La Prière Maternelle d’Édouard Courteville « Pour épargner l'enfant, mon Dieu, prenez la mère ! » :

« Mon Dieu, Vous qui voyez, des voûtes éternelles,
Mon enfant endormi dans mes bras enlacé,
A mes soins attentifs daignez donner des ailes
Pour que ce front si pur ne soit jamais plissé !
Que ma part de bonheur vienne accroître la sienne,
Que ce soit moi qui souffre et lui qui soit heureux :
Qu'importent mes douleurs, si sa tête sereine
Peut sourire à la vie en contemplant les cieux !
Pitié pour lui, mon Dieu, pitié pour l'innocence !
Ne me le prenez pas il est si faible encor :
A peine quelques jours ont suivi sa naissance !
La mort n'a pas d'arrêt contre un enfant qui dort.
Car Vous exaucerez mon ardente prière :
Pour épargner l'enfant, mon Dieu, prenez la mère !
Ainsi soit-il. »

Edouard Courteville (1832-1887) – « Poésies posthumes par Jules Rohaut »