La Parabole de l'intendant infidèle :

« En ce temps-là : Jésus dit à Ses disciples cette Parabole : Il était un homme riche qui avait un intendant ; celui-ci lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Il l’appela et lui dit : « Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton intendance, car tu ne pourras plus être intendant ». Or l’intendant se dit en lui-même : « Que ferai-je, puisque mon maître me retire l’intendance ? Bêcher, je n’en ai pas la force ; mendier, j’en ai honte. Je sais ce que je ferai pour que, quand je serai destitué de l’intendance, (il y ait des gens) qui me reçoivent chez eux ». Ayant convoqué chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : « Combien dois-tu à mon maître ? » Il dit : « Cent mesures d’huile ». Et il lui dit : « Prends ton billet, assieds-toi vite et écris : cinquante ». Ensuite il dit à un autre : « Et toi, combien dois-tu ? » Il dit : « Cent mesures de froment ». Et il lui dit : « Prends ton billet et écris : quatre-vingts ». Et le maître loua l’intendant malhonnête d’avoir agi d’une façon avisée. C’est que les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de ceux de leur espèce que les enfants de la Lumière. Et moi je vous dis : « Faites-vous des amis avec la Richesse malhonnête, afin que, lorsqu’elle viendra à manquer, ils vous reçoivent dans les Tabernacles éternels » (Luc 16, 1-9)

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La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort » :

« Seigneur Jésus, Vous nous dites par la bouche de votre Apôtre que si nous mortifions par l'esprit les actions de la chair, nous vivrons ; mais que si nous vivons suivant la chair, nous mourrons. C'est le moment de la Communion où il convient de méditer ces Paroles pour m'exciter à votre Amour. Car Vous êtes d'en Haut, et l'homme terrestre est d'en bas ; et pour s'élever jusqu'à Vous, il faut l'énoncer de tout cœur au monde et à ses appétits grossiers. Fortifiez-en moi la promesse que j'ai faite de renoncer au monde, et faites-moi sentir la vanité de ces plaisirs qui passent, de ces voluptés qui troublent la conscience, de ces richesses qui sont achetées par tant de tourments. Ô mon Sauveur, lorsque je Vous vois en face de toutes ces futilités, et que je me dis : voilà le Dieu auquel on préfère tant de petitesses, tant de fausse joie, tant de fausse grandeur ; je rougis d'avoir été assez ingrat pour imiter en ce point la foule, et je sens mon âme embrasée d'un ardent amour pour Vous. Plus les vaines passions s'adressent à moi pour me séduire, plus je veux les vaincre pour m'attacher à Vous ; plus la foule Vous abandonne, plus je veux Vous suivre. Divin crucifié, j'adore en Vous ces Plaies qui Vous ont été faites pour notre amour ; je baise ces Traces sanglantes des épines et des clous qui ont meurtri Votre chair adorable. Vous êtes le Modèle de la mortification et de la pénitence ; je veux Vous imiter désormais et n'aimer que ce que Vous avez préféré ici-bas, la pauvreté, la vie dure et cachée, les confusions et le mépris des hommes. Mon Sauveur, dans la Parabole de l'intendant infidèle, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort, lorsque je paraitrai devant Vous. Vous me menacez pour m'avertir et pour que je prenne à l'avance les précautions que votre Église m'indique. Je vais donc rentrer en moi-même, pour me réformer et pour éviter ainsi la sévérité de ma sentence. Mon Dieu, lorsqu'à la lueur de la Lumière évangélique je descends dans les replis de ma conscience ; je ne puis reconnaitre en moi que ce serviteur infidèle qui a fait des Talents que son Maitre lui a confiés l'abus le plus déplorable. Il faut donc qu'avant tout je m'humilie et que je reconnaisse ma faute ; car si Vous frappez sans pitié les superbes, Vous épargnez les humbles. Et d'abord, Seigneur, quel usage ai-je fait de ce corps que Vous m'avez donné ? A-t-il servi pour votre Gloire ou pour le péché, pour votre Église ou pour le monde et l'enfer ! A tout le moins n'a-t-il pas été négligent et infidèle à sa tâche ? Pardon, mon Dieu, pardon ; je m'humilie à Vos pieds. Et mon intelligence, a-t-elle été plus soumise à vos Lois ? Vous l'aviez créée grande et noble ; l'ai-je tournée vers la contemplation des Vérités de la Foi, ou bien vers les fausses maximes du siècle ? Pardon, mon Dieu, pardon, je m'en repens sincèrement. Et mon cœur, qui était fait pour Vous, Vous l'ai-je donné, ou bien l'ai-je tourné vers les créatures, vers les jouissances matérielles ou vers le péché ? Mon Dieu, je sens qu'il a plus servi à Vous offenser qu'à Vous servir. J'en suis confus, et je Vous promets de ne plus abuser ainsi de vos Grâces si précieuses. Aidez-moi toutefois pour que ma résolution ne s'efface point de ma mémoire, comme tant d'autres que j'ai prises. Ô mon âme, avant de quitter les saints Autels, réfléchis encore un instant sur le Conseil que te donne le Sauveur de te faire des amis avec les richesses et les biens de ce monde. Si tu as de l'or et des biens, fais-en un usage Chrétien, au lieu d'y tenir comme les païens. D'abord ne t'y attache point, et exerce-toi au contraire à les mettre au service des pauvres, les frères ; de l'Église, ta Mère, et de Dieu, ton souverain Maître et ton Bienfaiteur. Puis, si tu as des trésors mal acquis, sois généreuse et n'hésite pas un instant. Laisse de côté les illusions et les vains prétextes pour décharger ta conscience de ce poids si lourd, et qui, au Jour du Jugement, t'écrasera si cruellement. Pas de scrupule exagéré ; mais aussi pas de demi-mesure et de faiblesse, si tu as des doutes fondés. Quant aux richesses de l'esprit, à cette mémoire, à cette intelligence, à cette imagination dont tu es si fière ; mets-les généreusement au service du Bon Dieu. Oh ! Si tous les bons Chrétiens usaient pour le Seigneur de ces Talents qu'Il leur a donnés, que de Bien ne se ferait pas dans l'Église et que de mal ne serait point évité ! Mais si tous ne t'imitent point, marche néanmoins et fais le bien avec ta science, avec ton esprit, avec tous ces Dons que Dieu t-a confiés. En un mot, rappelle-toi que créée par Dieu, tu ne vis que par Lui et que pour Lui, et que, par conséquent, tout ton être doit Lui appartenir. Ô la bienheureuse servitude ! Acceptez-la, Seigneur, par les Mérites du Sacrifice auquel je viens de participer. En pratique, je vais faire une aumône aux pauvres dans ce Jour ; d'abord par esprit de sacrifice, puis comme expiation de l'attachement exagéré que j’ai porté peut-être aux biens de la terre ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », Huitième Dimanche après la Pentecôte, la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9), pages 182-185, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur la Parabole de l'intendant infidèle (Luc 16, 1-9) « Ô Mon Sauveur, Vous me retracez le tableau du Jugement que j'aurai à subir après ma mort »