NOEL-NATIVITE.jpg

La Prière de Jacopone da Todi « Dis, ô douce Marie, combien amoureusement Tu regardais ton petit enfant, le Christ, mon Dieu » :

« Dis, ô douce Marie, combien amoureusement Tu regardais ton petit enfant, le Christ, mon Dieu. Après L'avoir mis au monde sans souffrance, ton premier soin, j'en suis sûr fut de L'adorer, ô pleine de grâce ! Puis Tu L'étendis sur la paille de la crèche, et de quelques mauvais langes L'ayant enveloppé, Tu restas émerveillée et ravie, je le crois. Oh ! Que de joie, que de douceur Tu ressentais à Le tenir en tes bras ! Dis-le, Marie, car peut-être conviendrait-il, par pitié du moins, de me satisfaire. Alors, mettant des baisers sur son Visage, Tu Lui disais, n'est-ce pas : « ô mon petit enfant ! » Tantôt enfant, tantôt père et seigneur, tantôt Dieu, tantôt Jésus, Tu Lui donnais ces noms. Ô quelle suave tendresse Tu sentais en ton cœur, en Le prenant sur tes genoux pour Lui donner ton lait. Que de gestes gracieux, de douceur et d'amour, charmaient tes yeux, près de l'enfant aimé. Si parfois, dans le jour, Il s'endormait un peu, Toi voulant éveiller ce trésor de paradis, tout doucement, tout doucement, pour ne pas Le troubler, Tu venais appuyer tes lèvres sur sa Joue et Tu Lui disais dans un sourire maternel : « Assez dormi, plus long sommeil te ferait mal ». Mais tout ceci dit peu ; ce ne sont que paroles débiles qui esquissent seulement le moindre de tes bonheurs. Mais une pensée, semble-t-il, vient s'offrir à mon âme, une autre de tes joies exquises ; joie telle, que je ne sais comment ton cœur ne s'en est point fendu en éclats. Toi, que l'éternel et souverain Père appelle sa fille, Toi qu'on nomme l'humble servante du Seigneur, Tu fus affectueusement saluée du nom de Mère. A cette seule pensée le cœur se fond, si l'on pénètre ce que renferme le doux langage de cet Amour dont toujours hélas je m'écarte. Va, ma chanson, vers Marie, notre chère Avocate, et à ses genoux, prie-la pour moi, qu'elle ne me soit pas trop avare de son Fils qui jamais ne Lui refusa, ni ne Lui refuse rien. Dis-lui encore : « Ah, retiens, retiens pour jamais, celui qui trop souvent s'éloigna de Toi ». Amen. »

Jacopone da Todi (1228-1306)

Jacopone-de-Todi.jpg

Voir également du Franciscain Jacopone da Todi :
Le « Stabat Mater » de Jacopone da Todi
La Prière de Jacopone de Todi « Ô Mère, Source d'Amour, faites-moi sentir la violence de Votre douleur afin que je pleure avec Vous »
La Prière de Jacopone da Todi « Ô mon Seigneur, tout empressé Vous avez couru vers la Croix, où il Vous tardait de mourir pour moi ! »
La Prière de Jacques de Benedetti « Jésus, donne-moi de couper tout lien qui puisse me retenir »
La Prière de Jacopone da Todi « Dis, ô douce Marie, combien amoureusement Tu regardais ton petit enfant, le Christ, mon Dieu »
La Prière de Frère Jacques de Benedetti « Que chaque amant qui aime le Seigneur vienne à la danse en chantant d'amour »