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La Prière du R. P. Avrillon pour la Fête du Saint-Sacrement « Ô mon Sauveur, qui avez ajouté au Sacrifice de la Croix celui de la divine Eucharistie » :

« Ah ! Seigneur ! Que j'ai sujet de craindre Vos redoutables jugements quand je pense, dans l'amertume de mon cœur, aux péchés innombrables que j'ai commis depuis mon Baptême ! Me voici, ô mon Dieu, à ce Tribunal si favorable de votre Miséricorde, en posture de criminel et de criminel pénitent, où j'attends de Votre bouche adorable un oracle de vie, quoique j'aie mérité la mort ; c'est Vous-même qui m'y avez conduit : je n'y serais pas à présent prosterné si Vous ne m'aviez inspiré d'y venir chercher un asile contre votre Justice, et j'espère le trouver. Mais comment oserai-je Vous prier de me regarder ? Et comment pourrai-je soutenir Vos divins regards qui pénètrent jusqu'au fond du cœur, et qui en découvrent toutes les misères les plus cachées et toutes les souillures les plus secrètes ? Quel désagréable spectacle et quel indigne objet pour Vos yeux, moi qui les ai fuis, et qui n'ai que trop cherché ceux des créatures ! Faites entendre à mon cœur, ô mon divin Sauveur, et à mon cœur contrit et humilié, une Voix secrète, une Voix favorable qui parte de cette Hostie et de votre Cœur pour m'accorder le Pardon de tous mes péchés, qui sont sans nombre, qui m'assure d'une Réconciliation si parfaite, qu'il ne reste plus le moindre froid dans votre Cœur contre moi, pour me rendre digne de Vous parler avec confiance, de Vous entendre, de venir Vous adorer et de Vous ouvrir tout mon cœur tous les Jours de cette Sainte Octave, et d'y trouver les Secours qui me sont nécessaires pour ne plus Vous offenser. Quel motif de consolation pour moi, Seigneur, de penser que c'est votre Amour qui Vous a fait mettre à la place de ce pain qui paraît à mes yeux, et que Vous Vous y êtes mis comme un précieux mémorial de votre Passion et de votre Mort, qui ont été des Sources abondantes et de confiance et de consolation pour les pécheurs ! Quel motif d'espérance pour moi de savoir que dans cette Hostie que j'adore Vous renouvelez à tout moment ce que votre Amour Vous a fait faire dans le Jardin des Oliviers, dans le Prétoire et sur le Calvaire ! Et où en serais-je à présent, tout couvert de péchés comme je le suis, si Vous n'aviez donné cette puissante Ressource à mes péchés, à mes troubles, à mes justes alarmes sur un avenir redoutable que je n'ai que trop mérité ! Je l'avoue, Seigneur, je me suis rendu à moi-même Votre mort inutile par mes résistances à vos Grâces, par mes lâchetés, et par mes fréquentes rechutes dans le péché : je Vous ai crucifié de nouveau, je Vous ai donné plusieurs fois la mort depuis que Vous Vous êtes immolé pour me donner la Vie. Hélas ! Je dois donc périr, puisque j'ai renouvelé Votre mort, ô Vous qui êtes mon Sauveur et mon Dieu. Je l'avoue, ô mon divin Libérateur, je mérite Votre colère ; mais ressouvenez-Vous que ce coupable, qui a tant de fois irrité Votre colère, est prosterné au pied de votre Tabernacle, en présence de votre Corps et de votre Sang qu'il adore de tout son cœur, et devant Lequel il confesse ses péchés avec un cœur contrit et humilié que Vous n'avez jamais méprisé. Ressouvenez-Vous qu'il n'est point ici au pied du Trône de votre Justice, mais de Celui de votre Miséricorde ; il est à la Source de la Grâce et de la Vie : le traiteriez-vous comme un ennemi, et le laisseriez-vous périr ? Cependant, ô mon Sauveur, votre Amour, qui est sans bornes, n'est pas demeuré là, parce que Vous vouliez me sauver à quelque prix que ce fût : Vous avez ajouté au Sacrifice de la Croix celui de la divine Eucharistie, pour renouveler l'efficace de l'Un par l'Autre, et pour mettre le sceau et le comble à ma rédemption, par une application toujours nouvelle de votre Sang adorable, de votre douloureuse Passion et de votre Mort . Quelle preuve authentique de Votre infinie Bonté et quel puissant motif d'espérance en votre Miséricorde ! Vous êtes ici tous les