La Prière d’Élisabeth Leseur « Seigneur, soyez béni de toutes mes souffrances actuelles » :

Cette Prière du 13 juillet 1913 est extraite de « Journal et Pensées de chaque jour » d’Elisabeth Leseur qui avait pris le lit le 6 juillet, atteinte définitivement par le mal qui l'a terrassée. Quand elle écrivit ces lignes, au crayon, couchée, elle avait déjà traversé des crises de souffrances extrêmement aiguës. Son état s'aggrava au point de donner les pires inquiétudes à la fin du mois d'août et au commencement du mois de septembre. Au mois d'octobre, elle eut une amélioration telle, qu'on la crut guérie. Le 12 novembre, le mal reparaissait et la clouait de nouveau au lit.

« Seigneur, soyez béni de toutes mes souffrances actuelles, puisque j'ose espérer qu'elles sont la douce réponse de votre Cœur. Je Vous les offre toutes, toutes ; celles du corps, celles du cœur, celles de l'âme, et toutes mes privations, et mon intime dépouillement, et ma grande solitude spirituelle. Servez-Vous de ces humbles offrandes pour les intentions et substitutions que Vous savez, pour les âmes et pour l'Eglise. Acceptez-en la dîme pour l'expiation de mes péchés et pour cette œuvre de réparation que Vous confiez à vos plus chères âmes. Ce n'est pas de l'orgueil, n'est-ce pas, Seigneur ? de me dire ainsi votre amie, votre appelée, votre âme choisie, puisque dans ma vie je vois partout la trace de votre amour, partout l'appel divin, partout la vocation surnaturelle. Vous vous êtes servi de l'épreuve, des souffrances, de la maladie, pour me prendre toute à Vous et me sanctifier, après m'avoir d'abord attirée par votre seule action intérieure, Vous avez tout fait. Et maintenant, achevez votre œuvre ; faites-moi sainte, dans la mesure où Vous le voulez ; servez-Vous de moi en faveur des âmes, pour mes bien-aimés, pour tous vos intérêts ; disposez de moi pour votre plus grande gloire : que tout cela se fasse dans le silence, dans un intime Cœur à cœur, dans le Seul à seule de mon âme avec Vous. Du plus profond de mon être et de l'abîme de ma misère je vous dis : « Seigneur, que voulez-Vous que je fasse ? Parlez, votre servante écoute ; voici la servante du Seigneur ; je viens, ô Père, pour faire votre volonté. » Patience, douceur, humilité, silence, amabilité. Laisser ignorer « tout ce que je peux » de mes souffrances physiques, « tout » de mes souffrances morales, de mes privations spirituelles. Envelopper de sérénité et de sourires mes dégoûts, tristesses ou renoncements. Chercher à concilier les goûts, les désirs, les besoins de chacun, et moi me compter pour rien, ne pas penser à ce que je pourrais vouloir ; sacrifier même mes aspirations les plus hautes lorsque, n'étant pas comprises, elles pourraient gêner autrui ou simplement déplaire. J'aurai toute l'éternité pour contempler Celui que mon âme adore, m'unir à Lui et prier. Ici-bas je dois penser au prochain, aux âmes, me sacrifier, et pratiquer la contemplation dans l'action. Il y a matière à bien des renoncements, à d'intimes, constantes mortifications, dans cet abandon incessant de tout ce qui est l'ardent désir, la profonde aspiration de mon âme. Ainsi soit-il. »

Élisabeth Leseur (1866-1914)



Voir également d’Élisabeth Leseur :
La Prière d’Élisabeth Leseur « Seigneur, vous avez mis votre Croix sur mon âme, sur mon cœur et sur mon corps »
La Prière d’Élisabeth Leseur « Seigneur, soyez béni de toutes mes souffrances actuelles »
La Prière d’Élisabeth Leseur « Mon Dieu, je dépose à vos pieds mon fardeau de souffrance, de tristesses, de renoncements »