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La Prière du Père Jean-Baptiste Noulleau « Seigneur, je Vous adore, je Vous aime et je Vous bénis surtout » :

« Je Vous adore, je Vous aime, je Vous embrasse de tout mon cœur, dans votre Sainteté, le plus Grand, le plus Divin, de tous Vos attributs. J'adore les occupations de Votre éternité, et devant tous les siècles, seules dignes de Vous et de votre Grandeur infinie. Non pas celles où Vous pensez à nous, et où Vous formez les idées de tout ce monde, que Vous avez créé dans le commencement des temps : mais celles où Vous pensez à Vous, et par lesquelles Vous Vous établissez Vous-même en Vous-même. Non celles par lesquelles Vous prédestinez les Anges et les hommes... Je Vous adore, je Vous aime, je Vous bénis surtout en toutes ces divines occupations, qui sont les plus dignes de Vous, qui Vous établissent et non pas moi, parce que je Vous aime infiniment plus que moi. Qui Vous font être tout ce que Vous êtes, et qui ne touchent point encore aux créatures ; lesquelles ne sont rien de ce que Vous êtes, ni en comparaison de ce que Vous êtes, et que je considère rien aussi toutes ensemble au prix de Vous. Après votre Sainteté, j'adore votre Bonté : mais non pas encore ni sitôt, celle qui Vous rapporte aux créatures, mais celle qui Vous rapportant tout à Vous-même, fait que Vous Vous aimez Vous-même, que Vous Vous complaisez infiniment en Vous... Je Vous aime de ce que Vous Vous aimez comme Vous êtes Digne d'être aimé. J'adore ensuite et aime votre Bonté, dans toutes les sorties qu'il lui a plu de faire hors d'elle-même pour la création de tout l'univers. Mais j'en adore surtout le principal motif, qui a été votre Gloire, quoiqu'elle ne Vous soit qu'accidentelle... Car pour si peu qu'elle Vous regarde, c'est assez que Vous l'ayez appelée votre Gloire, pour me la faire considérer plus que tout l'intérêt de Vos créatures, qui est l'autre motif de Vos œuvres. Il est vrai qu'il n'y a qu'elles qui en profitent, mais ce n'est pas pourtant leur profit que j'y regarde le plus, c'est ce peu qui Vous en revient, qui est que Vous en êtes plus considéré, plus honoré, plus glorifié hors de Vous-même ; qui est qu'il y a des créatures qui Vous adorent, qui Vous aiment, qui Vous louent, qui Vous bénissent, et qui sont toujours devant Vous comme autant de flambeaux allumés, et de divins miroirs pour faire paraître et admirer votre Grandeur à tous ceux qui les regardent. J'aime donc, Seigneur, cette Gloire qu'ils Vous rendent, bien plus pour Vous que pour eux. Et quand moi-même je Vous la rends, je l'aime bien mieux encore comme venant de moi pour Vos intérêts que pour les miens. Car puisque cette Gloire que je Vous rends ainsi, Vous contente en quelque façon Vous-même, par l'excès de votre Bonté envers moi, comment ne me plairait-elle pas bien plus en cela que par tous les biens et tous les avantages que je puis en recevoir ? Enfin j'aime mieux votre Gloire, ni que le Salut de tous les anges et de tous les hommes ensemble, ni que mon propre Salut à moi-même ».

Ainsi soit-il.


Père Jean-Baptiste Noulleau (1604-1672)


Voir également du Père Jean-Baptiste Noulleau :
- La Prière du Père Noulleau « Ô grand Dieu, faites par votre Grâce que je Vous aime encore bien davantage »
- La Prière du Père Jean-Baptiste Noulleau « Ô Cœur de Jésus-Christ, aimez Dieu comme Vous L'aimez »
- La Prière d'un pénitent du Père J-B Noulleau « Ô Pénitence, vertu que Jésus-Christ m'a donc méritée »
- La Prière du Père Jean-Baptiste Noulleau « Seigneur, je Vous adore, je Vous aime et je Vous bénis surtout »