La Prière du P. Claude Poullart des Places « Vous me cherchiez, Seigneur, et je Vous fuyais » :

« Vous me cherchiez, Seigneur, et je Vous fuyais. Vous m’aviez donné de la raison, mais je ne voulais point m’en servir. Je voulais me brouiller avec Vous, et Vous ne vouliez point y consentir. Vous ne voulez point ma mort, Vous ne voulez que ma conversion. Comme si Vous aviez besoin de moi, Vous me traitez toujours avec douceur. Il semble que Vous vous fassiez un honneur de réduire un cœur aussi insensible que le mien. En reconnaissant votre Puissance, que je reconnais efficacement votre Amour ! Vous m’aimez, mon divin Sauveur, et Vous m’en donnez des Marques bien sensibles. Je sais que votre Tendresse est infinie, puisqu’elle n’est pas épuisée par les ingratitudes innombrables que je Vous ai fait paraître tant de fois. Il y a longtemps que Vous voulez me parler au cœur, mais il y a longtemps que je ne veux point Vous écouter. Vous tâchez de me persuader que Vous voulez Vous servir de moi dans les emplois les plus saints et les plus religieux, mais je tâche, moi, de ne pas Vous croire. Si votre Voix fait quelquefois quelque impression sur mon esprit, le monde, un moment après, efface les caractères de votre Grâce. Combien y a-t-il déjà d’années que Vous travaillez à rétablir ce que mes passions détruisent continuellement ! Je crois bien que Vous ne voulez plus combattre sans succès, et que Vous avez ordonné à la victoire de se déclarer pour le juste parti. Je ne suis point venu ici pour me défendre, je ne suis venu que pour me laisser vaincre ».

Ainsi soit-il.


Père Claude Poullart des Places (1679-1709)

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Voir également de l’Abbé Claude Poullart des Places :
La Prière du P. Claude Poullart des Places « Vous me cherchiez, Seigneur, et je Vous fuyais »
La Prière du Père Claude Poullart des Places en français et en latin « Sainte Marie, accueillez-moi comme Votre esclave à jamais »