« Jésus, voyant sa Mère, et près d’Elle le disciple qu’Il aimait, dit à sa Mère : « Femme, voici Ton fils ». Puis Il dit au disciple : « Voici ta Mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple La prit chez lui » (Jean 19, 26-27)

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La Prière du R. P. Alonso Messia Bedoya « Ô Mère de douleur, Jésus recommande tous les pécheurs à votre Tendresse maternelle » :

« Ô la plus affligée des mères, quelle nouvelle épée vient percer votre Cœur ! Jésus, Votre divin Fils, recommande tous les pécheurs à votre Tendresse maternelle, et veut qu'à Sa place Ils soient désormais vos enfants. Quel échange pour un Cœur tel que le Vôtre ! Dans la personne de Jésus, Vous perdez le Fils le plus digne de votre Amour ; et dans les pécheurs que Vous adoptez, Vous allez, voir des enfants assez ingrats, assez pervers, pour avoir par leurs crimes crucifié ce Fils adorable. Ô Mère de douleur ! Quel tourment peut être comparable au Vôtre ? N'êtes-Vous donc point assez affligée, sans que l'ingratitude de ces nouveaux enfants vienne ajouter à l'énorme poids qui pèse sur Vous, sans que leurs crimes viennent aigrir les Plaies déjà si douloureuses de votre Cœur ? Ô Charité vraiment infinie du Sauveur envers les pécheurs ! Il leur laisse pour Mère là Sienne propre. Ô Bonté incomparable de la Mère dont la charité compatissante les accepte et sans hésiter, pour Ses enfants ; et, avec toute la Tendresse maternelle, les presse sur Son sein ! Ô Refuge du monde universel entier ! Quelle reconnaissance pourra jamais égaler le bienfait d'une si généreuse adoption ? Par quels hommages pourrons-nous jamais nous en montrer dignes ? Pécheurs trop heureux, sachez connaitre la Mère, que Jésus Vous assigne. Cette Mère est Marie ; Marie Mère de Dieu ; Marie toute pleine de Grâces ; Marie, ce Modèle si accompli de toute pureté, de toutes sainteté. Une Mère si Sainte, et des enfants si pervers ! Une Mère si Pure, et des enfants si souillés, si corrompus ! Quel désolant contraste. Plein de respect et de la plus douce confiance, déjà le monde entier, ô grande Reine, Vous appelle du nom de Mère. Votre Protection peut seule nous aider à devenir des enfants dignes de Vous. Sans aucun doute, à cette Parole de Jésus, l'enfer frémit de rage, et les démons furent dévorés d'envie. Ô homme ! Prête l'oreille ; et toi, enfer, écoute : Marie est la Mère des pécheurs, la Mère des justes, la Mère de tous. Ô Marie ! Je baise mille fois Vos pieds sacrés. Puisse le Ciel et la terre répéter ce cri de ma piété filiale ! Oui, quelque indigne que j'en soi, je suis le fils de Marie. Ô ma bonne Mère, obtenez-moi la Grâce de Vous honorer, de Vous servir à jamais en véritable fils ! Faites que mon amour approche, autant qu'il est possible, de Celui que Vous porta Jésus votre Fils. Ames pieuses, les sentiments les plus affectueux de votre cœur, vous les devez à cette incomparable Mère. Un regard de reconnaissance sur Jésus mourant ; Il vous donne Marie pour Mère, et, avec Elle, tous les Trésors de sa Miséricorde ; afin que personne ne se sauve que par la Protection de Marie ; que personne n'obtienne pardon que par la Médiation de Marie ; qu'aucune Grâce ne soit accordée que par l'Intercession de Marie. Ô le plus libéral des Bienfaiteurs ! Ô Jésus, quel Amour est donc Celui qui Vous a porté à cet excès de tendresse et de générosité ! Ecce Mater, te dit-il : ô mon âme, considère quelle Mère est celle-Là. Ô ma bonne Mère, toutes mes pensées, tontes mes affections se portent vers Vous. Tourne-toi donc vers Marie, ô mon âme ; élève ton cœur jusqu'à Elle ; Elle te répète Elle-même ces touchantes Paroles : Ecce mater \ oui, je suis ta Mère : Ecce mater tua. Considère l'affliction dans laquelle La plongent les péchés des hommes ; unis ta douleur à la Sienne, ses prières la rendront agréable et méritoire. Par son moyen, implore miséricorde et pardon ; par Ses douleurs, conjure-La de t'obtenir des secours puissants et efficaces, et de te regarder comme Son fils, spécialement à l'heure terrible de la mort. Vierge Toute-Puissante, ô ma Mère, maintenant et à l'heure de ma mort, daignez me prouver que Vous êtes ma Mère. Arrêtez sur moi quelques-uns des Regards miséricordieux de votre Tendresse maternelle. Considérez cet excès de douleur que Vous avez enduré pour nous, au pied de la Croix. Que vos souffrances ne soient point infructueuses ; faites, Vous le pouvez, qu'elles me soient utiles, et maintenant, et à ma dernière heure. Mais en ce jour, ô ma bonne Mère, que ne puis-je me montrer digne d'être Votre fils, en mourant de douleur et d'amour avec Vous, au pied de cette Croix. Viens donc, ô mort mille fois digne d'envie ; viens, que j'expire de douleur et d'amour aux pieds de La meilleure des Mères, aux pieds de Marie, aux pieds de Jésus, que son Amour immole pour moi ».

Ainsi soit-il.


Père Alphonse Messia Bedoya (1655-1732) - « Les Trois Heures d’Agonie de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la Croix », Troisième Parole, p. 21-25, chez François Boutevillain Grandpré (1805)


Voir également du R. P. Alphonso Messia Bedoya :
La Prière du R. Père Messia Bedoya « Ô Père Éternel, que ces Trois Heures d’Agonie de votre Fils adorable nous obtiennent tout ce qu’Il Vous a demandé pour nous »
La Prière du R. Père Alonso Messia Bedoya « Seigneur, pardonnez à un aveugle qui ne savait ce qu'il faisait en Vous offensant »
La Prière du R. P. Messia Bedoya « Seigneur, rappelez-Vous de nous dans votre Royaume »
La Prière du R. P. Alonso Messia Bedoya pour le Vendredi saint « Ô Mère de douleur, Jésus recommande tous les pécheurs à votre Tendresse maternelle »