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Parabole du Pharisien et du Publicain :
« En ce temps-là, Jésus dit cette Parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes, comme étant justes, et qui méprisaient les autres : Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l’un était pharisien, et l’autre publicain. Le pharisien, se tenant debout, priait ainsi en lui-même : Ô Dieu, je Vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. Et le publicain, se tenant éloigné, n’osait pas même lever les yeux au Ciel ; mais il frappait sa poitrine, en disant : Ô Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison Justifié, plutôt que l’autre ; car quiconque s’élève sera humilié, et quiconque s’humilie sera élevé » (Luc 18, 9-14).


La Prière sur l’Humilité dans la Parabole du Publicain en Prière d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, rendez-moi Humble dans ma piété et dans les actes de ma dévotion » :

« Ô Mon Dieu, me voici à Vos pieds, prosterné dans l'adoration et dans la prière. Me voici tout confondu, tout anéanti de la faveur que Vous me faites, et à la pensée que Vous êtes dans mon cœur. Tout devrait Vous en éloigner : la faiblesse de ma nature, la gravité de mes fautes, la multitude de mes passions, et cependant Vous y descendez, Vous Vous y faites une demeure et Vous consentez à y être adoré. Je redouble donc mes hommages et mes adorations. Plus je sens mon néant, plus aussi je loue Votre grandeur, je gémis de mes misères et j'exalte Votre gloire. Faites seulement, ô mon Dieu, que le culte que je Vous rends ne soit pas simplement extérieur, et que ma prière ne soit pas seulement prononcée par mes lèvres. Faites au contraire que je Vous adore en esprit et en réalité, que je sois tout entier à cette pensée, qu'elle me possède et me domine, qu'elle se reflète dans toute ma conduite et dans chacun de mes actes. Hélas, je n'ai été peut-être jusqu'ici que comme ces juifs charnels à qui Vous reprochiez de ne Vous adorer que des lèvres ; je ne Vous ai peut-être point encore donné véritablement mon cœur. Mais aujourd'hui, embrasé de Votre divine Présence, je Vous le donne sans retour, afin qu'il ne batte plus que pour Vous, qu'il n'agisse plus que pour Vous, et que chacun de ses mouvements soit pour Votre plus grande Gloire. Seigneur Jésus, Vous nous donnez dans votre Evangile la règle de la véritable Humilité ; je viens la méditer avec Vous. Vous ne nous défendez pas de reconnaitre les Dons que Vous nous avez accordés ; au contraire, Vous aimez à en être loué et béni, parce que c'est juste et raisonnable de la part d'une créature qui a tout reçu de Vous. Mais Vous ne voulez pas que nous n'attribuions qu'à nous seuls les Faveurs dont Vous nous comblez, que nous en tirions vanité, comme si Elles nous appartenaient en propre, et que, par notre ingratitude, nous Les tournions contre Vous. Je reconnais donc et je proclame hautement que Vous m'avez fait d'inestimables Faveurs ; mais lorsque je pense au parti que j'en ai tiré, je m'humilie jusqu'au fond de mon être et je tremble. Oui, je ne suis pas comme le commun des hommes qui ne Prient ni ne Communient ; mais quel est le fruit que je recueille de mes Prières, de mes Confessions, de mes Communions ? En suis-je plus fervent, suis-je plus zélé ? En suis-je plus humble, en suis-je plus mortifié ? Oh ! Mon Dieu, lorsque je vois d'un côté vos Bienfaits, et que je regarde de l'autre toutes mes ingratitudes et mes faiblesses, je suis saisi de crainte. Loin de m'en enorgueillir, je m'en sens pris de confusion. Je suis tiède, je suis languissant après avoir reçu des Grâces qui auraient fait tant d'autres des Saints. Je ne marche pas dans la voie du Salut et de la Croix, après tant de Prodiges faits pour moi. Il est donc juste, Seigneur, que je frappe humblement ma poitrine comme le Publicain, que je Vous demande Grâce et Miséricorde. Par-là seulement je serai Justifié. Seigneur, votre Évangile n'est plein que de la pensée de l'humilité. A chaque Parole, Vous revenez sur ce point, et Vous qui êtes si indulgent pour les pécheurs, Vous n'avez que des Paroles de sévérité et d'indignation pour les superbes. Donnez-moi, Seigneur Jésus, la Force pour combattre ce vice redoutable, cet ennemi d'autant plus subtil qu'il se glisse non pas seulement dans nos mauvaises actions, mais dans celles qui paraissent les plus Saintes. Ouvrez-moi les yeux et éclairez-les par Votre sainte Lumière pour que je ne me laisse jamais égarer par cette lueur trompeuse de l'orgueil. Hélas ! On le porte partout avec soi, on le porte dans la Prière, dans la Confession, jusqu'à la Table Sainte, et pour peu qu'on ne l'aperçoive pas à temps, on le laisse s'emparer de tout le fruit de ses bonnes œuvres ; et après avoir jeûné, après avoir fait l'aumône, après avoir fait pénitence, après avoir accompli la Loi, on n'en tire pas plus de fruit que le Pharisien de son orgueilleuse prière. Mon Dieu, rendez-moi humble dans ma piété et dans les actes de ma dévotion, afin que je ne trouve pas la mort là où je cherche la Vie, afin que je ne corrompe pas par ma vanité cette Source puissante de Salut. Pénétrez-moi de l'idée de ma faiblesse, afin que je m'appuie sur Vous et non pas sur mes œuvres personnelles. Tant de colonnes de l'Église ont été ébranlées pour avoir rejeté la pierre angulaire de l'humilité. Moi qui ne suis que petitesse et misère, faites-moi comprendre que je ne me sauverai que par la défiance de moi et par la confiance en Vous. Je ferai dans la journée une Prière spéciale pour remercier Dieu des Grâces qu'Il nous y a faites, et particulièrement de la Communion de ce Jour ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », Xe Dimanche après la Pentecôte : Parabole du Pharisien et du Publicain en Prières (Luc 18, 9-14), pages 189-192, chez Charles Douniol (1859)

Voir Toutes les « Prières sur l’Humilité »

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »
- La Prière sur l’Humilité du Publicain en Prière (Luc 18, 9-14) d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Dieu, rendez-moi Humble dans ma piété et dans les actes de ma dévotion »