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La Prière d’Eadmer de Cantorbéry « Ô Marie, arrachez-moi à l'auteur de la mort et accordez-moi la Vie éternelle » :

« Ô Marie, ma Souveraine, daignez me pardonner, à moi homme misérable et très grand pécheur. Mon vœu suprême est d'éprouver votre Assistance au Jugement dernier présidé par votre Fils très juste. Si, écartant la Miséricorde, sa sentence me condamnait sévèrement à être livré aux cruels bourreaux, venez à mon aide ; pendant que celui-ci m'entraîne aux enfers accourez au-devant de lui, étendez sur moi l'armure de Votre main secourable, arrachez-moi à la damnation éternelle. Quand j'étais petit, il m'est arrivé comme à plus d'un écolier d'être préservé de la verge du maître par une intervention féminine. Il en reste un souvenir reconnaissant et un besoin de rendre un hommage ému à ces tendres libératrices de nos frayeurs enfantines. Si ces femmes pour un si petit service méritent notre gratitude, quelle ne sera pas la Louange que Vous attirera de la part des Habitants du Ciel le salut des pécheurs, surtout, ô Notre-Dame, quand Vous exercerez votre Miséricorde envers moi le plus grand de tous. Votre Fils bien-aimé, le Seigneur Jésus, a dit que « les Anges dans le Ciel auraient plus de joie pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n'ont pas besoin de pénitence » (Luc 15, 7). S'il est vrai qu'on se réjouira dans le Ciel pour le retour d'un pécheur de la voie du mal dans celle du salut, quelle ne sera pas la joie qu'y provoquera l'arrivée même du pécheur délivré de tout mal ? Vous voyez donc, ô ma Souveraine, qu'en m'épargnant les peines de mes péchés et en me donnant part à l'éternelle Félicité, Vous mettrez en fête toute la Cour céleste. Ne regardez pas, tendre Mère, l'énormité de mes crimes. Qu'elle ne l'emporte pas à Vos yeux sur la joie des applaudissements angéliques soulevés par la vue du pardon accordé. Ô Notre-Dame, que deviendrai-je, que ferai-je, je l'ignore complètement. Mais quoi qu'il arrive, je Vous en supplie, n'oubliez pas la supplication que je Vous adresse aujourd'hui. Je Vous en prie, par la très douce dilection que Vous avez pour votre Fils unique, arrachez-moi à l'auteur de la mort, et accordez-moi la Vie éternelle ».

Ainsi soit-il.


Eadmer de Cantorbéry (vers 1060-1124) – « La première Apologie du dogme de l’Immaculée Conception »

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Voir également d’Eadmer de Cantorbéry :
- La Prière d’Edmer de Canterbury « Ô Vous, Bienheureuse entre toutes les femmes ! »
- La Prière d’Eadmer de Cantorbéry au Jugement dernier « Ô Marie, arrachez-moi à l'auteur de la mort et accordez-moi la Vie éternelle »