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La Prière de M. l'abbé Le Guillou « Ô Marie, ma Reine, ma Bienfaitrice et ma Mère » :

« C'est Vous ma Reine, ô Marie, et votre désir le plus ardent, votre constante étude en exerçant sur mon cœur Votre souveraine Domination, c'est d'y attirer le règne de la paix et de la félicité que dispense le divin Pasteur à ses brebis fidèles. Agréez donc, Auguste Reine, l'hommage de ma profonde vénération, et ne cessez de régner sur moi, Vous et Votre divin Fils Jésus ! C'est Vous ma Bienfaitrice, et de combien de Grâces ne Vous suis-je pas redevable, ô Source intarissable des biens les plus précieux ! Où serais-je en ce moment, si je n'avais été tant de fois secouru par Votre main charitable, abrité par le manteau de Votre puissante protection, nourri du lait de Vos consolations angéliques ? Miséricorde de mon Dieu, qu'a importunée Marie en ma faveur, dites si je ne serais pas compté au nombre des malheureuses victimes du désespoir, si je n'eusse pas fait naufrage au sein d'implacables tempêtes, si enfin je ne me verrais pas à jamais au fond de l'abîme de tous les maux ? Et cependant, Vierge Sainte, qu'ai-je fait, que fais-je encore, pour que Vous daigniez abaisser sur moi des Regards pleins de sollicitude et de tendresse ? Ô Reflet de la sagesse infinie, éclairez mon esprit ; Trésor de clémence, brisez mon cœur du regret des fautes de ma vie passée ; Refuge de ma pauvre âme, inspirez-moi de saintes résolutions pour l'avenir, et recevez les vœux de mon humble reconnaissance. C'est Vous ma Mère, et ce ne sont pas seulement les charmes de Votre doux empire, ni les dons de Votre céleste munificence qui m'enchaînent au pied du trône de votre Gloire ; c'est surtout votre Amour qui a tant souffert pour moi sur le Calvaire où, par le plus généreux Sacrifice, Vous avez dû consentir à la mort de votre Fils, mon Rédempteur, mourant sur la Croix pour m'arracher à la mort, et où Vos douleurs unies aux Mérites du divin Crucifié ont contribué à me donner une nouvelle vie ! Mais, ô Mère incomparable, suis-je donc un enfant digne de Vos grandeurs, de Vos vertus et de Vos bontés ? Comblé de Vos largesses, faut-il, hélas ! Que j'ajoute à ma misère extrême l'indifférence et le péché ! Non, désormais je veux être moins injuste, je veux Vous rendre amour pour amour. »

Ainsi soit-il.


Abbé Corentin-Marie Le Guillou (1804-1890) - « Douze cantiques à Marie », pages 24-26, chez Périsse, 1838