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La Prière de M. l’Abbé Arminjon « Heureux celui qui peut tourner ses espérances vers ce séjour fortuné » :

« Heureux celui qui peut oublier un instant les sollicitudes présentes, pour tourner ses espérances vers ce séjour fortuné, et s’élever par la pensée à ces hautes sphères de la contemplation et de l’amour. Qu’il sera doux de contempler d’une seule vue et d’un seul trait toutes les merveilles du Dieu Très Haut, dans l’ordre de la nature, comme dans l’ordre de la grâce et de la gloire. C’est alors que dans leurs ravissements, les élus uniront leurs chants et s’écrieront en chœur : Que vous êtes admirable dans vos œuvres, ô mon Dieu ! Maintenant l’univers est devenu un temple, où se trouvent retracées, en caractères éclatants et indélébiles, l’excellence et la sublimité de votre Nom. Bénédiction, honneur, sagesse et force à notre Dieu dans les siècles des siècles ! Mais, ô mon Dieu, que ces idées sont loin de la pensée de la plupart des hommes, et quel est celui qui daignera donner une faible attention au peu que nous nous sommes efforcés de balbutier ? Le grand nombre, aveuglé par ses passions, dévoré par la fièvre de la cupidité et de l’orgueil, est à mille lieues de s’occuper de son âme et de son avenir. Enfants des hommes, jusqu’à quand aurez-vous le cœur appesanti, et demanderez-vous votre nourriture au mensonge et au néant ? Quand cesserez-vous de vous retracer la mort comme un épouvantail, et de la regarder comme l’abîme des ténèbres et de la destruction ? Essayons aujourd’hui de comprendre qu’elle n’est pas l’obstacle, mais le moyen ; elle est le passage et la pâque qui mène du royaume des ombres à celui de la réalité, de la vie mobile à la vie immuable et indéfectible. Elle est la sœur amie dont la main écartera un jour les nuages et les vains fantômes, pour nous introduire dans le Saint des saints de la certitude et de l’incomparable beauté. Nous vous avons obéi, Seigneur mon Dieu, nous les avons dites ces choses, nous les avons écrites, nous les avons prêchées. Puissent ceux qui les ont entendues, et nous avec eux, en obtenir un jour, par une vie sainte et exempte de péché, la parfaite réalisation ! »

Ainsi soit-il.


Abbé Charles-Marie-Antoine Arminjon (1824-1885) - « Fin du monde présent et mystères de la vie future », quatrième conférence : « du lieu de l’immortalité ou de l’état des corps glorieux après la résurrection »

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Voir également de l’Abbé Charles-Marie-Antoine Arminjon :
La Prière de l’Abbé Arminjon « Heureux ceux qui auront entendu la Parole divine »
La Prière de M. l’Abbé Charles Arminjon « Heureux celui qui peut tourner ses espérances vers ce séjour fortuné »