jours, Victime et Sacrificateur tout ensemble, et votre Amour Vous a renfermé dans ce Sacrement et comme ma Caution, et comme mon puissant Médiateur ; et Vous faites les fonctions de l'Un et de l'Autre ; Vous y payez mes dettes et Vous obtenez ma réconciliation : ah ! Que ne dois-je point attendre d'une Rédemption si puissante et d'un Amour si généreux, quelques péchés que j'aie commis ! Vous Vous trouvez sur tous les Autels au premier moment que Vous y êtes appelé ; Vous Vous у offrez Vous-même avec le Prêtre pour satisfaire à la Justice de Dieu pour mes péchés, dont je devrais être la seule victime, parce que moi seul j'en suis coupable, et que je devrais seul en porter toute la peine. Vous faites plus : Vous mourez mystiquement tous les jours sur cet Autel, parce que les pécheurs Vous offensent tous les jours, et que Vous voulez à Vos dépens leur donner la Vie, quoiqu'ils aient mérité la mort. Ah ! Seigneur, c'est cet Amour ingénieux et multiplié qui me rend toute ma confiance et qui me rassure quand je suis alarmé des rigueurs de votre Justice, et qui me fait comprendre que Vous voulez que l'amour dans mon cœur l'emporte sur la crainte. Quel motif de confiance et quel fonds de consolation pour moi, ô mon divin Sauveur, quand je considère l'adorable Sacrement de l’Eucharistie comme un précieux Mémorial, comme une précieuse Réitération, et comme une vive Représentation de tout ce que Vous avez enduré sur le Calvaire, et que Vous y renouvelez et répétez en ma faveur, d'une manière toute Sainte, toute mystérieuse et toute efficace, tout ce que Vous avez fait dans le cours de votre Passion, surtout dans le douloureux moment de votre Mort ! C'est un excès d'amour qui vous a fait Victime sur le Calvaire, c'est un excès du même Amour qui vous a fait Victime sur cet Autel ; et entre les mains des Prêtres, sur l'Autel de la Croix, vous apaisez la colère de votre Père céleste irrité contre moi ; sur l'Autel de ce Sanctuaire où je Vous adore à présent, vous faites les mêmes fonctions, et c'est votre Amour qui Vous les fait faire. Que craindrais-je donc dorénavant ! Vous faites plus, ô mon Sauveur ; quand je Vous montre ici les plaies de mon âme, en Vous conjurant de les guérir, Vous montrez à votre Père Celles que Vous avez reçues dans Votre corps pour moi, et c'est ainsi que votre Amour me le rend favorable. Sur la Croix Vous êtes mort pour me délivrer de la mort et pour me donner la Vie, et Vous avez voulu expirer en criant à haute voix, et plutôt d'un ton de Maître et de Vainqueur que d'un homme faible et agonisant, parce que Vous voulez que la Voix de votre Bouche, de vos Plaies, de votre Sang et de votre Sacrifice, criât plus haut, et se fit mieux entendre au Tribunal de la Miséricorde que la voix de mes péchés à celui de la Justice. Criez encore à ce divin Tribunal en ma faveur, mon adorable Sauveur, pour m'obtenir la Grâce de la Miséricorde que je demande. Tout renfermé que Vous êtes dans cette Hostie que j'adore, Vous avez une Voix éloquente et un divin Langage que votre Père céleste écoute avec plaisir : c'est une Voix amie qu'Il ne rebute jamais et qu'Il exauce toujours. Parlez pour moi, qui suis le prix de votre Sang, pour me rassurer contre les frayeurs et les justes alarmes que me causent mes péchés. Achevez ici, Seigneur, ma parfaite réconciliation, et consommez-la quand Vous serez en moi par la Communion ; faites entendre votre Voix, soit dans ce Tabernacle, soit du fond de ma poitrine ; Vous avez autant de crédit dans ce Sacrement et sur cet Autel que Vous en aviez sur la Croix, puisque Vous y êtes et comme Victime, et comme Médiateur, et comme Sauveur, et comme Dieu : comme Victime, apaisez la Justice de Dieu ; comme Médiateur, plaidez ma cause ; comme mon Sauveur, protégez le prix de votre Sang ; et comme Dieu, faites-moi Miséricorde ».

Ainsi soit-il.


Père Jean-Baptiste-Élie Avrillon (1652-1729) – « Esprit » du R. P. Avrillon pour passer saintement l’Avent, le Carême, la Pentecôte, la Fête-Dieu et l’Assomption, pages 450-456, chez Auguste Vaton (1845).

