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La Prière du Poète Catholique Edouard Turquéty « Sancta Maria, Rose de l'éternité ! » :

« Ô Muse, ô jeune et blanche épouse,
Viens encore éveiller la harpe entre mes doigts,
Donne-lui la douceur de la cloche des bois
Et le parfum de la pelouse ;

Viens ; je veux célébrer, loin d'un monde méchant,
Cette paix dont la source est ici-bas tarie
Je veux parler du Ciel et parler de Marie :
Son nom seul n'est-il pas un chant ?

C'est lui qui m'entoure et m'effleure
Dans des songes de flamme en face du soleil.
Et c'est lui, vers le soir, qui mêle à mon sommeil
Sa mélodie intérieure ;

Et quand je le prononce, inquiet, soucieux,
Dans ces jours d'amertume où mon âme se voile,
Il me semble entrevoir comme un regard d'étoile
Qui cherche à glisser sur mes yeux.

Trouvez un autre qui l'égale,
Ce nom plus ravissant, plus sonore, plus frais
Qu'un chant de rossignol dans les vieilles forêts,
Ou qu'une plante virginale ;

Interrogez vos cœurs, même au pied des autels ;
Demandez à l'enfant, à la veuve, à l'esclave,
Quel mot peut l'égaler, ce mot le plus suave,
Que l'ange ait appris aux mortels.

Marie ! Ineffable parole
Qu'on dirait empruntée aux chants du séraphin,
Chaste émanation d'un langage divin,
Qui nous remue et nous console ;

Marie ! Oh ! Quelle voix ne se trouble en nommant
Ce nom dominateur qui peut tout sur le monde,
Ce nom si beau, si doux, limpide comme l'onde
Et pur comme le diamant !

Prononcez-le dans le mystère
Et vous croirez entendre au plus haut du Carmel
Un murmure lointain des colombes du ciel,
Ou du grand cygne solitaire,

Et ce mot tout-puissant, comme il le fut jadis,
Ce mot rappellera peut-être à votre oreille
Les doux frémissements d'une âme qui s'éveille
Dans les vallons du paradis.

C'est le nom de la bien-aimée,
Vers qui l’Époux divin autrefois s'inclina
Aux sommets du Sanir, sur les monts d'Amana
Et dans les plaines d'Idumée ;

« Accours, » lui criait-il, et, du sein des déserts,
Où la tenait cachée une céleste honte,
Elle apparut semblable à l'aurore qui monte
Sur son trône semé d'éclairs.

Viens donc, puisque je parle d'elle,
Ô Muse ! Laisse encore palpiter sur mon cœur
Cette harpe qui tremble avec tant de douceur
Au seul battement de ton aile ;

Viens, et ne me fuis pas que ma voix n'ait chanté
Cette Vierge d'amour que l'univers encense ;
Celle que Dieu nomma la fleur de l'espérance,
La Rose de l'éternité »

Ainsi soit-il.


Édouard Turquety (1807-1867) - « Poésie Catholique », page 91 (1836)

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Voir également d’Édouard Turquety :
La Prière du Poète Édouard Turquety « Ô Marie, relève chaque fleur mourante et flétrie »
La Prière d’Édouard Turquéty « Ô Vierge, entends la France et exauce sa prière pour qu'elle reste toujours chrétienne, libre et fière »
La Prière d’Edouard Turquéty à Dieu « Amour, Amour, Trésor suprême ! »
La Prière du Poète Catholique Breton Edouard Turquéty « Sancta Maria, Rose de l'éternité ! »