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La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères » :

« Mon Sauveur Jésus, Vous nous dites que nous n'entrerons pas dans le Royaume des Cieux si notre justice ne dépasse celle des scribes et des pharisiens. Ce que vous voulez de nous, c'est un cœur nouveau, c'est un cœur vide de l'amour de la terre, c'est un cœur qui Vous aime véritablement et sans partage. Seigneur, votre Loi est sévère ; il faut, pour L'accomplir, rompre avec des sentiments bien intimes dans le cœur de l'homme ; il faut renoncer à la colère, à la vengeance ; il faut être indulgent en paroles comme en action ; il faut être pur, il faut être chaste. Faible comme je le suis, il ne m'est pas possible de m'élever à cette hauteur, et je gémis sans cesse de mes chutes. Mais, Seigneur, Vous n’aiderez ; Vous serez constamment auprès de moi avec Votre douceur, avec Votre aménité, avec Votre miséricorde pour tous. Vous y serez comme Vous l'étiez sur la Croix, pardonnant à vos bourreaux, et votre vue me retiendra. Vous y serez comme le Symbole de la pureté sans tache, comme la Sainteté dans son essence, et Vous me conserverez. Mon Dieu, faites de moi un vrai Chrétien, et non pas un Pharisien hypocrite et dupe de son propre orgueil. Accordez-moi de devenir Votre disciple et par conséquent de ne point me fier en moi. Rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères. Si je fais quelques progrès dans ces vertus, je reconnaitrai alors que ma Communion ne Vous a point été désagréable, et je Vous en bénirai mille fois. Votre Apôtre, ô mon Dieu, nous prémunit dans ce Jour contre le péché de la médisance. Il nous dit de ne pas rendre le mauvais propos pour le mauvais propos, mais, au contraire, de bien parler de ceux qui nous attaquent. Il nous recommande de détourner notre langue du mal, et de ne laisser jamais la fourberie souiller nos lèvres. Où en suis-je, mon Dieu, sur tous ces points essentiels ? Lorsque je rentre en moi, quelle ne doit pas être ma crainte ? Car, que de fois ma langue ne s'est-elle pas aiguisée comme celle du serpent pour déchirer mon prochain ! Que de libertés ne me suis-je pas permises sous le vain prétexte de l'esprit, du passe-temps, de la mode ! Que de réputations n'ai-je pas détruites ou diminuées ! Que de querelles peut-être n'ai-je pas suscitées par ces demi-mots, ces paroles innocentes en apparence, mais perfides au fond ? Et vis-à-vis de mes supérieurs, de mes parents, de mes chefs temporels, de mes maîtres spirituels, que de paroles indiscrètes, coupables ! Car ce qui, quelquefois, n'est rien vis-à-vis d'un inférieur, est grave vis-à-vis de celui à qui on doit obéissance, et ce qui effleure à peine la réputation d'un homme du monde rend impossible le Ministère d'un Prêtre. Mon Dieu, mon Dieu ! Je reconnais ma légèreté et les fautes innombrables dont je suis coupable sur ce point. Je m'en repens, mais surtout je veux me corriger. Je veux bannir de mes paroles tout fiel, toute aigreur, toute rancune ; je ne veux parler de mon prochain que comme je voudrais qu'il parlât de moi-même ; je veux être doux, indulgent dans mes discours, me souvenant que j'ai tant besoin moi-même de cette indulgence et de cette douceur, me souvenant surtout que Vous nous défendez par les peines les plus sévères, toute parole d'amertume et d'irritation. Seigneur, vos Yeux veillent sur les justes, et vos Oreilles sont ouvertes à leurs prières ; et qui pourra nous nuire, si nous travaillons avec zèle pour le bien ? Remplissez-moi d'une douce confiance à la pensée de ces Promesses de votre Apôtre. Faites surtout resplendir à mes yeux ces Vérités de la Foi, afin que je ne Les perde pas de vue au milieu des ténèbres du monde, et que je ne Les oublie pas dans le tumulte des affaires et des plaisirs. Mon Dieu, Vous veillez sur moi. Quelle pensée, quelle consolation ! Et je n'y songeais pas ! Je l'ai su dès mon enfance : des parents pieux, des Prêtres saints me l'ont répété, et cette parole n'a pas fait d'impression dans mon âme si légère ! Mon Dieu ! Faites qu'il n'en soit plus ainsi, et que je sois désormais plein de joie et de confiance, puisque Vous êtes auprès de moi pour m'aider à vaincre les périls qui m'accablent sans cesse. Courage, ô mon âme, tu sers un Dieu Bon, un Dieu Généreux, qui prend en main ta cause. Courage et confiance ! »

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », Cinquième Dimanche après la Pentecôte, pages 171-174, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »