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La Prière de M. l’abbé Beurier « Ô mon Dieu, allumez dans nos cœurs le feu de Votre saint Amour » :

« C'est à votre Religion sainte, ô mon Dieu, qu'il faut avoir recours, pour trouver du soulagement dans nos maux : Elle seule peut nous fournir des motifs qui, sans nous y rendre insensibles, nous les font accepter avec une entière résignation, en nous apprenant que, quelque vives qu'elles soient en elles-mêmes, elles sont très peu de chose, eu égard à ce que votre Fils, Jésus-Christ, a souffert, eu égard à ce que nous avons mérité, eu égard à ce qui nous est promis. Ô péché, que tu es donc à craindre, et qu'aveugles sont ceux qui te commettent ! Seigneur, ouvrez-nous les yeux, pour nous en découvrir toute la difformité. Mais que dis-je, ô mon Dieu, et pourquoi demander l'impossible ? Ah ! Si les Saints assurent qu'on ne pourrait envisager la laideur de la faute, même la plus légère, sans en mourir d'effroi, comment pourrions-nous soutenir la vue d'un péché mortel ? En donnant la mort à l’âme, il la met dans un état infiniment horrible. Elle exhale une odeur de mort, qui la rend l'objet de l'exécration de Dieu, dont la justice lui réserve dans l'autre vie les plus terribles châtiments. Car pour empêcher que la corruption de cette âme ne se communique aux autres, si elle ne se convertît au plutôt, Vous l'enfermerez pour toujours dans le sépulcre de l'enfer, où elle éprouvera une seconde mort, qui n'aura jamais de fin. Ah ! Seigneur, que vos Jugements sont terribles et qu'un prophète a bien raison de s'écrier que personne ne peut comprendre jusqu'où va l'étendue de votre Colère. Permettez-moi donc, ô mon Dieu, de Vous dire avec Saint Augustin : « Frappez, Seigneur, frappez ; châtiez-moi dans ce monde ; employez et le fer et le feu, s'il le faut, pour me punir pendant la vie, pourvu que Vous m'épargniez pendant l'éternité ». Rien n'est plus capable d'allumer dans nos cœurs le feu de Votre saint Amour, ô mon Dieu, que la pensée du terrible feu dont Vous brûlez les damnés dans l'enfer. Plus je considère l'extrême rigueur avec laquelle Vous les traitez, plus je dois bénir vos Bontés à mon égard, et m'écrier avec David, que si je ne suis pas au fond des enfers, c'est à Votre grande Miséricorde que j'en suis redevable ».

Ainsi soit-il.


Vincent Toussaint Beurier (1715-1782) – « Sermons ou discours pour les Dimanches et Fêtes de l'Avent », pages 37-38, 69, 90, 104, chez Charles-Pierre Berton, 1784


Voir également de M. l’abbé Vincent Toussaint Beurier :
- La Prière de M. l’abbé Beurier « Ô mon Dieu, allumez dans nos cœurs le feu de Votre saint Amour »
- La Prière de M. l’abbé Le Beurier sur la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ « Ô mon Dieu, je Vous offre ma contrition en union de Celle de votre Fils »
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