est encore moins, c’est que le Premier ministre s’en mêle d’une manière totalement déplacée. Son mépris arrogant des Catholiques ne nous était pas inconnu… Mais qu’il ose s’en prendre aussi vilainement à un Cardinal de la Sainte Église Catholique dépasse les bornes. Nous devons le lui faire savoir !!!

SIGNEZ LA PÉTITION pour OBTENIR des EXCUSES de Manuel VALLS