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En ce temps-là : Jésus dit à Ses disciples : Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous sous des vêtements de brebis, mais au dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez : cueille-t-on du raisin sur les épines, ou des figues sur les ronces ? Ainsi tout arbre bon porte de bons fruits, et tout arbre mauvais porte de mauvais fruits. Un arbre bon ne peut porter de mauvais fruits, ni un arbre mauvais porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits, on le coupe et on le jette au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ce n’est pas celui qui m’aura dit : « Seigneur, Seigneur ! » qui entrera dans le Royaume des Cieux, mais celui qui aura fait la Volonté de mon Père qui est dans les Cieux. (Mt 7, 15-21)

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La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut » :

« Seigneur Jésus, je Vous salue dans la Communion comme mon Maître et mon Sauveur. Vous êtes le seul Guide que je veux suivre, et je me sépare à tout jamais de ces faux prophètes qui viennent à nous couverts de peaux de brebis, et qu’au-dedans sont des loups ravissants. Ces faux prophètes nous ont dit que dans l’Eucharistie il n'y avait que la représentation de Votre humanité sainte et de Votre divinité. Je fuis leur doctrine, et j'adore avec amour dans votre Saint Sacrement ce Jésus qui a vécu dans la Judée pour racheter le monde et le sauver. D'autres nous ont dit encore que vos Mystères n'étaient que des fables bonnes pour les ignorants ou les enfants. Je maudis et je désavoue ces fatales erreurs. Je reconnais les mensonges aux fruits qu'ils portent dans les âmes, au vide affreux qu'ils y font, aux doutes lamentables qu'ils y déposent, au désespoir qu'ils y créent. Vous êtes Seul pour moi le Prophète et le Docteur ; Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut. Je Vous aime donc comme mon souverain Bien, comme mon Bienfaiteur insigne, comme l'Auteur de mon bonheur dans cette vie et dans l'Autre, et malgré les suggestions de l'ennemi de mon Salut, malgré les troubles de mes sens et les répugnances de ma raison, je Vous adore et je Vous aime. Pourquoi tous les hommes n'en font-ils pas ainsi ? Pourquoi se laissent-ils aveugler par les ténèbres et le mensonge ? Ayez-en pitié, Seigneur, je Vous le demande avec confiance pendant que Vous reposez dans mon âme. Seigneur Jésus, Vous êtes le Dieu Bon, le Dieu Généreux qui comble Ses créatures de mille Faveurs, lorsqu'elles écoutent Sa voix ; mais Vous êtes aussi le Dieu Juste qui punit l'infidélité. Vous m'annoncez que tout arbre qui ne produit point de bons fruits sera coupé et jeté dans le feu. Je veux donc Vous être fidèle, obéir à vos Commandements, fuir ce que Vous me défendez, afin d'éviter le châtiment dont Vous me menacez. Mais, Seigneur, l'obéissance que Vous nous demandez n'est pas une obéissance purement extérieure. Il ne suffit pas d'avoir dit : « Seigneur, Seigneur », pour entrer dans le Royaume des Cieux. Il faut faire la Volonté de votre Père, qui est dans les Cieux ; il faut être humble et doux, obéissant envers les supérieurs de la terre comme envers Ceux que nous donne votre Église. Il faut être chaste et mépriser les voluptés si misérables de la vie présente. Il faut être juste et probe dans ses rapports avec les autres hommes ; il faut exercer la charité et fuir l'avarice ; il faut être sobre et tempérant, au lieu de ne se réjouir que dans la bonne chère et les festins. Mon Dieu, que votre Loi est Sainte, et que Votre serviteur est faible pour L'accomplir ! Je veux cependant, puisque Vous me comblez de vos Grâces, n'y manquer jamais. Pendant que Vous m'honorez de Votre adorable Visite, fortifiez-moi donc, renouvelez-moi, changez-moi, afin que je Vous sois fidèle, et que je ne défaille point dans une tâche aussi grande. Mon Dieu, j'ai longtemps laissé mon âme s'enfoncer dans l'iniquité, et mes membres servir à l'impureté. Il est juste que, par reconnaissance, je les fasse servir à la Justice pour ma justification. J'espère, en effet, que Vous n'avez pardonné, que Vous m'avez sauvé, et j'ai confiance que Vous ne m'avez pas guéri de mes infirmités pour m'y laisser lourdement retomber. Oh ! Qu’il est bon d'être délivré des chaînes du péché ! Qu'il est bon de n'être plus l'esclave du démon ! Qu'il est bon de pouvoir saluer Dieu du doux Nom de Père, les anges du nom de Protecteurs, la Vierge Sainte et les Saints, du nom d'affectueux Amis ! Comment, Seigneur, pourrai-je assez Vous en bénir ! Tandis que des millions de pécheurs s'éloignent de votre Table sainte par leur indifférence et leurs iniquités, moi je Vous possède ! Après avoir obtenu de votre Bonté un Pardon dont j'étais réellement indigne, je Vous reçois, Dieu du Ciel et de la terre ; je jouis de vos Faveurs et de vos Embrassements ; je Vous porte dans ma poitrine, comme la Vierge, votre Mère, Vous porta durant neuf mois. Quel inestimable Bienfait, Seigneur, et ce qui augmente ma reconnaissance c'est que, si je ne m'en rends point indigne, je pourrai sans cesse revenir à cette Table sainte ; c'est que ce n'est point une fois dans ma vie que je recevrai mon Dieu dans mon cœur, mais que j'aurai ce bonheur plusieurs fois par an, plusieurs fois par semaine même, si je mérite cette Faveur. Merci, Seigneur, merci. Jamais mon âme n'oubliera de telles Faveurs. J'en prends, en votre Présence, en celle de vos anges et de vos Saints, l'inébranlable résolution : je redouterai la lecture de tout écrit qui attaque la Foi Catholique ou les mœurs. De nos jours, ce péril est plus grave que jamais ».

Ainsi soit-il.


Adolphe Baudon de Mony (1819-1888) - « Pensées pieuses après la Sainte Communion pour les Dimanches et les principales Fêtes de l'année », Septième Dimanche après la Pentecôte, pages 178-181, chez Charles Douniol (1859)

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Voir également d’Adolphe Baudon de Mony :
- La Prière pour nous réconcilier avec nos frères d’Adolphe Baudon de Mony « Ô mon Sauveur Jésus, rendez-moi humble, doux, prompt à pardonner à mes frères »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Miracle de la Multiplication des pains « Ô Dieu, qui Vous multipliez ainsi chaque jour sur chacun de vos Autels »
- La Prière d’Adolphe Baudon de Mony sur le Sermon sur la Montagne (Mt 7, 15-21) « Seigneur Jésus, Vous êtes seul l'Arbre de Vérité et de Vie qui porte les fruits du Salut »