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La Prière d’Alexandre Soljénitsyne « Seigneur, comme il m'est facile de vivre avec Toi » :

« Comme il m'est facile de vivre avec Toi, Seigneur ! Comme il m'est facile de croire en Toi ! Lorsque mon esprit tombe dans la perplexité ou se tait accablé ; lorsque les gens les plus intelligents ne voient pas plus loin que le soir d'aujourd'hui et ne savent pas ce qu'il faudra faire demain, Tu me donnes la claire confiance que Tu existes et que Tu as souci que toutes les routes vers le bien ne soient pas fermées. Par-dessus les cimes de la gloire terrestre, je regarde avec étonnement ce chemin que jamais je n'aurais pu inventer moi-même, ce chemin merveilleux au-delà du désespoir, là d'où, moi aussi, je pourrai envoyer à l'humanité un reflet de Ta lumière. Et ce qu'il faudra que je leur dise moi-même, Tu me le donneras, et si je n'y parviens pas, cela veut dire que Tu en as destiné d'autre pour cela. Oui, Seigneur, toutes nos vies sacrifiées, nos vies boiteuses, nos gémissements et nos larmes, tout cela ne donnera-t-il pas une beauté éternelle et achevée ? Je sens avec tant de clarté que ce qu'il y a en moi n'est pas encore tout moi. Je sens quelque chose de très indestructible, quelque chose de très, très haut : Quelque chose comme un éclat de l'Esprit universel ! Amen. »


Autre traduction de la Prière d’Alexandre Soljénitsyne « Qu’il m’est aisé de vivre avec Toi, Seigneur ! » :

« Qu’il m’est aisé de vivre avec Toi, Seigneur ! Qu’il m’est léger de croire en Toi ! Quand mon esprit faiblit ou se perd dans l’incompréhensible, quand les plus intelligents ne voient pas au-delà du soir qui tombe et ignorent ce qu’il leur faudra faire demain, Tu m’envoies d’en haut la claire certitude que Tu es et que Tu agiras en sorte que toutes les voies du bien ne soient pas fermées. Au sommet de la gloire terrestre, je me retrouve sur ce chemin que je n’aurais jamais pu découvrir seul, cet étonnant chemin qui, par-delà le désespoir, m’a conduit là d’où j’ai pu transmettre à l’humanité le reflet de Ta lumière. Et tant qu’il me faudra la refléter, Tu m’en donneras le pouvoir. Et tout ce dont je n’aurai pas le temps, c’est que Tu l’auras confié à d’autres ».

Ainsi soit-il.


Alexandre Issaïevitch Soljénitsyne (1918-2008)