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La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels » :

« Mon Seigneur Jésus, Vous venez, pour moi comme pour la foule dans le désert, de multiplier le Pain qui nous sert de Nourriture. Les juifs furent transportés de joie et de reconnaissance à la vue de ce Miracle. Que dois-je donc faire, moi qui vois se multiplier sous mes yeux, non plus un pain matériel destiné à soutenir mon corps pendant quelques instants, mais le Pain spirituel qui doit garder mon âme pour la Vie éternelle ? A moins d'être insensible, à quels transports de reconnaissance ne dois-je point me livrer ? Je Vous loue donc, Seigneur, et je Vous bénis. Je me glorifie d'être le serviteur d'un Dieu si Bon et qui aime tant les hommes ; et en même temps, je m'humilie de faire si peu pour un Maître qui nourrit ses serviteurs, non plus seulement de ses Biens, mais de sa propre Chair. Hélas ! La louange que je Vous offre est bien inutile à votre Gloire, et en soi elle est toujours bien froide ; mais je ne Vous l'en offre pas moins. Passant par Vos mains, Seigneur, elle parviendra dès lors pure et sanctifiée jusqu'à votre Père céleste, et elle sera entendue d'une manière favorable. Mon Seigneur Jésus, les Saints passaient leur vie à Vous louer, à Vous exalter ; ils ne tarissaient pas, lorsqu'ils parlaient de vos Bienfaits et de votre adorable Sacrement, leur zèle s'enflammait, leur voix devenait puissante, et ils brûlaient de reporter aux autres cette Charité ardente dont leur poitrine était embrasée. Donnez-moi ces mêmes sentiments, Seigneur, puisque je suis nourri du même Aliment, désaltéré par le même Breuvage ! Je Vous en supplie par tous vos Mérites et par ceux de Marie votre sainte Mère Immaculée. Mon Sauveur, je veux Vous louer toute ma vie, Vous aimer comme mon Créateur et mon Père, comme mon Bienfaiteur et mon Rédempteur, comme ma Force et mon Soutien. Je veux que ma vie, que mes actions tout entières ne soient qu'un long acte d'amour. Lorsque les tentations m’assailliront, je me rappellerai que Vous avez été si Bon pour moi que je ne pourrai me résoudre à Vous offenser ; lorsque la vue de mes péchés m’accablera, je remettrai devant mes yeux votre Miséricorde pour y puiser de nouveau le courage et l'amour. Lorsque votre Loi me semblera dure, le devoir austère, la pénitence difficile, je jetterai un regard sur votre Tabernacle, et je me dirai qu'il est bien doux de souffrir quelque peu pour un Dieu qui a tant souffert pour moi. Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels et sur tous les points du monde pour nourrir Vos créatures, je me sens tout enflammé d'amour pour Vous. Je gémis à la pensée de tant d'oublis, de tant d'indifférences, dont les hommes se rendent coupables envers Vous. Que ne puis-je les attirer tous à Vous, et venir avec eux aimer, adorer votre Bonté infinie ! Mais si par moi-même je ne puis rien, Vous pouvez tout, ô mon Dieu ! Vous pouvez changer les cœurs et les transpercer de votre Amour. Accordez-nous, Seigneur, cette Grâce, au moins pour ceux de nos proches, de nos amis, ou de nos parents dont l'infidélité Vous offense, et que votre Grâce n'a pas encore vaincus. Oui ! C’en est fait, il faut que je détruise en moi le vieil homme, l'homme du péché et de la corruption, de la matière et de la joie terrestre. Il faut que je me rende semblable à Jésus, mon divin Modèle, et que je dédaigne désormais la terre pour n’aimer que le Ciel. Divin Jésus, Vous avez voulu vivre pour nous, mourir pour nous, il faut que je vive et que je meure pour Vous ; il faut que je vive de votre Vie, que je me pénètre de votre Évangile, et qu'en toute occasion, j'agisse, je pense, je parle d'après vos Inspirations. Je sais qu'il en coûtera à ma nature, qu'il faudra vaincre mon amour de jouissances et ma vanité, qu'il faudra enchaîner ma langue et arrêter ma colère ; je sais qu'il faudra faire fléchir ma volonté pour la ployer à l'Évangile. Mais peu m'importe, je suis décidé à Vous imiter : je veux secouer les habitudes et les préjugés du monde pour suivre les Conseils de l'Évangile. C'est une Vie nouvelle à créer en moi, ô mon Dieu, et ce n'est pas l'affaire d'un jour. Je sens même que cela dépasse infiniment ma faiblesse. Mais envoyez-moi votre Esprit-Saint, afin qu'Il crée dans moi un cœur nouveau, et qu'Il renouvelle au fond de mes entrailles un esprit pur et sans tache. Appuyé par Lui, je vaincrai mes misères, mes convoitises, mes penchants pour le mal ; je sais que c'est La plus grande des Faveurs que je Vous demande ; mais comme c'est pour mon Salut et pour votre Gloire, Vous ne me La refuserez pas ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », Sixième Dimanche après la Pentecôte, pages 175-178, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »