La Prière de Saint Germain de Constantinople « Je Vous salue, Marie, pleine de grâce, plus Sainte que les saints » :

« Je Vous salue, ô Vous qui, touchée de compassion à la vue de l'affreuse nudité où nous avait réduits, dans le jardin d'Éden, le fruit pernicieux qui donna la mort à nos âmes, nous avez recouverts d'un vêtement magnifique ; que la main des hommes n'a point tissé, mais qui nous a été imposé par Dieu Lui-même ; Vous qui, lorsque nous étions enfoncés dans la fange de l'iniquité, nous avez été donnée comme la rémission des péchés, ô Epouse sacrée du Tout Puissant ! Je Vous salue, ô Vous qui, sous vos pas si bien réglés, avez foulé ce tyran qui m'entraînait, pour me nuire, à la transgression, ce conseiller perfide, cet ennemi de tout bien, ce serpent trompeur qu'on appelle le Diable, et avez pris, comme par la main, notre nature corruptible et toujours prête à tomber, pour la conduire, dans votre compagnie, au Sanctuaire spirituel et au Tabernacle divin qui ne vieillit jamais ! Je Vous salue, ô Vous qui avez fait éclore la clarté d'un jour de joie et d'allégresse sur la tête de ceux qui se trouvaient comme enchaînés dans les ténèbres du trépas, dans l'abîme de l'infirmité, et auxquels Vous avez promis de dissiper, par la Puissance de Dieu, cette obscurité funeste, ô Marie, plus sublime que tous les miracles. Je Vous salue, ô Vous qui distillez sur nous la rosée divine de l'intelligence, ô Nuée brillante qui avez fait lever sur notre horizon, enveloppé des ombres de la mort, le plus éclatant de tous les soleils ! ô Source qui, prenant votre origine dans le ciel, formez ces fleuves rapides de la connaissance de Dieu, qui entraînent, par les eaux limpides et pures de la foi orthodoxe, le limon de l'hérésie ! Je Vous salue, ô divin Paradis, ô Séjour de la Sagesse, ô Jardin plein de charmes, planté par la Main du Tout-Puissant, où fleurit le Bois de vie pour communiquer la science de la vérité et donner l'immortalité à ceux qui en goûtent ! Je Vous salue, ô Edifice sacré, ô Palais immaculé et sans tache du grand Roi, de Dieu Lui-même, ô Vous qui avez été revêtue de sa Majesté et avez appelé tous les hommes à recevoir en Vous une sainte hospitalité, où ils pourront jouir des mystères de la foi depuis leur première origine ! Je Vous salue, ô nouvelle Sion, ô sainte Jérusalem, ô Cité auguste du grand Roi, dans les tours de laquelle Dieu est clairement connu, et au milieu de laquelle Il passe sans l'ébranler et sans lui porter atteinte, tandis qu'il émeut les nations et fait tomber les rois à vos pieds pour rendre hommage à votre Gloire ! Je Vous salue, ô Montagne féconde et ombragée, où a été nourri l'Agneau raisonnable qui a effacé nos péchés et guéri nos maladies, et d'où s'est détachée, sans l'aide d'une main humaine, cette petite pierre qui a renversé les autels des idoles, et, par un prodige admirable à nos yeux, est devenue la pierre angulaire ! Je Vous salue, ô saint Trône de Dieu, ô Trésor sacré, ô brillante et glorieuse Maison, ô vénérable Tabernacle, ô Vase choisi que Dieu a réservé pour son usage, ô Propitiatoire de tout l'univers, ô Ciel qui racontez la gloire du Très-Haut, ô miraculeux Orient d'où s'élève un astre qui ne connaît pas de couchant, dont le sommet du ciel est le point de départ, et dont personne ne saurait éviter la chaleur, c'est-à-dire la conduite providentielle ! Je Vous salue, Marie, pleine de grâce, plus Sainte que les saints, plus haute que les cieux, plus glorieuse que les chérubins, plus digne d'honneur que les séraphins, et plus vénérable que toute créature !... Je Vous salue, ô radieuse Colombe qui nous avez apporté le rameau d'olivier, symbole du salut et signe certain de la fin du déluge où s'engloutissaient les intelligences, ô Urne d'or pur qui renfermez la manne véritable, Jésus-Christ, la douceur et les délices de nos âmes ! Ô Reine de pureté qui méritez tout hommage et toute vénération, ô Cœur dédié au Seigneur par une consécration qui surpasse la condition de toute créature, ô Terre que l'homme n'a point cultivée, ô Champ toujours intact, ô Vigne abondante en pampres magnifiques, ô Vase où se puise la joie, ô Source qui répandez l'eau comme par torrent, ô Vierge-Mère, ô Mère toujours Vierge, ô Trésor d'intégrité, ô Chef-d'œuvre de chasteté, daignez, par la vertu de vos douces Supplications, que l'autorité maternelle rend si puissantes auprès de votre Fils et de votre Dieu, de ce Dieu créateur de tous, que Vous avez engendré sans père, nous conduire dans le port assuré du salut, et tenant en main le gouvernail de l'ordre ecclésiastique, nous préserver du naufrage dont nous menacent les flots de l'hérésie et des scandales ; ornez les prêtres, comme d'un manteau glorieux, de la justice et de la joie pure, d'une foi droite et irréprochable ; dirigez dans la paix et dans le repos les sceptres des empereurs orthodoxes qui, de préférence à la pourpre, à l'or, aux diamants, aux pierres précieuses, Vous regardent comme leur couronne, leur vêtement royal et l'ornement inamissible de leur puissance ; renversez et subjuguez les nations barbares et infidèles qui Vous déchirent par leurs blasphèmes et outragent avec Vous le Dieu qui de Vous a pris naissance ; soyez, à l'heure du combat, la Protectrice de l'armée qui s'appuie toujours sur votre Secours, et confirmez, selon le précepte de Dieu, le peuple appelé à la dépendance dans la pratique d'une facile et soumise obéissance ; couronnez de triomphes cette ville (Constantinople) qui Vous appartient et qui Vous considère comme son rempart et son fondement ; doublez ses forces et soyez sa Gardienne ; conservez toujours la beauté de ce temple sacré, votre Demeure ; défendez vos panégyristes de toutes calamités et de toute angoisse spirituelle ; donnez la liberté aux captifs ; tendez au monde entier votre Main auxiliatrice, afin que nous puissions célébrer, dans une pompeuse splendeur, avec la solennité de ce jour, toutes vos autres Solennités, en Jésus-Christ, le Roi de l'univers et notre vrai Dieu, à qui conviennent la gloire et l'empire, ainsi qu'au Père, centre de la sainteté et principe de la vie, dans la compagnie de l'Esprit consubstantiel, qui partage leur essence et leur domination, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

Saint Germain de Constantinople (635-733)

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Voir également de Saint Germain de Constantinople :
La « Catéchèse de Benoît XVI sur Saint Germain de Constantinople »
La Prière de Saint Germain de Constantinople « Ne nous laissez pas comme des orphelins privés de votre secours » à la Très Sainte Vierge Marie
La Prière Mariale « Pour nous mener au salut » de Saint Germain de Constantinople
La Prière de Saint Germain de Constantinople « Je Vous salue, Marie, pleine de grâce, plus Sainte que les saints »
La Prière de Saint Germain de Constantinople « Ô Marie, Mère de Dieu, accordez votre Secours et votre Protection à ceux qui célèbrent vos Solennités »