La Prière de Mère Anne-Régis Filliat « Ô divin Amant de la Croix, faites qu’à Votre exemple j’aime la crucifixion du corps et de l’esprit ! » :

« Quiconque est appelé à travailler activement à la Vigne du Seigneur doit apprendre, à l’exemple du divin Maître, ce que coûtent les âmes. Entourer le prochain de ménagements et de tendresse. C’est par la Charité que Dieu se communique aux âmes, non par la contrainte et par la force. Me revêtir de Jésus Christ, douceur et débonnaireté… L’imiter : Il a Ses pieds attachés pour nous attendre, Ses bras étendus pour nous recevoir. Ô divin Amant de la Croix, faites qu’à Votre exemple j’aime la crucifixion du corps et de l’esprit ! Bon exemple, bonne humeur, bonne grâce toujours et quand même… Mon Sauveur a été couronné d’épines par ceux qu’Il venait sauver. Que tous les jours je sois comme une pauvre. Retrancher, endurer. Plus que jamais pauvreté… Le simple suffisant. Pauvreté veut dire manque, besoin. Jubiler d’aise de n’avoir où reposer sa tête, à l’exemple de Notre Seigneur. Rougir de honte de réclamer ses commodités. La souffrance a surtout l’avantage de sanctifier l’âme : donc ceux qui nous la procurent sont nos insignes bienfaiteurs. Aimons-les tendrement, prouvons-le-leur en toute occasion et sans nous lasser jamais, quoi qu’il arrive. Faisons cela et entraînons les autres à suivre notre exemple. Ne nous irritons point quelles que soient les apparences. Restons convaincues qu’on n’a pas voulu nous faire de la peine. Disons comme notre divin Maître : Pardonnez-leur. Nous devons à la Communauté la perfection de tout notre être. Nous devons aspirer à être de ses meilleurs sujets, et nullement nous contenter d’être des médiocrités. Donc, faisons tout remarquablement bien, comme Notre Seigneur qui a bien fait toutes choses. Qu’elles lèvent leur cœur en haut ! Qu’est-ce à dire ? sinon qu’elles lèvent leurs pensées, leurs affections, leurs regards vers le Ciel. S’élever, c’est penser comme Notre Seigneur, parler comme Lui, agir comme Lui. Dans les épreuves, les contradictions, grande patience. Regardez Notre Seigneur, votre Modèle. Quand Il succombait sous la Croix, on ne Le relevait pas avec des paroles de compassion, mais les bourreaux frappaient plus fort. Quand on Le chargeait d’injures, il ne faisait pas de menaces, mais Il se livrait au pouvoir de ceux qui Le maltraitaient, Il priait pour ceux qui Le faisaient mourir. A Son exemple, prions pour ceux qui nous font souffrir, pardonnons pendant qu’on nous offense ».

Ainsi soit-il.


Mère Anne-Régis Filliat (1841-1923)

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