Lorsque « Jésus pleure sur la Ville de Jérusalem » :

« En ce temps-là, Jésus s’étant approché de Jérusalem, voyant la ville, Il pleura sur elle, en disant : Si tu connaissais, toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, ce qui te procurerait la Paix ! Mais maintenant cela est caché à tes yeux. Il viendra sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées, où ils t’enfermeront et te serreront de toutes parts ; et ils te renverseront à terre, toi et tes enfants qui sont au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le Temps où tu as été visitée. Et étant entré dans le Temple, Il se mit à chasser ceux qui y vendaient et ceux qui y achetaient, leur disant : il est écrit : Ma maison est une Maison de Prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. Et Il enseignait tous les jours dans le Temple » (Luc 19, 41-47)

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La Prière d’Adolphe Baudon de Mony lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents » :

« Seigneur Jésus, Vous aimez la Sainteté de votre Maison ; Vous ne voulez qu'il n’y entre rien d'impur, et vous n'y souffrez aucun mélange des passions humaines. Mais s'il en est ainsi de ces temples matériels que Vous élève la main des hommes, combien n'en est-il pas davantage de ces Temples spirituels que Vous Vous élevez dans nos âmes ! Vous en faites des Temples par l'honneur que Vous nous accordez de venir y habiter dans la Communion ; votre Esprit Saint y habite par sa Grâce, tant que nous sommes fidèles à Ses inspirations ; avec quel respect ne devons-nous donc pas traiter nos âmes, afin de ne jamais y laisser entrer rien d'impur, ni de souillé ! Comme nous devons en chasser ces passions tumultueuses qui les envahissent et qui leur font oublier les intérêts du Ciel pour ceux de la terre ! Mon Dieu ! Je Vous adore avec respect et reconnaissance. Prosterné à Vos pieds, je viens Vous demander quelles sont les passions qui Vous déplaisent et qui Vous font déserter la demeure de mon âme. Car je suis résolu à les expulser, à rompre avec elles sans retour ; et s'il faut me faire violence pour cela ; s'il faut nuire à mes goûts, à mes inclinations, à mes intérêts, parlez, je suis prêt ; car je ne veux point payer vos Bienfaits par de l'ingratitude, répondre à vos Grâces par de nouvelles iniquités, et mériter que plus tard, Vous me chassiez de votre Paradis, le Temple éternel de la vraie Félicité. Grand Dieu, quelles menaces ne faites-Vous pas aujourd'hui à Jérusalem, la cité déicide ! Quels châtiments ne lui prédisez-Vous pas ! Vous pleurez sur elle ; et cependant lorsqu'elle aura fermé ses oreilles à votre Voix, lorsqu'elle aura consommé la mort du Juste, Vous étendrez la Main sur elle, et, laissant agir la Justice, Vous l'abandonnerez à une calamité telle qu'il ne s'en est point vue depuis le Commencement des Temps. C'est ainsi, Seigneur, que Vous punissez le péché, même dans ce monde. Que sera-ce donc dans la Vie éternelle, dans cette Vie que Vous Vous êtes réservée ? A cette pensée, brisez nos cœurs, non point par une terreur servile, mais par une crainte Salutaire. Ne nous permettez pas d'oublier cette grande Loi de la Pénitence que le monde méprise tant aujourd'hui, et que les Chrétiens sont si portés à mettre de côté. Faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents ; que si nous avons eu le courage téméraire de Vous offenser, il faut avoir le courage Salutaire de conquérir notre Pardon par le repentir. Si Jérusalem l'eût voulu, si elle eût connu la Paix qu'on lui offrait, Jérusalem eût été sauvée. Mais elle s'est endurcie, et c'est pour cet endurcissement, plus encore que pour son déicide, que Vous l'avez frappée. Délivrez-moi, Seigneur Jésus, d'une telle dureté de cœur, et puisque j'ai le bonheur de Vous recevoir dans mon âme, convertissez-moi à tout jamais par un sincère repentir, et écoutez les prières que je Vous en adresse pour tous les pécheurs. Ô mon âme, il faut recueillir quelques fruits Salutaires de ton Entretien avec ton Dieu et de ces Avertissements qui aujourd'hui te sont prodigués d'une manière si terrible et si répétée. D'abord, ne considère jamais le péché, même léger, comme une chose peu sérieuse. Jésus n'est venu dans ce monde que pour combattre le péché, et lorsque Sa main s'est appesantie sur les Israélites, comme sur les Chrétiens, ce n'a jamais été que pour punir le péché. Puis, ne t'attache pas d'une manière honteuse aux biens de ce monde et à l'argent. Ces biens passeront un jour ; cet argent ne te suivra pas au-delà du tombeau, et si tu en as joui d'une façon illégitime, la punition t'accompagnera par-delà de la mort, pour ne jamais te laisser dans l'Éternité. Et encore, sois sévère pour toi ; sois sévère pour ce corps, source de tant de péchés et dont tu es si souvent idolâtre. Habitue-toi à l'asservir, à le dompter, afin que jamais il ne se révolte. Sois sévère surtout pour tes passions, pour l'orgueil, la paresse, l'envie et toutes ces misères dont tu es si remplie. Enfin, quand tu tombes, ne demeure pas dans ton péché ; ne t'endurcis pas comme Jérusalem ; ne persévère pas dans le mal comme la synagogue déicide ; mais repens-toi comme le soldat qui frappa le Sauveur. Dieu, ton Père, sait ta misère et la pardonne toujours au vrai repentir. Ô Jésus, bénissez ces résolutions, sanctifiez-les, afin qu'au Jour du Jugement je sois reconnu par Vous comme l'un de vos Justes. Je m'imposerai une pénitence dans la journée pour la conversion des pécheurs ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », IX Dimanche après la Pentecôte, « Jésus pleure sur la Ville de Jérusalem » (Luc 19, 41-47), pages 185-188, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony lorsque Jésus pleure sur Jérusalem (Luc 19, 41-47) « Ô Seigneur Jésus, faites-nous comprendre que si nous avons été pécheurs, il faut maintenant être pénitents »