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Voir également du R P Jean-Baptiste-Elie Avrillon :
- La Prière du R. P. Avrillon « Ô Dieu Fidèle, donnez-moi le courage de Vous être fidèle jusqu'à la mort »
- La Prière du P. Avrillon « Ô mon Dieu, dès que le soleil se lève je pense à Vous »
- La Prière du Révérend Père Avrillon « Ô mon Dieu, donnez-moi le courage d'expier les péchés que j'ai commis par une rigoureuse pénitence »
- La Prière du R P Jean-Baptiste-Élie Avrillon « Vous avez vu, ô Mère douloureuse, souffrir et mourir ce Fils si aimable »
- La Prière du Révérend Père Jean-Baptiste-Elie Avrillon « Vierge sainte, obtenez-moi la Grâce d’aimer Dieu comme je le dois »
- La Prière du R-P. Avrillon sur la Chasteté « Amour de mon Jésus, triomphez de toutes mes passions, terrassez-les et enchaînez-les »
- La Prière du R-P Avrillon pour l’Assomption « Ô Marie, obtenez-moi d'aimer Votre adorable Fils jusqu'au dernier jour de ma vie »
- La Prière du R P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon « Brisez mes chaînes, ô Dieu d'Amour »
- La Prière du R. P. Avrillon pour le premier jour de l’Avent « Seigneur, faites-moi la Grâce de Vous aimer comme mon Sauveur »
- La Prière du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon pour l'Assomption « Ô Mère de Dieu, abaissez Vos yeux sur mes misères et mon néant »
- La Prière du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon pour obtenir la pureté « Créez en moi, Seigneur, un cœur pur »
- La Prière du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon sur l’humilité « Aidez-moi, Vierge Sainte, à marcher sur Vos traces »
- La Prière du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon pour le Mercredi des Cendres « Seigneur, je confesse que je mérite de mourir et d'être réduit en cendre »
- La Prière du 1er Dimanche du Carême du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon « Souverain Seigneur, qui avez institué ces jours annuels de jeune et d'abstinence »
- La Prière du 2ème Dimanche du Carême sur la Transfiguration du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon « Seigneur, menez-moi, comme vos Apôtres, sur cette montagne mystique »
- La Prière de Protection contre nos ennemis du 3ème Dimanche du Carême du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon « Armez, Seigneur, votre Bras Tout-Puissant pour nous protéger et nous défendre »
- La Prière sur la Providence du 4ème Dimanche du Carême du R. P. Jean-Baptiste-Élie Avrillon « Ô Dieu de Miséricorde, nous adorons Votre divine Providence dans nos peines »
- La Prière du Dimanche de la Passion du R. P. Avrillon « Seigneur, j'ai marché par les voies les plus dures, par obéissance aux Paroles qui sont sorties de Vos lèvres »
- La Prière du Dimanche des Rameaux du R. P. Avrillon « Agneau de Dieu, qui allez être immolé pour mes péchés, pardonnez-moi mes révoltes et mes désobéissances »
- La Prière du Jeudi Saint du R. P. Avrillon « Adorable Instituteur du plus Saint, du plus Vivifiant et du plus Auguste de tous les Sacrements »
- La Prière du Vendredi Saint du R. P. Avrillon « Sauveur expirant, votre Tête sanglante et toute défigurée est penchée et inclinée vers moi »
- La Prière du Dimanche de Pâques du R. P. Avrillon « J'étais mort, ô mon adorable Sauveur, et Vous me rendez aujourd'hui la Vie que j'avais perdue par le péché »
- La Prière pour l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ du R. P. Avrillon « Ô mon divin Sauveur, Vous êtes monté au Ciel pour m'y préparer une place »
- La Prière au Saint-Esprit du R. P. Avrillon pour la Pentecôte « Esprit Saint et Sanctificateur, venez à moi, visitez-moi, remplissez-moi et demeurez en moi »
- La Prière à Jésus dans le Saint Sacrement du R. P. Avrillon « Mettez donc, ô mon Sauveur, les Paroles de votre Cœur solitaire dans le mien »
- La Prière du R. P. Avrillon pour la Fête du Saint-Sacrement « Ô mon Sauveur, qui avez ajouté au Sacrifice de la Croix celui de la divine Eucharistie »
- La Prière du R. P. Avrillon pour l’Octave de l'Assomption « Ô Reine du Ciel et de la terre, Vous y avez été couronnée par les Mains de Votre adorable Fils »
- La Prière du R. P. Avrillon pour conclure l’Octave de l'Assomption « De ce Trône éclatant que Vous occupez dans le Ciel, Vierge Sainte, jetez les yeux sur moi »