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La Prière d’Hippolyte Violeau « Seigneur, aidez-nous à porter notre croix avec Vous » :

R/ Seigneur, Vous êtes Bon ! et nos pleurs Vous désarment,
Quand au pied de la Croix nous tombons à genoux !
Voyez, divin Sauveur, les maux qui nous alarment :
Aidez-nous à porter notre croix avec Vous !

Oh ! Combien la douleur nous serait moins amère,
Si nous pensions au Dieu par qui tout est guéri !
Si la foi nous montrait, dans le Dieu du Calvaire,
Le grand Consolateur de l'homme au cœur flétri !

Oui, mille fois heureux, n'importe en quelle peine,
Ou cloué sur le Trône, ou courbé sous la Croix,
Esclave sous les coups, ou captif à la chaine,
Celui qui, le front haut, peut s'écrier : Je crois ! ....

Je crois ! ..... au fond de tout l'espérance me reste ;
Je ne suis ici-bas qu’un hôte d'un instant.
Si la terre m'est triste, importune, funeste,
J'aurais moins de regrets demain en la quittant.

Je crois ! ... je prends les maux que le Seigneur me donne
Comme un labeur d'un jour qui me sera payé.
Dieu le veut ! à sa Loi je cède et m'abandonne ;
Pas un tourment par Lui ne doit être oublié.

Je crois .... si quelquefois ma faiblesse l'emporte,
Si mon âme se plonge en un secret ennui,
La Voix de Dieu m'appelle et devient La plus forte ;
Je reviens au courage en revenant à Lui.

La Foi, la seule Foi, donne au penser avide
Ce grand secret d'amour qui peut tout embellir ;
Sa fuite au fond du cœur laisse une place vide
Qu'aucun hôte nouveau ne peut jamais remplir.

Malheureux seulement l'impie au cœur stérile,
Sans espoir et sans but, sans boussole et sans port.
Pour lui tout est mortel, méprisable, inutile,
Et sa plus douce vie est une longue mort !

C’est une sombre nuit qui n'a pas une étoile ;
C'est une fleur sans tige, abandonnée au vent,
Un lierre sans soutien, un navire sans voile,
Un aveugle sans guide, un rêve décevant !

Plaignons l'infortuné, superbe, au cœur fragile,
Egarant ses ennuis aux sentiers de l'erreur,
Qui la main sur les yeux repousse l'Évangile
Et tâtonne en disant : « Où donc est le Seigneur ? ... »

Il ne reconnait pas dans chaque bruit qui passe
L’Eternel qui le suit et s'attache à ses pas.
Et la terre et les mers, et les cieux et l'espace
Le nomment vainement, il ne les entend pas !

Pourrait-il deviner dans ses fêtes splendides,
Dans l'éclat de ses nuits plus claires que les jours,
Le Dieu qui va pleurant, par les chemins arides,
La brebis qu'Il appelle et qui Le fuit toujours ?

Jamais du bon Pasteur la course n'est lassée :
« Je te suivrai, dit-Il, et tu me reviendras !.... »
Et si sur le chemin Il la trouve blessée,
Il la panse, Il la baise, Il la prend dans Ses bras.

Religion du Christ, fille de la souffrance,
Ombre toujours offerte à la chaleur du jour !
Religion du Christ, Mère de l'espérance !
Oh ! quel amour humain vaudrait Ton grand Amour ?

Ta morale nourrit, soutient, guide, rassure,
Et grandit le chrétien de ses charmes épris ;
C'est un baume puissant fermant toute blessure :
Qui n'a jamais souffert n'en connait point le prix !

Ainsi soit-il.


Hippolyte Violeau (1818-1892)

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Voir également d’Hippolyte Violeau :
- La Prière d’Hippolyte Violeau à genoux dans la Crèche de Noël « Ô Jésus, petit Jésus, à ton Berceau, ma prière »
- La Prière d’Hippolyte Violeau « Souvent à Tes autels une mère craintive retrouva son enfant plein de force et guéri »
- La Prière dans la douleur pour être consolé d’Hippolyte Violeau « Seigneur, aidez-nous à porter notre croix avec Vous »