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La Prière de M. l’Abbé Pierre Pousset « Ô Très Auguste Trinité, agréez et bénissez l'offrande que je Vous fais de ce petit écrit » :

« Ô Très Sainte, Très Auguste et Incompréhensible Trinité, Dieu Éternel ! À Vous seul sont dus les hommages de toutes les créatures et toute gloire. Souffrez donc qu'un de Vos serviteurs se prosterne devant Vous, et se jette à Vos pieds pour gémir sur le malheur qu'il a de Vous avoir si peu honoré jusqu'ici, et sur les marques sans nombre qu'il Vous a données de son ingratitude et même de sa malice. Souffrez qu'il Vous en demande pardon, instamment pardon, en s'anéantissant, autant qu'il le pourra, en Votre divine Présence, pour ne compter plus que sur les Mérites de Jésus-Christ et sur Votre infinie Miséricorde. Mon Dieu, ce ne serait point à moi à entretenir Vos enfants des moyens de devenir Justes, puisque Vous dites au pécheur par le Prophète roi : « comment oses-tu raconter mes Justices, et parler de mon Testament » (Ps 49, 17). Mais Dieu bon ! Vous m'avez enhardi en m'élevant jusqu'au rang de Vos ministres ; Vous m'avez même fait par là un devoir de parler aux hommes de Vos bontés et de leurs obligations envers Vous, et pourrais-je garder le silence, et ne pas presser Vos enfants, à temps et à contretemps, selon l'avis de l'Apôtre, de se délivrer de leurs vices, et de sanctifier leurs âmes ? Pourrais-je surtout ne pas favoriser de tout mon pouvoir l'établissement de votre Règne dans ces cœurs que Vous prévenez de plus de Bienfaits, que Vous aidez de plus de Grâces et appelez à plus de Sainteté ? Agréez donc, Père saint, Fils adorable, Esprit d'amour, agréez et bénissez l'offrande que je Vous fais de ce petit écrit, qui contient les principales réflexions que dans Votre bonté Vous m'avez inspirées pour mon bien, et peut-être pour celui des autres. Vous savez bien, mon Dieu, que le vœu sincère de mon cœur est qu'il soit tout pour Votre unique Gloire. Vous savez bien de plus, qu'il est dans l'économie ordinaire de Votre divine Providence, d'employer les instruments les plus faibles et les plus vils pour opérer ce qu'il y a de plus important à Vos yeux, votre Gloire et notre salut. Oh ! Si quelque âme, ne s'en trouvât-il qu'une seule ; oh ! Si quelque âme, par la lecture de ces méditations, devenait moins livrée au péché, plus dévouée à Vous, ô mon Dieu, plus animée dans sa foi, plus fortifiée dans son espérance, plus sincère et plus brûlante dans sa charité ; Dieu de mon cœur, soyez béni, et regardez d'un œil favorable la joie que m'inspirera le bonheur d'avoir été l'occasion d'un si grand bien ! Si je suis loin de mériter par moi-même une si grande Grâce, Vous n'ignorez pas, Seigneur, combien je me crois capable de tout obtenir de Vous, comme ma confiance devient douce et entière, quand Vous me permettez d'unir mes prières et mes travaux, aux prières et au travail de Jésus, Marie et Joseph, dans la très vénérable, mais très pauvre Maison de Nazareth. C'est dans cette Sainte Famille, ô Dieu trois fois Saint, que Vous avez été dignement et divinement honoré ; c'est là que les Vérités divines étaient, avec un recueillement tout céleste, méditées, senties et goûtées. Eh bien ! Mon Dieu, je m'unis aux saintes Dispositions de cette divine Famille ; et fort de Son assistance, je Vous fais sans crainte cette offrande et cette prière, disposé d'ailleurs à continuer ou terminer ce travail, selon Votre unique bon Plaisir, que je désire vouloir seul, tout seul, dans les siècles des siècles. »

Ainsi soit-il.


Abbé Pierre Pousset (1794-1883) - « Le mois sanctifié par la méditation de quelques Vérités importantes à l'usage des personnes qui travaillent à leur perfection », p. 5-10, Chez Perisse Frères (1831).

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Voir également de Monsieur l’Abbé Pierre Pousset :
La Prière de M. l’Abbé Pierre Pousset « Ô Très Auguste Trinité, agréez et bénissez l'offrande que je Vous fais de ce petit écrit »
La Prière du Chanoine Pierre Pousset « Ô Jésus vivant en Marie, venez et vivez en Votre serviteur »